Garance Doré

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Stud it up

Hier avec Diane on est allées faire un petit tour chez Bess, the boutique dont tout le monde parle en ce moment à New York. Enfin, en ce moment… J’ai sûrement douze wagons de retard, comme d’hab, mais venons-en au fait. Moi, tu me dirais une boutique avec des vêtement cloutés du sol au plafond, je te répondrais ouais, ça va un peu, les clous on en a déjà vu partout, hein, oh.

Sauf qu’on s’en fout ! J’ai adoré. Pourtant c’est sombre, on n’y voit rien. Toutes les fringues sont noires. Il y a une musique toute bizarre (mais bien). Et du coup on comprend le principe à la seconde : clouter les fringues jusqu’à l’obsession. Ça va des gants, à l’écharpe, au bustier, ça peut être des vêtements vintage comme des créations et aussi…

Des Minnetonka ! Wow, elles sont pas TROP BELLES ? Moi qui suis fan ni des clous ni des Minnetonka j’étais à deux doigts de m’enfuir avec quand il nous les ont prêtées pour aller faire des photos.

Bref. Ça m’a inspirée. Ça m’a aussi fait me dire qu’on s’en fiche qu’on soit au début, au milieu où à la fin d’une tendance. Ce qui est cool chez Bess c’est cette idée toute simple qui, réalisée avec esprit, passion, rock’n roll et une bonne dose de monomanie, cette idée prend vie et paf ! On sait pas pourquoi mais ça marche. Bon allez maintenant je vous laisse, je file acheter des clous. Gros bisou !

Chez Sonia

« Pendant dix ans, je disais tous les jours j’arrête demain. On va s’apercevoir que je n’y connais rien. J’ai toujours pensé qu’on finirait par me démasquer ».

Sonia Rykiel. Dans le petit monde coloré de la mode, elle fait partie des gens que je rêvais de rencontrer. Elle représente pour une idée de la femme libre, créative et généreuse. Et ces quelques mots, ce léger décalage, cette timidité feutrée la rendent drôlement mystérieuse…

Je suis à JFK, sur le point de prendre l’avion qui me ramènera à Londres, et je me souviens de ce dernier jour d’août que j’ai passé en compagnie de Sonia. Ça a commencé comme ça : « Bonjour Garance, nous voudrions créer un échange entre votre vision et celle de Sonia Rykiel… »

Donner ma vision de la nouvelle collection, venir au showroom, tout essayer ? Je n’ai pas hésité une seconde. Et comme une enfant à qui l’on a déjà trop donné, j’ai demandé : « Et Sonia, elle sera là ? »

Quelques jours après, j’ai eu ma réponse. Sonia serait là. YIAAAAAAAAHHH. Le stress.

Dans quoi je m’étais fourrée encore. Et si Sonia me trouvais chiante ? Si elle détestait les tenues que j’avais imaginé ? Et si le courant passait pas ? Et si, et si…

Pour les moments de stress intense comme ça, je n’ai trouvé qu’une solution : ne pas y penser jusqu’au dernier moment. À vrai dire, ça marche moyen. Alors j’ai aussi une autre solution :

M’entourer.

On est donc parties avec Claire et Jade, qui m’ont aidé sur les photos et le stylisme, et la belle Diane. Avec ma petite équipe, je me suis tout de suite sentie rassurée. On avait tout prévu, jusqu’au chocolat au cas où je m’évanouirais. Le truc en plus, c’est que quand j’ai une équipe avec moi, je me sens responsable. Et quand on est responsable, on a pas le droit de flipper. Au contraire ! On doit rassurer ceux qui nous entourent.

Je suis donc arrivée à Saint Germain des Prés, chez Sonia avec une grande confiance en moi… Mais alors, complètement bricolée à coup de méthode Coué.

Quand elle est arrivée dans son studio, pendant 1 seconde, le temps s’est suspendu. Fragile et énergique à la fois, elle a prit place parmi nous et s’est mise à nous parler. À toutes nous tutoyer. À regarder les vêtement, à les toucher. À virevolter.

Je lui ai montré la première tenue. Elle a levé un sourcil, a porté sa main au décolleté de Diane et a défait un bouton. Ça m’a fait beaucoup rire. Puis Nathalie, sa fille, est arrivée, puis Salomé sa petite fille, qui prenait des photo de tout ce qu’elle voyait. Un joyeux bordel, un peu comme dans ses défilés, s’est installé.

Puis on a parlé pompons, puis elle nous a lu de la poésie, et puis ses équipes créatives sont venues se rajouter à tout ça, et on a pu la regarder travailler avec passion sur sa prochaine collection.

Diane, Jade, Claire et moi on était vachement émues, quand même. On a mangé tout le chocolat.

Au moment de lui dire au revoir, quand je lui ai pris les mains pour la remercier, elle m’a dit tout simplement : « Tu reviens quand tu veux. »

Ouais. Voilà. Excusez-moi. Laissez passer, je suis la nouvelle BF de Sonia, là. Ouais. Une seconde de plus et elle me donnait sa ligne directe et m’invitait à boire le thé. je vous le dis moi.

Et sinon ces Creepers à diamants, vous en pensez quoi ? Celles que porte Diane sur la première photo… Elles sont pas trop démentes ? Trop bizarrement géniales ? Vous croyez que ça m’irait ? Pour accompagner le retour du plat, ce serait bien, non ? Pour être chic et pratique à la fashion week ? Non ? Je crois que je les veux.

Allôôôôoooooo, Soniaaaaaaaaa ?

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Tous les looks et d’autres photos apparaîtront sur le blog Rykielles pendant une durée de trois semaines, mais il y a plein d’autres choses intéressantes à y voir, des archives, des news, des vidéos, et une jolie leçon de mystère…

sweet little angel

La dernière fois, aux puces, alors que je cherchais des images de Farrah Fawcett, je suis tombée sur un stock de shorts déments.

Il y en avait de toutes les tailles et de toutes les couleurs. Pour 10€, j’ai tout embarqué (c’est d’ailleurs comme ça que mon placard m’est tombé sur la tête, mais c’est une autre histoire). Je me disais que ça ferait sûrement plaisir à des copines.

CONTINUER

Après moi le déluge

C’est de ma faute aussi. À force de dire que j’adore le gris, et bien le gris me poursuit. Tonnerre de Brest. Il a fait un temps épouvantable ce week-end à Marseille.

Épouvantable jusqu’au déluge. Épouvantable comme quand c’est la fin du monde et que Bruce Willis va bientôt arriver pour le sauver. Mais que malgré le fait qu’on sait que tout finira bien, il y a un moment où l’on a un doute.

Et quand la fin du monde est proche, on a le droit de faire n’importe quoi.

On avait décidé d’aller à la Caravelle en attendant la fin de l’averse. La Caravelle, c’est un bar très cool, au premier étage sur le Vieux Port, l’une des plus belles vues du coin.

On monte, on s’installe, on demande un thé, et l’on s’entend répondre qu’ils ne font pas de chaud.

Et là, Sarah envoye avec applomb : « Ah, et bien, un COGNAC alors. ». À 16h ? Je l’ai regardée avec des yeux ronds, puis je me suis entendue dire : « Ok, la même chose ! »

Voilà comment on s’est retrouvées à passer l’aprèm à s’envoyer du 35 ans d’âge en regardant le ciel nous tomber sur la tête. Le tonnerre était assourdissant, le vent brutalisait les fenêtres et l’eau rentrait par hectolitres par tous les coins, on avait l’impression d’être dans un bateau, c’était marrant.

On a fini par sortir de là, fièrement et complètement pétées sous la pluie, à hurler de rire en pataugeant dans les torrents qu’étaient devenues les rues.

Voilà, pas besoin de Bruce Willis pour un happy end parfait : Marseille va bien, je suis toujours un peu dans les vapes et le beau temps semble être revenu ce matin…

Si j’ai bien suivi, ça veut dire qu’il est temps pour moi de rentrer à Paris ! Pffffff.

Bonne journée !

EDIT : J’enlève tout ce que j’ai dit : le soleil était une illusion de courte durée, le tonnerre gronde et il pleut. Brrrrrr. Pariiiiis, me voilàààààààà !!! Bisou !

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Garance Doré

J’ai ouvert mon blog en juin 2006. J’étais alors illustratrice, et un peu frustrée par le travail de commandes et notamment par le manque de contact avec les lecteurs des magazines pour lesquels je travaillais. Je voulais faire quelque chose de plus libre, de plus spontané. J’ai commencé par publier quelques dessins, puis très vite ...

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