Erin O’Connor

Erin

Plus ça va, plus j’aime Erin O’Connor. Je l’aimais déjà avant de la connaître parce qu’elle est la muse de David Downton, l’un de mes illustrateurs préférés.

Elle fait partie de ces individus sortis d’un roman. Elle parle avec tout le monde de la même façon. Aérienne, grave et super drôle à la fois, détachée des modes mais d’une élégance hallucinante, elle a été mon passage préféré lors du défilé Gaultier. À la sortie du show, je la vois passer avec sa rose, je lui demande de la prendre en photo, elle prend instantanément la pose. C’est un vrai modèle, comme ceux dont on rêve pour peindre un tableau.

Ça me plairait beaucoup, un jour, de trouver ma muse.

Out of Fashion

Ce que j’aime par-dessus tout, c’est le changement. Et ce qui se passe en ce moment dans la mode est assez fascinant, de ce point de vue.

Samedi, premier jour de fashion week londonienne, une copine décide de s’amuser un peu et de d’emmener promener ses toutes nouvelles Vuitton qu’elle n’a jamais mises. Les souliers sont sublimes. Leur beauté crée l’émoi, toute la fashion crowd a les yeux rivés sur ses pieds.

Je vous avais raconté que déjà à New York on sentait que les it-bags, les it-shoes étaient out. Que la nouvelle tendance c’était un look plus cool, gris, noir, genre, la mode ne me la fait plus. J’avais regardé ça avec curiosité. Un peu triste car j’aime le théâtre de la mode jusque dans ses extrêmes, mais aussi rassérénée. Car c’est vrai que les dernières années avaient poussé l’exagération un peu loin.

Dimanche matin, je débarque à Londres, et j’ouvre le Daily, un petit quotidien qui sort les jours de fashion week et qui recense tous les faits et gestes de la mode.

Dedans, un papier sur les fameuses chaussures. Je vous résume, on y disait à quel point c’était une erreur ['utterly wrong'], un crime de porter de telles chaussures, sous entendu, dans la période dans laquelle on vit. Que maintenant, le top, c’est no-heels, jeans, Converse et parka pour aller aux shows. Ils appellent ça la ‘new humility’.

J’ai complètement halluciné. C’est quoi ce truc ? Cette hypocrisie ? Ce retournement soudain ? Sur-exagéré ? Vous y comprenez quelque chose vous ?

Moi j’adore que la mode change, s’adapte, que l’on essaie de remettre tout à plat, qu’on dise stop au shopping éffréné, qu’on ressorte ses « vieilleries » d’il y a six mois. Pourquoi pas, si ça répond à un feeling. Si ça casse le rythme des tendances jetables. Des imitations pourries, des looks dupliqués à l’infini.

D’ailleurs si vous vous demandez pourquoi je vous fais un flash spécial Erin O’Connor aujourd’hui, et bien c’est parce que cette fille, en plus d’être super drôle et sublime, réunit tout ce que j’aimerais voir plus dans les mois à venir. Un style hors mode, sans tendance identifiable, sans marque reconnaissable, plein d’énergie, de mélanges, de couleurs… Simple et perso.

Mais si demain l’envie lui prenait de porter des chaussures hors de prix, des talons vertigineux, une tenue outrageuse, d’être au top de la crête de la tendance à en faire stratifier de rage Victoria Beckham [qui soit dit en passant, est en train de se racheter une crédibilité fashion en osant porter 2 FOIS le même sac. Ah ouais non mais vraiment, les temps changent, la 'new humility' frappe fort]… Je serais la première à admirer. À rêver et à applaudir. J’aime la simplicité, et j’aime aussi les excès. Leur beauté.

Cultiver l’humilité revient à cultiver l’hypocrisie. L’humble n’a pas conscience de son humilité. C’est pas moi qui le dit, c’est Gandhi.

Ah, je vous avais prévenu qu’aujourd’hui on allait non-tendancer et philosopher comme des malades. Héhé. Bonne journée !

fashion week geek

Le ssssssssujet du jour (oui, je copie Fonelle, moi. J’ai acheté les mêmes collants qu’elle hier, 80 deniers, tout pareil, et on va retourner à Topshop ensemble pour vous prouver que le bleach jean (comment, qui a parlé de jean neige ?) c’est ce qu’il nous faut à toutes, même si Géraldine a des doutes), le ssssssssssujet du jour donc, c’est Erin O’Connor qui me l’a sssssoufflé : les geeks de Londres sont-ils plus glam que ceux de Paris ? Réponse en fin de post, mais d’abord, voyons voir si on peut me définir comme une geek.

D’abord, je répondrais non, pas geek, je ne connais absolument rien au dernier I-Phone, je n’ai pas de Natazbag, je ne sais pas prendre de photos avec mon téléphone, et je m’en fiche.

En revanche, Internet addict, ça c’est sûr :

- La première chose que je fais le matin : checker mes mails.

- J’ai un blog.

- Tant que j’ai mon ordinateur avec moi, je peux aller n’importe où, je me sens à la maison.

- J’ai trois ordinateurs.

- J’ai téléchargé l’application Facebook sur mon Blackberry.

- Quand la connexion Internet de mon hôtel ne marche pas, je change d’hôtel.

- Quand j’ai cru avoir perdu mon Blackberry tout à l’heure, j’ai voulu aller me jeter sous un taxi londonien, mais je me suis jetée du mauvais côté de la route.

Susie, de l’inimitable blog Style Bubble, est aujourd’hui à la tête de l’équipe rédactionnelle du site web de Dazed & Confused.

Oui, et bien, peut-être, mais ici à Londres, tout ça semble absolument normal à tout le monde. Quand vous dites que vous avez un fashion blog, au lieu de vous regarder avec des yeux effarés, genre, mais t’as pas de vie ?, les gens vous disent que c’est génial et veulent en savoir plus.

Tout le monde correspond par mail, sauf les gens les plus dramatiquement branchés qui préfèrent en rester aux SMS, ce qui est un signe : ce qui est rare est snob. Ça s’appelle le lo-fi chic.

Kate s’occupe de l’équipe de rédacteurs du blog de l’e-shop d’Asos, qui en 6 mois atteint déjà plus de 20 000 lecteurs par jour.

Tout le monde a un site et les rédacs chefs de sites Internet, ou même de blogs (il y a aujourd’hui des blogs qui sont de véritables petites entreprises, avec de vraies équipes rédactionnelles, ils ne font pas de posts décousus eux, je vous le dis) sont tout aussi fraîches et lookées que les rédactrices papier, avec qui elles sont parfaitement copines d’ailleurs.

Les e-shops ont des acheteuses carrément craquantes, je vous en présenterais une bientôt, et c’est assez drôle de voir comme en une seconde, on peut se retrouver à parler le même langage avec tout ce nouveau petit monde. Et c’est vachement décomplexé. Et c’est vachement rafraîchissant. Et ça en apprend beaucoup sur l’avenir du net.

Donc, voilà. Pour répondre à la question du sssssssssujet du jour, pour le moment je n’ai pas trouvé de ville où il est plus chic d’être geek. Et en plus, ils ont des macarons. Bonne journée !

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