enfant

when the sun shines we shine together is a perfect happy new year ! title

Je me demande si le meilleur moyen de commencer une année prochaine n’est pas de se passer un petit 31 tranquille sous la couette pour se réveiller fraîche comme la rosée de mai et accueillir la nouvelle année en pleine santé.

Si je me demande, c’est parce que moi, j’en suis parfaitement incapable : je suis atteinte du stress du 31.

Le stress où si t’as pas un truc (mais n’importe quel truc hein, la qualité est un critère de dernière instance) de prévu ce soir là, en l’espace de quelques heures, tu te sens seule, oubliée de tous, tu te dis que manifestement ta vie tombe en lambeaux et qu’il est temps que tu apprennes à lécher les gens sur Facebook. (ce qui est une mauvaise idée, mais tout le monde sait que les 31 décembres sont des jours pavés de fausses bonnes idées)

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égoïste nature


-c’est quoi ce truc? c’est un sonia?*
-mais non espèce de perverse! c’est le hochet mon fils!!!
rends moi ça tout de suite!

*vous ne savez pas ce qu’est un sonia? allez voir de ma part le bon docteur caro, elle vous dira tout ;-)

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Puis, à un moment donné, la fille me regarde avec de grands yeux mouillés et me dit : « j’ai cette certitude foudroyante que je n’aurais jamais d’enfants. Je sais pas pourquoi, j’ai jamais essayé. »
Tu as bu, et tu es douée pour le drame, mais je te comprends, je lui ai répondu en regardant la ligne d’horizon.

Oui. À 30, en 2006, ta vie professionnelle commence tout juste à prendre bonne tournure. Tu es plus belle que jamais. Le monde est à toi. Sauf que.

Ta grand-mère, qui était déjà enceinte à l’âge ou ta petite soeur ouvrait son premier skyblog, prend son air le plus spectral et te dit : je ne serais pas en paix tant que tu n’auras pas fait d’enfant. Ta mère acquiesce.
Ton gynéco te dit : mademoiselle il va falloir penser à vous y mettre. À me mettre où? Cochon!
La société t’envoie des messages de manière subtile : procréer c’est maintenant ou jamais sinon tu accoucheras de gremlins.

Toi, tu n’as rien demandé, t’es juste bien, aucune horloge biologique n’est venue te sonner, à moins que ce qu’on appelle horloge biologique ce soit cette culpabilisation accablante que tu essaie tant bien que mal de juguler avec ton air désinvolte.

Mais finit par naître en toi cette sourde angoisse, qui se manifeste un matin au petit dèj’ :
« bon, mon coeur, on fait un enfant? »
Un bond en arrière plus tard, le café est parti se cacher sous la table, la tartine qui était sur le point d’être avalée s’est réfugiée dans tes cheveux (côté confiture, cela va sans dire).
« Tu veux rire? On a toute la vie devant nous! On est pas bien tous les deux? »
« Je suis une femme, et, procréativement parlant, dame nature n’a pas refait ses comptes depuis le moyen âge, tu te souviens, quand mourir à 40 ans c’était mourir vieux.
Donc, toute la vie, pour moi c’est maintenant. Je suis pile dans une fenêtre spacio-temporelle là tu vois? alors? »
« Bon, pourquoi pas. »

Stooooooop!!!! Comment ça pourquoi pas? Mais non! t’étais censé prendre tes jambes à ton cou, disparaître te soûler chez tes potes pour ne revenir que dûment protégé contre mes assauts reproductifs. Et moi, j’étais censée pouvoir pester contre ces hommes irresponsables et immatures, me lamenter dans les jupons de ma grand-mère, tout en me félicitant intérieurement de ce sursis de vie égoïste entièrement vouée au plaisir que tu m’accordais!

Écoute, tu sais quoi? Tiens, reprend ta tartine. Nature attendra.
De toutes façons, j’ai toujours été très artificielle comme fille.

va, vis et deviens

La petite fille de 10 ans que j’ai été me regarde d’un air perplexe. C’est donc ça, avoir 30 ans?
Une image que je m’étais faite à cette époque me reste en tête : Moi, à 25 ans, en tailleur ajusté et attaché-case, Le Figaro sous le bras (pourquoi?), traversant les boulevards d’une capitale pour amener mes deux enfants à l’école.
Mais oui bien sûr.

C’est vers 29 ans, hurlant les bras levés dans une fête vers quatre heure du matin que l’alarme a retentit. Mon avenir incertain me regardait du coin de l’oeil et mes mes lendemains de fête commençaient à éviter soigneusement le miroir. Aucun enfant ne m’avait encore vomi dessus et je mettais encore des mini-jupes. Et je lisais toujours pas le Figaro.

S’en est suivie une période de flottement durant laquelle j’ai fait tourner mon cerveau à plein régime (Eve Angeli, sors de ce corps). Mais qu’avais-je fait de mes 20 ans, à part les fêter? Et que me restait-t-il à faire avant la date fatidique? Tout, d’après ma mère. Tout, d’après la petite fille de 10 ans. Tout, quoi. 150 stratégies d’attaque dans le plus pur style développement personnel plus tard, j’était pas beaucoup plus avancée.

Comme j’aime bien les résolutions stériles, j’ai décidé que cette fête d’anniversaire serait la dernière. J’ai donc fêté mes 30 ans en grande, grande pompe. On s’est beaucoup amusés. Et à un moment ou j’étais en train d’hurler, les bras levés à quatre heure du matin, j’ai envoyé à la petite fille de 10 ans : on verra bien.

Je signale que passé ce titre de post théâtral et ces considérations dignes de la fine fleur des éditions Marabout, le fait d’avoir trente ans renferme toutes sortes de contrariétés secondaires et de petites blessures psychologiques bien plus amusantes à raconter.
Ce que je ferais ici au plus tôt.

p.s : les jeunettes, là, arrêtez de fanfaronner : je vous aurais prévenu, vieillir, ça arrive à tous le monde, même aux plus immatures. Et en plus, ça sert vraiment à rien :-)