Giovanna Battaglia

Clic ! Clac ! La mode attaque !

Une bonne fashion week, ce serait un peu comme passer une nuit dans un magasin de bonbons. Tout à coup, tout est beau, tout brille, les couleurs claquent, les gens sourient et… C’est irrésistible. On a trop envie de tout prendre en photo.

J’ai très souvent envie de prendre photo les trucs délirants que j’entends, aussi. Des suites de mots bizarres, qui ne se disent que pendant les fashion weeks.

« Dis, mes cheveux, ils ont l’air de quoi ? Ils font série de mode ? Ou ils ont juste l’air sale ? »

« Si mon chauffeur n’est pas là dans 2mn, je fonce chez Jeffrey’s m’acheter une paire de chaussures. »

Rah, j’ai l’impression de vivre avec les dialoguistes de Gossip Girl, c’est trop bon.

Ah sinon, une dépêche vient de tomber aux Studios Garance Doré. Et c’est une tendance : LA JAMBE. Chez Derek Lam tout à l’heure les shorts s’était transformés en culottes, et les robes du soir étaient plus proches du maillot de bain hyper sophistiqué des longs falbalas. L’idée, c’est : on a oublié de mettre le bas. Bah si, regardez Taylor ci-dessus. C’est pas trop GÉNIAL comme tendance ? D’ailleurs je l’ai appliquée à moi-même aujourd’hui, il fallait bien que quelqu’un donne son corps à la science.

J’ai donc expérimenté pour vous le regard des passants.

Où je me rends compte que j’ai une pose des plus élégantes quand je shoote…

OUH LA. MAIS ELLE EST FOLLE !!! C’est ce que j’ai pu lire dans leur regard. Bah ouais, j’avais une veste -bon, légèrement oversize, hein, quand même- avec une combishort un peu mini… Et on avait l’impression que je n’avais rien en dessous, quoi. L’idée du siècle, je vous le dis, moi.

Voilà, les fashion week, c’est un grand moment où tout est beau, tout brille, et tout est permis. Un grand moment de joyeux n’importe quoi, j’adore ! J’adore. J’adore. J’adorerais jusqu’à l’indigestion, dans environ un mois.

En attendant, montrez vos jambes ! Vous pourriez bien entendre des trucs comme ça :

« Hey, Garance, c’est dingue ! Je ne t’avais pas reconnue, et soudain j’ai reconnu tes jambes ! » (Huuuummm. Merci pour mon visage.)

« Hey, Garance ! Ça va ? T’as oublié ton pantalon ? (Huuuuum… Bien tenté. Un peu facile, mais bien tenté.)(Ça me touche pas du tout.) (Pfffuuu ! qu’est ce que je m’en fous !)

« Hey, Garance ! Je viens juste de tomber folle amoureuse de tes genoux. »

Ah bah voilà ! Puisque je vous le disait que c’est parti pour un mois de grand n’importe quoi ! Allez promis… Aujourd’hui je remets le bas. Héhé. Gros bisou !

Et quelques photos du show Derek Lam after the jump, juste pour vous prouver que…

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Oh ! Ah ! Giovanna !

Dans un article que j’écrivais récemment pour un magazine, je parlais des filles dont le style m’inspirait. Parmi elles, bien sûr, Giovanna. Sûre de moi, j’évoquais sa garde robe incroyable, son éternelle bonne humeur et son côté garçon manqué. J’envoie.

Quelques minutes après, je reçois un mail de mon éditeur : « Hum… Garance ? Quand tu parles de garçon manqué, tu veux dire quoi, exactement ? »

Je regarde les photos de Giovanna que j’ai envoyé. Ah. Bon. Euuuuuuh…

Ouais.

Talons, jupes, coiffures, accessoires… Pour le côté garçon manqué, t’as raison cher éditeur. Va falloir éclaircir.

En fait, Giovanna peut porter ce qu’elle veut, elle reste Giovanna. Toujours et jamais la même, cheveux lâchés ou tirés, parka ou robe du soir, jamais une faute de goût, cette fille est l’incarnation même du fameux adage qui finit par nous énerver tant on nous le ressasse. Mais c’est sûrement aussi parce qu’il est un peu vrai. La mode passe. Le style reste.

Giovanna a une allure indéfinissable. L’essence de son style, c’est, je crois, son inoxydable coolitude. (Ça c’est sûr, c’est pas une citation de Coco Chanel, mais bien de moi. Ça doit être mon écriture au style indéfinissable.)

Sa coolitude, ses éclats de rire. Et son irrésistible sourire.

Gio, you’re simply the best ! C’est compris, cher éditeur ? Allez hop, bonne journée !

Entrechats

Surtout, ne m’écoutez pas. Faites l’inverse ce que je vous dis. Je suis gaie, je suis triste, je suis dramatique et je suis merveilleuse, je suis tout et son contraire, mais je retombe toujours sur mes pattes. Je suis je suis… Je suis la mode.

Bah voilà. C’est la faute de la mode. Un jour elle me donne envie de simplicité et de talons plats, et le lendemain elle m’éblouit avec des cuissardes vertigineuses, des jambes interminables, des sarouels soyeux, des imprimés animaliers à en faire exploser l’arche de Noé, et du too much exactement comme je les aime, exactement comme ça :

Et ça me rend complètement Rachel Zoesque : « Giovanna ! Non mais ça va pas de te faire faire une méga-chevalière à ton nom ? T’es folle ! C’est carrément génial !!! Je veux la même, tout de suite ! Et ce pantalon… Rah, vous allez finir par m’avoir avec tous ces imprimés, j’adore !!! Où tu l’as trouvé encore ? Allez, qui, qui, qui ? »

« Quoi ? Kate Moss pour TopShop ?!! Merde tiens. Mais je vais m’évanouir. Tu peux lire la détresse sur mon visage, là ? Vite, filez-moi un ordi, il en reste sur le site ? » Giovanna explose de rire à mon discours d’hystérique de la mode.

Calme, moi ? Apaisée ? En pleine sagesse post-recessionesque ? Oui ben finalement ça dépend des moments. Je le vois bien que j’ai des fringales de cuissardes qui me prennent à quatre heure du mat, des clics intempestifs chez Yoox, des pulsions chaussure irrépressibles et l’envie légèrement honteuse de faire tout comme mes stylistes préférées.

Tout ça, c’est sûrement aussi à force de voir de plein de shows, d’aimer, de détester, de ne plus savoir qu’en penser, de me faire une opinion, de trouver qu’encore une fois je n’avais rien compris en lisant soir et matin les super chroniques de Suzy Menkes et de Cathy Horyn, avec qui je suis toujours d’accord même quand elles ne sont pas d’accord entre elles, bref, de me faire une overdose de mode, que je suis prise par des fièvres de mode.

Bah quoi ? La légèreté, quand ça te prend, ça se contrôle pas, non ? D’ailleurs faudra que je vous raconte mon dernier achat, comment ça s’est fait et pourquoi. De Givenchy à Zara, hein, vous savez… Il n’y a qu’un pas, que je me délecte de sauter. Bonne journée !

Pure Morning

Les matins de fashion weeks ne sont pas des matins comme les autres. À l’heure où d’habitude je suis en tee-shirt sur mon canapé, un mug de thé fumant à la main à bosser sur mon ordi, là je suis dans la douche, les yeux à moitié ouverts, des cheveux dans la bouche, avec mon tee-shirt, un mug de th… Ouh merde.

Avec mon mug, dans la douche. Voilà le genre de trucs qui m’arrivent pendant les fashion weeks.

Oui. Ces matins là, je suis explosée de fatigue, j’ai déjà 236 mails en retard et 12 jours de courrier pas ouvert, ma mère que je rassure au bout du fil car elle est sur le point de lancer un avis de recherche international, et je devrais être partie depuis 25 mn. Et en plus, faudrait que je sois chic.

Mais pas seulement chic en fait. Chic-cool-branchée-classe-sexy-tendance-sans trop en faire parce que bon vu les temps qui courent faudrait pas exagérer.

Et puis confort. Parce que même si j’ai moi-même parfois tendance à l’oublier, je prends des photos. Sous entendu je marche, je bouge, je me penche, je me casse la gueule et je cours parce que je suis toujours en retard.

Et pourtant, dans le milieu socio-culturel très segmentarisé (mincissitude appréciée, dévisageage Nord-Sud Sud-Nord, sens de la réplique qui tue dès le petit matin (« Tiens, salut, ils t’ont encore perdu ta valise ? »)), qu’est la mode, j’aurais dû depuis longtemps développer l’art de me composer des tenues idéales.

Genre, des tenues simples, faciles à vivre, avec le petit détail qui tue et qui enlève l’ensemble, belles, simples, irréprochables.

Si vous voyez ce que je veux dire.

Mais non. Pas du tout. Je sors de ma douche, toujours avec mon mug, parfois avec encore du baume sur les cheveux (oui, ça aussi, ça m’est arrivé) j’ai une idée de tenue géniale, je passe le truc, puis je me rends compte que la moitié Sud de ma tenue géniale est au lavage, je recompose l’ensemble en poussant des oh et des ah, mais rien n’est aussi génial que ma tenue géniale, je commence à essayer tout ce qui me passe par la tête, rien ne va, je m’applique à être bien spectaculaire dans le jeter elliptique de mes fringues au plafond pour créer une l’ambiance hystérique de type 5 (backstage de défilé (mais toute seule)), je commence à suer, j’ai envie de reprendre une douche, je me calme, respire, respire, respire.

(si vous ne voyez pas à quelle parodie hilarante je fais référence, foncez ici et revenez m’en donner des nouvelles).

Puis je finis par attraper une bonne tenue bien normale (= les boules) et je m’envole, non sans avoir oublié de me maquiller, de me coiffer, et de prendre mes invits pour les défilés.

Oui, voilà voilà. Tout le négligé de la parisienne résumé en quelques lignes, c’est simple, finalement.

Et pourtant.

Non mais regardez ces filles. C’est pas du pur chic-cool-branchée-classe-sexy-tendance-sans trop en faire ? Chacune dans un style différent ? Une paire de chaussures qui claque, une paire de mitaines. Ou une paire de shorts. Bon sang mais ça tombe sous le sens non ?

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Upper East Side

Ah, ça m’apprendra. J’ai trop parlé du soleil. Résultat hier, une belle journée bien pluvieuse, dans le plus pur style parisien. Sauf que là, quand t’es en pleine skirt alert dans une bourrasque, que ton appareil photo est en train de faire du scuba diving et que ton parapluie, ah, ben… Oh merde il est où ? Tu peux sauter dans un taxi et regarder les lumières de la ville à travers les vitres embuées…

Et te perdre dans la beauté en avalant des MnMs peanut butter. Ce qui ne t’avance pas à grand chose. Ah si, ce qui t’amène de Michael Kors à Oscar de la Renta. Oscar de la Renta, l’un des seuls défilés qui se passe dans une ancienne église, très chic, dans le très chic Upper East Side.

Dommage qu’il ne pleuve jamais dans la série, sinon on se serait crus dans Gossip Girl.

Hier donc, journée pluvieuse, mais journée chic. Où comment, après des défilés trash, de l’avant-garde, du revival 80’s, 90’s, tu te poses chez Oscar de la Renta et tu remets tout en perspective. C’était mon premier défilé Oscar de la Renta, et j’ai beaucoup aimé. Pourtant paraît que ce n’était pas son meilleur, pas grave… Je me suis laissée totalement charmer par sa femme élégante, hors du temps, et dûment gantée et ceinturée.

Voici qui m’amène à mon sssssssujet du jour, les accessoires. Les filles, s’il est encore temps, foncez sur les dernières démarques et achetez des gants, des foulards, et des ceintures. S’ils sont dorés, s’ils sont vachement colorés, c’est encore mieux. Je sens que ça va être le truc incontournable l’hiver prochain.

Ça, et puis de la fourrure, et puis de gros bijoux.

Le bon chic bourgeois, quoi. Là question, c’est, pour une Giovanna qui peut porter tout ça en restant plus cool que cool, combien vont juste se retrouver déguisées en Bernadette ?

La solution ? La couleur, à fond. Allez, je reviens vite avec un petit sujet la dessus, ça vous dit ? Bisou !

Regain

L’idée, c’est de bien se couvrir, collants, manteau, écharpe, tout le truc, et d’enfiler une robe histoire d’oublier que c’est bientôt l’hiver et qu’il neige à Paris.

Mais non, je suis pas complètement frappée ! Je fais ça hyper souvent en ce moment : je pars sur une base grise [parce que le gris est ma couleur pr... oui, bon, ok], collants, sous-pull, gants, grosses chaussettes, tout ça.

Limite je pourrais sortir comme ça tellement je suis déjà habillée anti-froid.

Mais juste pour les dieux de la fashion [bien sûr qu'ils me regardent. Vous aussi, si si !] par-dessus, je mets n’importe quelle robe de couleur. Ou bien une jupe. D’hiver, d’été, de printemps… On s’en fout toutes façons on a déjà chaud. Un jaune poussin, un vert prairie, un orange abricot…

Ouch ça fait du bien rien que de dire le nom des couleurs tiens.

Là dessus, j’enfile ma doudoune Gap. Oui, la même que celle de Taylor T. J’en suis dingue et j’ai l’impression d’être en train de vous filer un plan en or tellement je l’adore. Voilà. Applaudissez ma générosité :-)

Et puis après, je sors, et je marche dans la rue, gaie comme un sorbet coco (?) au printemps, ou comme l’over géniale Giovanna venez on parle pas de ses shoes Battaglia. Gio, c’est sûr. À elle, les dieux lui parlent. Vous croyez pas ?

Bonne journée !