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Oh! You pretty things

Il y a des moment dans la vie d’une fille ou rien ne va plus. Je veux dire, où le jean ne va plus avec les ballerines qui ne vont pas avec la capelline. Où toute grammaire fashion est allée se planquer dans les étals épars du H&M du coin. Où, quoi qu’elle ramène de ses virées shopping, le spectre du ouais bof moyen la poursuit même dans les moment ou elle aurait juste voulu être pas trop mal.

Elle se dit que c’est pas si grave. Elle se dit que le talent va vraiment se nicher dans d’absurdes recoins et qu’on est pas tous à armes égales devant le style. Elle n’en admire que plus ses amies qu’un rien n’habille.

Puis soudain tout s’emballe. Une veste suffit à relire tout une garde robe. Une paire de derbies à dé-babydolliser une armada de robes-housse. Des moutons à faire revivre un jean. Ou un foulard 2007 doublé d’un petit châle 2002 fait qu’on l’arrête dans la rue.

Alors comme elle adore la mode, elle va pas vous mentir : Elle est tout simplement ra-vie.

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coach

coach style

Allez savoir pourquoi, malgré mes efforts constants pour souligner à quel point je ne suis pas une fashion victim, ni même une fashionista, ni encore une FRTBH (Fille Régulièrement Très Bien Habillée), certaines personnes de mon entourage continuent à voir en moi la pointe de l’excellence fashion, et ne se lassent pas de venir poser à mes pieds fleurs, chocolats et compliments.

Et responsabilités : « Oh dis, tu m’emmènes faire du shopping dans tes adresses secrètes? »

Si j’avais été une jeune femme honnête et droite, j’aurais tout de suite filé l’adresse du H&M Rivoli, mon fournisseur officiel, et je serais allée me cacher sous un rocher en attendant l’orage.
Mais j’ai une fibre coach irréfrénable, et je dis « ok ma chérie quand tu veux! ».
Et vous savez quoi? Miracle! Ce que je n’arrive absolument pas à m’appliquer à moi même marche formidablement sur les autres. J’ai donc une petite équipe de fans qui chantent mes louanges et colportent la bonne parole.

Tout ça pourrait être tout simplement merveilleux et valorisant, si on mettait de côté :

- l’amie CSP ++ à qui vous montrez la boutique de votre petit créateur chouchou et qui ensuite se ramène à chaque rendez-vous avec une nouvelle sublimité sur le dos, oui, celle que vous avez reposé la dernière fois parce que c’était trop cher, en vous disant « Wahouuuu t’as vu ce que j’ai trouvéééé!!! » Résister à l’envie de lui faire avaler la prochaine fois que Jacqueline Riu est une marque super in, juste pour voir.

- le truc encore plus pervers : l’amie CSP +++ qui pense que vous allez lui faire faire des affaires incroyables. Qui veut les mêmes choses que vous, mais en moins cher. Se retrouver en milieu d’après midi à s’entendre lui dire : « tu veux être belle, tu gagnes du fric, tu sais ce qui te reste à faire, envoie la CB. » Ne pas se reconnaître.

- L’amie qui n’a pas compris que ce n’est pas comme vous qu’elle doit s’habiller, qui reproduit tout, y compris vos nombreuses erreurs. Et qui vient avec un grand sourire vous enlacer en vous disant : « j’ai encore acheté la même robe que toi, tu m’en veux pas heiiiiinnnnn….? » « Oh ben non tiens mais c’est quoi qui prend feu là-bas? Ohhh ton dressiiiiing! »

- Dernier truc : le SAV : L’amie qui a pris cette histoire très au sérieux, qui voulait ajouter une touche fashion à sa tenue, à qui vous avez suggéré une paire de, je sais pas moi, de plateformes sublimes l’été dernier, et qui ne les a pas mises, et qui vous le rappelle avec une moue réprobatrice à chaque fois que vous la voyez, jusqu’à ce que vous vous disiez, ah, toi, plus jamais!

Et puis qu’elle arrive un jour de printemps en les arborant fièrement, et en vous disant « oooohhh dis donc finalement merci Garance, j’adooooore mes chaussures! Ca te dirait de m’emmener faire du shopping? »

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chasse gardée

On va toutes chez Zara, H&M, Mango. Ca ne s’explique pas, cette profusion, ces petits prix, c’est irrésistible. Je suis pour.
N’empêche, parfois, j’ai la sensation, comment dire…
Qu’on nous a bien dressées.

- À supporter la musique infâme qu’ils nous est imposé d’écouter. Des kilomètres et des kilomètres de pollution sonore à la cadence échevelée. Rester calme et fraîche sous ce torrent est héroïque, on a l’impression d’être au Dancing 2000 de Palavas-les-flots .
L’exception je l’ai vécue au H&M de Rivoli où la dernière fois il y avait ça

je peux vous dire que j’ai shoppé avec délectation!

- À se faire au mieux prendre pour une conne « ce petit pull? Oui bien sûr je vais voir si nous l’avons en réserve. » Je ne sais pas où est la réserve, mais je l’attends encore… Au pire parler carrément de travers « comment ça mais enfin vous savez bien que nous ne n’avons pas de stock mademoiselle allez hop hop hop! ». Hommage à toutes les vendeuses sympas et compréhensives que j’ai croisées. Il y en a.

- À faire la queue pour essayer. Des cabines supplémentaires sont ouvertes seulement si la file fait le tour du magasin. Pour peu qu’on se soit un peu chargée (c’est le principe non?), on a trop d’articles, on fait la queue deux fois.
Un bon point, la plupart du temps, les cabines sont grandes et bien éclairées. Chez H&M c’est carrément top on peut régler l’éclairage.

- Si parfois on a pas envie d’attendre pour essayer, on pourrait vouloir passer un manteau devant l’un des grands miroirs… Qui ont tendance à disparaître ces derniers temps. On se retrouve à 5 sur un miroir, à se faire des politesses pour pouvoir apercevoir un bout de quelque chose. Les jours fastes, une vendeuse zélée vous sermonne. « Mesdâââmes, les essayages, c’est en cabine! »

- Si on a réussi à passer toutes ces épreuves, on a gagné son ticket de sortie. Il ne reste plus que l’épreuve subsidiaire : Le passage en caisse! Et c’est reparti pour attendre, se battre pour qu’une importune ne vous pique pas votre place, que l’hôtesse ne déchire pas votre vêtement en enlevant l’antivol (c’est du vécu).

Enfin sortie de là, si je ne pose pas ce qui me reste de civilisé dans les fauteuils d’un bon salon de thé, autant le dire tout de suite : je mors!