Garance Doré

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mon @!#%ing mois de juillet sous la pluie

Juillet, jour 1, au hasard : Youpi, il fait trop beau!!! Ca tombe bien, j’ai rendez vous avec une copine pour boire un verre au soleil. Allez, trop chouette, j’y vais à pied. Oh, tiens, un tee-shirt loose blanc! Ca faisait longtemps, tu m’avais manqué* toi, tu viens on sort?

Deux rues plus tard, le ciel s’assombrit. Il est encore temps d’aller chercher mon parapluie, mais non, j’accueille cette fraîcheur soudaine avec l’esprit confiant. Trois rues plus tard, des trombes d’eau s’abattent sur moi, je navigue à vue. Dans cette sinistre tempête, j’en vois pourtant qui ne perdent pas le Nord. Je me fais mater comme jamais.

Qu’est ce qui se passe? Je jette un coup d’oeil. Oh my god!!! Le tee-shirt! Il a disparu!!

CONTINUER

Fake Can Be Just As Good

concert blonde redhead

Mercredi dernier, concert de Blonde Redhead à L’Élysée Montmatre. Je suis hystérique.

Je monte la rue des Martyrs, trop classe folk avec ma petite robe et mes bottes. Je me contemple dans les vitrines (ce qui fait toujours hurler de rire mon chéri, mais là je suis toute seule, je fais ce que je veux) j’ai envie de de me Sartorialiser moi-même.

J’arrive bd de Rochechouart, où je retrouve ma copine C. qui souhaite rester anonyme et ne quitte plus ses immenses lunettes depuis qu’elle a monté les marches du festival de Cannes avec Don Johnson. (Qui ça? Don Johnson).
Devant, c’est bondé. Niveau style, c’est comme à Cannes, mais de l’autre côté des barrières. Brrrr. Mon fashion radar se recroqueville de désespoir.

On monte les marches du festival de pas de looks avec ma copine, trop stars. Arrivées là-haut, une sourde dépression s’abat sur nous. Il n’y a pas de vestiaires. Nos oversize nous scient les épaules et en plus il fait tout noir ici, on ne voit rien, et puis il fait chaud.
Ah. En enlevant nos lunettes on finit par apercevoir notre idole, Kazu, si belle au loin. Il faut qu’on se rapproche.

On fend donc la f… Ah ben non ça va pas être possible. Le public ne fait plus qu’un, un qui a décidé qu’on ne passerai pas. Et pour nous convaincre, il a un argument choc : il sue comme un chameau. Très peu pour nous.

On file au bar, magistrales dans notre imperméabilité à l’environnement rock. Imperturbables, on commande… Deux bières. Il n’y a rien d’autre, on accepte notre sort avec philosophie. J’ai du mal à croire que le liquide chaud qui remplit ce gobelet en plastique mou ait un jour porté le nom de bière, je bazarde le tout dans un geste spectaculaire. C., stoïque, accompagne son drink d’une cigarette, dans la posture bien connue « champ’ clope », sauf que bière.

C’est alors que s’abat sur nous la menace fantôme : un vigile que je soupçonne de nous avoir pistées depuis le début nous rappelle cette loi : interdit de fumer dans les lieux publics. C. lui dit qu’elle connaît Don Johnson mais rien n’y fait. Au mépris de toute charte de la fille chic, elle va fumer aux toilettes. Yeurk! Je me moque et je me casse.

J’essaie de m’intéresser au concert. Le truc là, que j’aperçois entre deux têtes. Ah, j’avais pas remarqué que le cheveu crépé revenait. Un sujet pour mon blog, tiens. Wo! Ce mec a des tatouages de dingue! Oh ça alors! Il a des écarteurs! J’arrive à voir le concert à travers ses oreilles!! Cool!

J’ai enfin trouvé un point de vue sur mon idole. Il était temps. Elle l’a senti, elle envoie mon morceau préféré. C. arrive. Juste à temps pour lancer notre choré endiablée. On s’en fout de rien voir, d’être trop chargées, d’avoir soif, d’avoir chaud et même : on transpire.
On est vraiment trop rock’n roll.

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mes abdos

sport

C’est toujours la même chose. Quand viennent les beaux jours, je passe en mode abdos.
Oui, les abdos, c’est mon point faible, voilà.
Tout le monde me dit : pffff, c’est nul comme point faible les abdos! Trop facile : 5mn d’exercice le matin et un mois après ton ventre est aussi plat que Nicole Richie!

Ca ne loupe jamais : présenté comme ça, la chose me semble tomber sous le sens. Mon visage s’éclaire. Mais oui! Un peu d’exercice le matin! Mais bien sur!
Sauf que c’est comme acheter un Elle spécial minceur. Une fois qu’on l’a lu, on est pleine de bonne volonté, mais pas plus avancée.

Alors mettons que l’illusion de toutouyouter ai tenu plus d’une demi-heure, et me voilà le matin, assise sur mon lit telle le penseur de Rodin en train d’essayer d’apporter une réponse à l’épineuse question : les abdos, avant ou après le café?

Après avoir pris racine dans mon lit, et que mon chéri ait fini par répondre à ma question en se levant et en faisant le café, je n’ai plus d’autre alternative que de me lancer : je ne peux pas décemment imaginer de faire mes abdos après la douche.

Et un, et deux, et cinq abdos, je suis Davina, je demande à mon chéri de m’amener un bandeau en éponge pour absorber les toxines dont je suis en train de libérer mon corps. Pfffffu pfffu, pfffu, 10! Ahhhh ben alors, je me suis donnée à fond ce matin dis donc, j’avais oublié quelle sportive j’étais! Allez, demain, j’en fais 15!

Et ça ne loupe pas, c’est comme le régime, le lendemain j’oublie. Mon cerveau se charge tout seul de m’éviter les choses désagréables, même pas besoin de passer par la phase démotivation, rien du tout. Mes neurones sont très sélectifs. Oui, je sais, je pourrais mettre une photo de Davina sur mon frigo.
Mais j’aurais trop peur de faire fuir les muffins de mon petit dèj!

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mon chéri,

Je suis tellement nulle en informatique que je regarde mon ordi un peu comme un animal de compagnie. En plus, il ronronne.

Je suis telement accro à mon ordi que je ne l’éteins jamais vraiment, j’aurais un peu l’impression de commettre un crime sordide.

J’ai essayé de donner à boire à mon précédent ordi, du jus de pomme bio, mais il n’a pas du tout aimé.

Mon ordi est très prévenant. Il me demande toujours si je veux enregistrer avant de le quitter, au cas on oublierait les délicieux moments qu’on vient de passer ensemble. En général, je dis oui, mais parfois je pars tellement vite qu’il reste tout seul avec sa question.

Alors c’était pour te dire mon ordi chéri, je ne te laisserais plus tout seul comme ça avec tes questions et mes docs tout ouverts sur ton bureau.

Promets moi de ton côté que tu ne planteras plus comme ça. Je fais quoi, moi maintenant? Plus rien à poster, un texte à réécrire, un dessin revenu à sa plus simple expression…

Comment ça je ne prends pas soin de toi? Mais non je ne te considère pas comme un meuble! T’abuse, tu me prends par les sentiments!
Bon, allez va, t’as gagné, viens, je vais t’acheter une barrette de ram…

oui! oh, et puis non.

Dans un couple, ce qui compte, c’est de créer l’événement. Ce coup là, je ne sais pas ce qui m’a pris, mais j’ai décidé de me marier.
Vous avez bien lu. J’avais compris que le mariage n’était pas du tout dans ses objectifs de vie à lui, donc, avec mon esprit de contradiction, j’ai entrepris de lui démontrer qu’un mariage, ce serait super.
Oui oui, c’est le genre d’argument avec lesquels j’ai harcelé ma victime. Un mariage, c’est super!

Mais aussi :

- Que chaque femme rêve qu’on la demande officiellement en mariage, un jour, dans sa vie, et de dire oui, et d’être attrapée par deux bras vigoureux pour tournoyer dans les airs. Comme je lui avais fait remarquer à l’époque, l’effet de surprise ayant été partiellement éventé par la pression sournoise que je lui faisais endurer, j’étais prête à faire des concessions à ce niveau là, et que j’aimais beaucoup cette bague de chez Pomellato.

- Que c’était avant tout l’occasion de faire une grande fête avec tous nos amis. Vu que nous avons en commun une grande passion pour la Toscane, je lui fis miroiter le luxe d’une vaste demeure au soleil couchant, un départ en fanfare à bord de sa Vespa Rally 200 remise à neuf pour l’occasion, et le bonheur de voir nos proches réunis. Même si à cette image d’Épinal venaient automatiquement se greffer d’extravagants tableaux de la rencontre de nos deux familles…

- Qu’il était l’homme de ma vie, donc, et que je trouvais ça beau et magique de sceller notre relation par un acte symbolique, aussi classique et cliché soit-il. Qu’il pourrait prendre mon nom (ben quoi, je suis une femme moderne, moi!) grâce à la nouvelle loi sur les noms. Que c’était chouette, que c’était chouette, que c’était super chouette.

Vu l’extrême nuisance puissance de mes arguments, il a fini par craquer et dans un geste royal de générosité, à lâché : « Ok, on se pacse. »
Nul besoin de vous décrire ma réaction. C’est tout comme envisager du Balenciaga et se retrouver avec du Bershka.
Et là, je ne sais pas ce qui s’est passé, mais il a été touché, ou ému, ou épuisé par mon énergie, et il est arrivé un jour, et m’a dit, d’accord.

Là j’avoue j’ai ressenti 5 mn de bonheur, relayé par un coup de fil en règle à tous ceux qui me sont chers et à quelques-uns que je veux rendre jaloux. Puis, l’euphorie passée, il a fallu penser à l’organisation. Toscane, cartons, traiteurs, robe. Et bien croyez-le ou non, devant l’ampleur du projet, j’ai senti mon âme féministe se réveiller, et la fainéante femme moderne hurler : « nooooooooooooonnnnnn »

mon shopping virtuel

J’adore internet, j’adore les fringues.
Et bien allez savoir pourquoi, je suis incapable de faire mon shopping sur le net.
Mais j’aimerais beaucoup. Donc, une fois par mois environ, je me mets en condition en pensant à toutes les bonnes affaires que font mes copines, j’attrape ma CB, et en avant pour les temps modernes!

Je commence ma croisade avec des sites du style ShoppingParisMode (genre, on prend des mots clés et on fait un nom), MonShowRoom, Figvenom (voilà un nom sympa!). De petites marques avec de petites promos sympas.

Bon, pas sûre de moi là. J’approche mon oeil de l’écran pour bien voir la matière. Humpf, moui, peut-être. J’irai d’abord voir en magasin. (En voilà une bonne idée dis donc Garance, tu serais pas du genre à te simplifier la vie toi?).

Je les garde en signet donc. Allons plus loin. Si c’est pour shopper sur internet, autant que ce soit des trucs que je ne peux trouver nulle part ailleurs. Allez hop hop, L’atelier d’une fée. Trop craquantes ses créas.

Oui mais ça, sur moi, ça va donner quoi? Et puis quelle taille je fais d’abord? Et si je me trompe? Je sais que je ne renvoie jamais. Autant arrêter tout de suite de vouloir commander des trucs alors me direz-vous et je vous répondrais que vous avez raison.

Allez, dernière chance. Ebay. Ouhhh! Comme c’est moche ici!
Je repense au superbe pull Sonia Rykiel que portait ma copine la dernière fois « 20 euros sur Ebay! » Je sens la motivation me revenir. Je tape : Marni. Ouh la la!!! Cette blouse, là!! Ah mince c’est du 34! Et ce sac, là! Comment ça elle prend pas les profils zéro? Zéro toi-même! Bon, euh, ce truc, là, c’est pas mal, non? L’enchère finit dans 10 jours?
Ah bon… Ben je reviendrais alors… Je crois… Peut-être…

C’est alors que mon geek sage de chéri me dit en général : « commence par vendre tous tes trucs là-bas » (balayant l’air d’une main dédaigneuse), « ça te décoincera de la souris! »
Indignée par leurs airs supérieurs, à lui et à ses 100% d’évaluations positives, je me vois dans l’obligation de l’emmener dans une expédition des plus punitives pour lui : faire les magasins!

oups!

Alors voilà, il rentrait donc de trois semaines d’absence, pour repartir quasi aussitôt, tout allait bien, la vie nous souriait, alors qu’est ce qui m’a pris, qu’est ce qui m’a pris, mais qu’est ce qui m’a pris de lui dire :

Oh la la, tu sais quoi, il y a un mec qui a bloqué sur moi dans le métro, il est parti en me donnant sa carte, et tu devineras jamais où il bosse? hihihi!!!

Mais que je suis cruche. Et qu’est ce qu’il s’en fout de savoir ou bosse cet inconnu. Depuis une semaine je suis donc la fille-qui-accepte-les-cartes-de-visites-d’inconnus-dans-le-metro-et-qui-de-surcroit
-se-laisse-impressioner-par-un-poste-quelconque-dans-une-boîte-quelconque.

Position peu enviable s’il en est. Même mon chat me regarde avec un air réprobateur. Mais quelle conne.

le sac des filles

Chacun n’est pas obligé de chercher son chat. Moi, mon chéri, il m’est tombé dessus comme une pluie d’été sur un brushing tout frais, mais après tout, j’ai été ravie de me laisser reboucler.

Il y a un truc que je ne comprends pas chez beaucoup de mes copines célibataires. Chaque fois qu’elles mes racontent leurs ‘dates’, j’ai les yeux qui s’arrondissent à les écouter parler d’un garçon comme s’il s’agissait d’un nouveau sac :

« Il est très bien : Je l’aurais préféré brun, mais il est relativement souple, il s’adaptera à toutes les situations. Il a une bonne prise en main, ça a tout de suite été facile avec lui, je sens qu’on peut faire un bout de chemin ensemble. Le seul problème, c’est que d’ores et déjà, je le trouve un peu lourd. Je le prends ou pas? »

« Il est parfait : Bien grand, tu peux lui confier ta vie. Il est beau mais discret, et puis il est malin : tu verrais tous ces logements comme c’est pratique! Mais il n’est pas assez solide, une ou deux misères et je sens qu’il va rendre l’âme. Il ne m’inspire pas vraiment confiance, tu ferais quoi à ma place? »

« Il est nul : trop petit, un peu rigide, en plus ultra voyant du style tu peux pas prendre le métro avec. Par contre c’est le compagnon idéal pour les soirées paillettes, avec lui tu rentres partout. Mais impossible de lui imposer boulot ou week-ends à la campagne, il ne veut rien laisser passer! T’en pense quoi toi?. »

Ben t’as qu’à prendre les trois! Avec un bon placard pour les caser, pourquoi pas?

Puis un jour, en voyant l’une de mes amies célib’ de longue date, parisienne et carriériste jusqu’au bout du Blackberry courir s’installer dans le Luberon avec un menuisier déjà papa de deux enfants, gentil comme tout et pas sortable un brin, le tout avec un sourire confit d’amour et des étoiles dans les yeux, j’ai compris.

Les autres, c’était pour faire un peu comme tout le monde, pour suivre la mode… Mais là, elle s’était trouvé son p’tit sac de créateur bien à elle, et elle était pas prête d’en changer!

Le sac des filles… J’ai piqué le nom à ce joli blog auquel je me suis jurée d’envoyer des images depuis… 4-5 mois déjà, mais allez-y, c’est très sympa!

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Garance Doré

J’ai ouvert mon blog en juin 2006. J’étais alors illustratrice, et un peu frustrée par le travail de commandes et notamment par le manque de contact avec les lecteurs des magazines pour lesquels je travaillais. Je voulais faire quelque chose de plus libre, de plus spontané. J’ai commencé par publier quelques dessins, puis très vite ...

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