
Dans un couple, ce qui compte, c’est de créer l’événement. Ce coup là, je ne sais pas ce qui m’a pris, mais j’ai décidé de me marier.
Vous avez bien lu. J’avais compris que le mariage n’était pas du tout dans ses objectifs de vie à lui, donc, avec mon esprit de contradiction, j’ai entrepris de lui démontrer qu’un mariage, ce serait super.
Oui oui, c’est le genre d’argument avec lesquels j’ai harcelé ma victime. Un mariage, c’est super!
Mais aussi :
- Que chaque femme rêve qu’on la demande officiellement en mariage, un jour, dans sa vie, et de dire oui, et d’être attrapée par deux bras vigoureux pour tournoyer dans les airs. Comme je lui avais fait remarquer à l’époque, l’effet de surprise ayant été partiellement éventé par la pression sournoise que je lui faisais endurer, j’étais prête à faire des concessions à ce niveau là, et que j’aimais beaucoup cette bague de chez Pomellato.
- Que c’était avant tout l’occasion de faire une grande fête avec tous nos amis. Vu que nous avons en commun une grande passion pour la Toscane, je lui fis miroiter le luxe d’une vaste demeure au soleil couchant, un départ en fanfare à bord de sa Vespa Rally 200 remise à neuf pour l’occasion, et le bonheur de voir nos proches réunis. Même si à cette image d’Épinal venaient automatiquement se greffer d’extravagants tableaux de la rencontre de nos deux familles…
- Qu’il était l’homme de ma vie, donc, et que je trouvais ça beau et magique de sceller notre relation par un acte symbolique, aussi classique et cliché soit-il. Qu’il pourrait prendre mon nom (ben quoi, je suis une femme moderne, moi!) grâce à la nouvelle loi sur les noms. Que c’était chouette, que c’était chouette, que c’était super chouette.
Vu l’extrême nuisance puissance de mes arguments, il a fini par craquer et dans un geste royal de générosité, à lâché : « Ok, on se pacse. »
Nul besoin de vous décrire ma réaction. C’est tout comme envisager du Balenciaga et se retrouver avec du Bershka.
Et là, je ne sais pas ce qui s’est passé, mais il a été touché, ou ému, ou épuisé par mon énergie, et il est arrivé un jour, et m’a dit, d’accord.
Là j’avoue j’ai ressenti 5 mn de bonheur, relayé par un coup de fil en règle à tous ceux qui me sont chers et à quelques-uns que je veux rendre jaloux. Puis, l’euphorie passée, il a fallu penser à l’organisation. Toscane, cartons, traiteurs, robe. Et bien croyez-le ou non, devant l’ampleur du projet, j’ai senti mon âme féministe se réveiller, et la fainéante femme moderne hurler : « nooooooooooooonnnnnn »