Garance Doré

TAG : concert

Fake Can Be Just As Good

concert blonde redhead

Mercredi dernier, concert de Blonde Redhead à L’Élysée Montmatre. Je suis hystérique.

Je monte la rue des Martyrs, trop classe folk avec ma petite robe et mes bottes. Je me contemple dans les vitrines (ce qui fait toujours hurler de rire mon chéri, mais là je suis toute seule, je fais ce que je veux) j’ai envie de de me Sartorialiser moi-même.

J’arrive bd de Rochechouart, où je retrouve ma copine C. qui souhaite rester anonyme et ne quitte plus ses immenses lunettes depuis qu’elle a monté les marches du festival de Cannes avec Don Johnson. (Qui ça? Don Johnson).
Devant, c’est bondé. Niveau style, c’est comme à Cannes, mais de l’autre côté des barrières. Brrrr. Mon fashion radar se recroqueville de désespoir.

On monte les marches du festival de pas de looks avec ma copine, trop stars. Arrivées là-haut, une sourde dépression s’abat sur nous. Il n’y a pas de vestiaires. Nos oversize nous scient les épaules et en plus il fait tout noir ici, on ne voit rien, et puis il fait chaud.
Ah. En enlevant nos lunettes on finit par apercevoir notre idole, Kazu, si belle au loin. Il faut qu’on se rapproche.

On fend donc la f… Ah ben non ça va pas être possible. Le public ne fait plus qu’un, un qui a décidé qu’on ne passerai pas. Et pour nous convaincre, il a un argument choc : il sue comme un chameau. Très peu pour nous.

On file au bar, magistrales dans notre imperméabilité à l’environnement rock. Imperturbables, on commande… Deux bières. Il n’y a rien d’autre, on accepte notre sort avec philosophie. J’ai du mal à croire que le liquide chaud qui remplit ce gobelet en plastique mou ait un jour porté le nom de bière, je bazarde le tout dans un geste spectaculaire. C., stoïque, accompagne son drink d’une cigarette, dans la posture bien connue « champ’ clope », sauf que bière.

C’est alors que s’abat sur nous la menace fantôme : un vigile que je soupçonne de nous avoir pistées depuis le début nous rappelle cette loi : interdit de fumer dans les lieux publics. C. lui dit qu’elle connaît Don Johnson mais rien n’y fait. Au mépris de toute charte de la fille chic, elle va fumer aux toilettes. Yeurk! Je me moque et je me casse.

J’essaie de m’intéresser au concert. Le truc là, que j’aperçois entre deux têtes. Ah, j’avais pas remarqué que le cheveu crépé revenait. Un sujet pour mon blog, tiens. Wo! Ce mec a des tatouages de dingue! Oh ça alors! Il a des écarteurs! J’arrive à voir le concert à travers ses oreilles!! Cool!

J’ai enfin trouvé un point de vue sur mon idole. Il était temps. Elle l’a senti, elle envoie mon morceau préféré. C. arrive. Juste à temps pour lancer notre choré endiablée. On s’en fout de rien voir, d’être trop chargées, d’avoir soif, d’avoir chaud et même : on transpire.
On est vraiment trop rock’n roll.

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clap your hands say yeah!

C’est certainement au premier rang d’un concert de Blonde Redhead, alors qu’hystérique, j’essayais d’arracher l’une de ses chaussures au bel Amedeo, qu’est venue à Chick l’idée de faire quelque chose de créatif de cet excédent d’énergie.

Il lui a alors suffi de pivoter légèrement sur la droite pour repérer la frénétique Tam, sur le point de livrer son corps aux démons de minuit. Nous nous sommes retrouvées au bar où se tenait Victoire, dans toute son évanescente blondeur.

Chick a lancé l’idée. En moins de temps qu’il ne le faut pour boire un demi, notre groupe de rock de filles était formé. Deux verres plus tard, nous avions trouvé un nom, écartant d’emblée l’emphatique « Demande à la poussière » que Tam avait suggéré, ainsi que l’impayable « Six Sauteuses » (par respect, nous conserverons l’anonymat de l’auteur), et nous étions en train de nous mettre d’accord sur le titre de notre deuxième album.
Je ne sais plus à quel moment Victoire a osé :
« Euh, les filles… Vous savez jouer d’un instrument, vous? »

Heureusement, nous étions entourées à ce moment-là de musiciens aussi inconscients charmants que généreux, dotés d’une majestueuse “salle de répet’ » de deux mètres sur quatre, débordant d’instruments vintage tous plus précieux les uns que les autres. C’est comme ça que j’ai commencé à jouer sur une Fender Mustang bleue à paillettes.

Le ton a été donné assez vite : quand on ne sait pas jouer, on ne s’embarrasse pas trop de détails. Plus on joue fort, moins on entend ses erreurs. C’est d’ailleurs sur ce malentendu que nous sommes devenues les stars des locaux de répet’ : même les groupes de dark trash metal emocore venaient parfois assister aux spectacle. A ce niveau-là, on se demande si ce n’était pas plus pour se rincer l’œil que pour écouter nos irruptions volcaniques, et on a raison.

Toujours est-il que le piston buzz a fait son effet et qu’un beau jour, une petite salle nous a proposé un concert. Sans nous poser plus de questions et sur un éclat de rire, nous avons accepté.

Deux semaines avant le concert, je n’arrivais déjà plus à dormir.
Une semaine avant le concert, assise sur mon tabouret, repliée en pleine concentration sur ma guitare, j’entends une voix derrière la batterie qui me dit : « Hey, tu vas nous faire un petit jeu de scène, hein?”
Pétrifiée en plein élan, c’est à ce moment-là que j’ai réalisé : non seulement je vais pas pouvoir regarder mes doigts, mais en plus il va falloir que je joue debout…
Je ne sais pas si j’ai poussé ce cri, mais il résonne encore dans ma tête.

La suite? demande à la Chick!

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the ex

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Mon ex principal, c’est aussi mon dernier, on se voit, on boit un café, puis, à chaque fois, je prends mes jambes à mon cou, en me disant que je l’ai échappée belle.

C’est que cet ex là est un rocker, et pas des moindres.
Ca veut dire quoi, un rocker « pas des moindres »?…

Ca veut dire qu’il boit, se drogue, qu’il a le goût de l’infini, qu’il met jusqu’au dernier centime dans une guitare, quand il n’a pas déjà tout mis dans une orgie, qu’il est d’une coquetterie exaspérante, qu’il met des jeans serrés, des « zizi » blanches, des lunettes noires, qu’il veut faire du cinéma, qu’il vit ici, et là, qu’il est d’un égoïsme sans limites, que quand il aime, c’est à la vie, à la mort, même si dans son lit se bousculent des p’tites pépées du PopIn, des étrangères au regard froid, et j’y ai même retrouvé un jour une fille entièrement tatouée, sauf son doux visage, faut aimer, moi, je l’ai trouvée sublime.

Mais que diable ai-je à voir dans ce boxon?
Je rembobine.

Mon ex : un vrai coup de foudre, j’aurais jamais cru que ça pouvait exister. Une rencontre violonesque au possible avec rupture immédiate avec nos deux ex respectifs et voyage sublime à travers une Europe romanesque.
Il était déjà musicien, j’étais déjà une pimbêche.

Là s’arrêtent les similitudes avec ce que nous sommes aujourd’hui.

Nous n’étions pas des anges, je vous rassure, mais il était quand même très très fort en barbecue, et même si nous évitions les pièges de la vie à deux, nous étions ce qu’on peut appeler un gentil petit couple (yeurk).
Il me reprochait ma coquetterie, ma superficialité, mes sorties, mes amis de la night, voulait acheter notre appartement et était très fidèle et aimant. Et s’occupait du chat.

Un cataclysme et quelques années plus tard, c’est le monde à l’envers, et parfois encore, je me demande quelle bête sauvage a bien pu s’emparer de lui après mon départ et ce que doit en penser sa mère (qui a récupéré le chat).

Je me délecte néanmoins de ses petites histoires, je le conseille aussi parfois, je vais le voir en concert, je rencontre ses innombrables conquêtes (pour qui je suis une sorte de déesse qui a réussi à le dompter, alors que je n’ai rien fait, parole), ses conquêtes qui se font mal à aimer un homme comme ça…

Et voilà! Ce soir, concert! nanananana rock’n roll!!!!

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Garance Doré

J’ai ouvert mon blog en juin 2006. J’étais alors illustratrice, et un peu frustrée par le travail de commandes et notamment par le manque de contact avec les lecteurs des magazines pour lesquels je travaillais. Je voulais faire quelque chose de plus libre, de plus spontané. J’ai commencé par publier quelques dessins, puis très vite ...

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