Garance Doré

TAG : isabel-marant

Devil’s Haircut

Gilet inspiré d’un Isabel Marant

Je sentais que cela vous manquait. Qu’on avait pas vraiment fait le tour de la question. Qu’il était grand temps qu’on y revienne. Que vous n’alliez pas tenir beaucoup plus longtemps.

Moi non plus. Il faut qu’on en parle.

Mes cheveux. Non, j’ai pas dit les cheveux, j’ai bien dit mes cheveux.

Mes cheveux longs, bruns, bouclés et secs.

Si vous avez un peu suivi, ces derniers temps, on avait trouvé que définitivement, le cheveu faisait le style. Qu’une bonne coupe, qu’une bonne couleur étaient comme une signature qui faisaient passer une fille de « bien sapée » à « totale icône ».

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new woman is an attitude

Coucou ! Alors alors, comment amener le sujet, comment vous dire que, comment exprimer la, huuuuum…

Dites, vous l’aviez senti ? Je m’ennuie ! Voilà trois jours que les défilés ont commencé à Paris, et j’attends toujours l’étincelle que je n’ai eu ni à New York, ni à Londres. Ou c’est moi ? Ou je commence à m’habituer à tout ça ? Ou c’est la crise ? Vous en pensez quoi ? Vous aimez quoi ?

Et pourtant, j’ai beaucoup aimé Dior, c’était gai, fort et je veux une robe-tutu -d’ailleurs on va toutes vouloir des robes tutu, des jupes tutu, des micro-jupes à volant tutu, je suis trop trop fan de la tenunue ci-dessussus, je veux mon tutuuuuu !

Bref, j’ai eu envie de repartir avec la moitié des fringues chez Isabel Marant (quelqu’un a les photos ?), comme d’habitutude, et j’ai complètement halluciné au show Margiela, qui était tout à la fois hyper bien scénographié, hyper beau, hyper prétentieux, hyper gai et hyper intéressant.

Bon en fait, ça va. Je ne dois pas tant m’ennuyer que ça. On va plutôt dire qu’on sent un léger flottement.

Niveau looks, c’est pareil, je nage un peu entre deux eaux. J’ai l’impression d’avoir déjà vu et revu des tas de trucs, et du coup ce que j’apprécie beaucoup en ce moment c’est la manière de porter, l’attitude, une certaine façon de remonter ses manches, de laisser dépasser son tee-shirt, ou de ne pas porter de sac…

J’ai donc choisi trois de mes stylistes préférées, qui ont toujours un style juste et pas maniéré. Quand je n’ai plus d’idées, ce sont ces filles là que je regarde.

J’aime bien ces fashionistas là. Pleines de personnalité, toujours en train de se marrer, elles ont un rapport à la mode hyper rafraîchissant et plutôt détendu.

Et je me rends compte que ce qui définit ce que j’aime en ce moment, c’est ce jeu perpétuel avec les basiques, cette façon de réinventer toutes les 5 secondes comment on porte le jean, le blazer, la chemise, comment on dédramatise une pièce forte avec du super casual, comment on rend un simple tee-shirt imprimé génial en l’associant avec la bonne veste.

Comment une bonne coupe de cheveux, pas forcément mode (cf Yasmin en première photo) mais bien adaptée, une manière de ne pas faire sentir l’effort, une façon de se mouvoir, de se poser, comment un éclat dans le regard et une attitude font tout le reste. En fait, plus je prends des photos, plus j’épure, j’épure, et plus je reviens à l’essentiel.

Comme ma petite soeur Sacha me disait, quoi : « taiiiin, c’est trop dégaine ! ». Ah voilà, Sacha, c’est exactement ça ! Bonne journée !

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Everybody wants it and nobody knows

Gilet inspiré par un Charles Anastase

Mon vernis. Vous savez, c’est rare que je me fasse une fixation. J’ai une espèce de philosophie de la vie, c’est que si la mode ne te tombe pas toute crue, fuis-là. C’est comme l’amour, quoi. On va pas se battre, non plus. On attend que les hommes se jettent à nos pieds, et pour les Louboutin, c’est pareil.

On est pas rendues, ok.

[NDLR (= de moi) : Louboutin, dit comme ça, ça fait bien, mais à force de voir de la semelle rouge en bataille aux défilés on va dire que c'est légèrement ringardisé. On pourrait trouver quoi comme symbole de la shoes importablo-overpriced ?]

Oh, il y a eu quelques exceptions. Quelques marathons échevelés dans Paris pour acheter la dernière paire de ballerines en 39 1/2, quelques ventes de presse où j’ai perdu ma dignité, quelque paire de chaussure qui a fait le tour du monde avant que je ne me rende compte qu’elle n’était pas si jolie que ça, en vrai, une fois à mes pieds.

Donc, pas trop de fixations. Et pourtant, cet été, au détour d’un Marie-Claire, oui, pardon, d’un Marie-Claire, non mais vraiment ça veut pas sortir, Marie-Claire, oui, ce magazine que j’assume pas trop mais dont certains éditos mode ont quand même atterri dans mon classeur WOW voilà ma mode c’est ça, bref, je vois ce vernis gris taupe et je me dis : ouh bonne mère.

Il me le faut. NOW.

OPI. Faut dire OW PI AÏE les filles, je vous rappelle que je rentre de EN OUAÏE CI. OPI, je connais, c’est distribué au Monop’ Beauty en bas de chez moi, je descends, NOW. Il est quatre du mat’ (et en plus elle lit Marie-Claire à quatre heures du mat, NON MAIS ÇA VA PAS OU QUOI ?!!!?). Quatre heures ok c’est fermé. Mais 9h je suis au rendez-vous avec cette jeune fille typiquement trop maquillée (je ne veux pas me moquer, mais souvent la conseillère beauté est trop maquillée, du coup j’ai envie de lui donner des conseils, après, elle me donne son badge).

9h, je descends, totale enfarinée, je demande le truc, et là, rien. Rupture de stock. Bon. Mon mec (bah quoi, je vous ai dis, c’est comme la Loubout’ mais en moins ring’, si t’attends tranquille sans te poser de question, ça te tombe tout cru. Un peu trop cru, parfois, d’ailleurs, et souvent pas très low-carb, mais c’est un autre sujet). Mon mec donc, arrive dans quelques jours, et je sens que si je n’ai pas ce vernis sur mes ongles pour le moment M de l’arrivée en cinémascope ralenti & split-screen quelque chose de très très grave va arriver.

Il va me quitter, c’est sûr. Si je n’ai pas ce vernis ils va me quitter.

Par conséquent, je vous raconte pas la journée à courir les Sephora, les Lafayette Beauté, les Printemps de la beauté, tous les trucs avec beauté dedans. Mais personne à part Monop’ Beauty ne fait OPI. Trop forts les gars. Je finis par le trouver mon vernis, dans un Monop Beauty donc, où la conseillère absolument trop maquillée à te donner envie de ne repartir qu’avec un wagon de Demak’up Feel Pure me vend ça avec un air de sous le manteau encore pire que la dernière fois que j’ai acheté des boots Isabel Marant à 80€.

On a une liste d’attente, elle me dit. Elles les veulent toutes. Mais pour vous (Pourquoi moi ? Héhéhé… Je lui ai juste dit que sinon mon mec allait me quitter.) je fais une exception. Et puis, promettez-moi de vous maquiller, un peu, mademoiselle. J’ai promis, juré, pas craché. Et je suis repartie avec mon flacon gris souris, qui est ma couleur pr… Mais vous savez.

Arf. Je rêve ou je suis en train de faire un roman ? Ah, si. Bon. Pardon.

Je mets mon vernis, Mr Loubout’ arrive, ne voit absolument rien mais ne me quitte pas, ce qui revient à dire que le gris taupe de mon vernis est allé se ficher automatiquement dans son cerveau reptilien pour lui envoyer le message “cette fille a le vernis OPI, accroche-toi c’est la femme de ta vie !!!” —> Mission accomplie.

Ouais, trop la classe. Et le lendemain, je fashion weekifie allègrement, et là je vous jure on a jamais trouvé meilleur accessoire niveau rapport qualité-prix que ce vernis OPI. Pas besoin de it-shoes : TOUTES LES FILLES, MÊME KATE LANPHEAR QUI EST MON ICÔNE DE MODE, m’ont demandé où j’avais trouvé cette merveille.

Je leur ai pas dit d’aller lire Marie-Claire, hein. Oh. Mais elles devraient.

Et même la jolie Rumi s’est fait une fixette reptilienne dessus, depuis je suis la femme de sa vie, et elle m’a envoyé un mail pour me demander l’exacte référence du truc.

Voilà donc ce que je lui ai envoyé, traduit de l’anglais :

C’est le “You don’t know Jacques” de OPI, cours l’acheter tout de suite et mets deux couches sinon c’est horrible ça fait des stries et je sais de quoi je parle.

Voilà en substance le message de mon interminable post de ce matin. J’aurais pu n’écrire que la phrase ci-dessus, ça vous aurait largement suffit. Mais oubliez tout que j’ai dit avant : le post bon plan, ça a ça de commun avec l’amour et les Loubout’ que si ça vous tombe tout cru, ben c’est juste chiant.

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EDIT 10H03 : Ah ah c’est trop drôle comment on est connectées de l’autre bout du monde avec Rumi ! Elle a fait un post sur le vernis aujourd’hui, vous pouvez du coup en voir une photo ici !


cruel summer

Et voilà. Bon, je vous rassure, je sais prendre soin de mes copines. Je leur ai donné des rendez-vous en fin d’aprèm, ou très tôt le matin, at the fraîche. Il n’empêche. Cette chemise Isabel Marant, on ne dirait pas comme ça, mais elle est en laine super chaude. Et en plus, j’avais tenu à rajouter un truc à moi dans la tenue, histoire de bien m’assurer du capital étouffement fatal de l’ensemble, mon top en sequins vintage. C’est cruel.

Mais le plus tatatam, c’est la tenue que j’avais réservée à Alice, et là vous allez comprendre tout de suite pourquoi, comme je vous l’ai raconté hier, elle a voulu me zigouiller. D’ailleurs là elle fuit le shooting pour aller se jeter dans la Seine histoire de se rafraîchir (je vous jure que ce n’est pas moi qui lui ai demandé de courir, c’est juste qu’Alice déteste les photos trop statiques, donc du coup on court ensemble, là.)(Sauf que moi je suis en tee-shirt.)(Mais quand même je cours à l’envers, je vous prie de me féliciter pour cet exploit)

Ouais, je sais. En plein mois d’août torride, même à 7h du mat, c’est chaud. Alice, Margaux, Louise, pardon. Vous avez été des anges. Pour le Guatemala c’est quand vous voulez. Mais sans les fringues parce qu’en fait euuuuuuhhh… J’ai du les ramener.

Le monde est sans pitié.

Les fringues, c’est donc Isabel Marant Étoile pour la jupe et la chemise de Margaux, et le reste c’est à nous (genre, en fait il n’y a rien d’autre), sauf, ah oui, le sac bleu Dreyfuss, qu’on a ramené lui aussi, et pour Alice, c’est Sandro pour le gilet et le pantalon, les sabots sont à Alice et la blouse est à moi et je ne vous dirais pas la marque même sous la torture parce que bon… On va dire que c’est vintage. MAIS C’EST DE LA SOIE HEIN !

Le mag où l’on peut trouver les photos et plein d’autres choses est distribué dans l’Est Parisien, dans les cafés et les lieux où l’on se cultive et où l’on boit des cocktails, qui sont les mots qui vont très bien ensemble.

Merci au Printemps Nation et à Anolis.

Alors, et il faut aussi que je vous dise qu’après des tas d’ennuis techniques, mon blog devrait être confort au chaud pour tout l’hiver, au moins. Je ne sais pas si comme moi, vous avez perdu mon flux, ou si des tas de trucs bizarres sont arrivés quand vous avez essayé de vous connecter, mais normalement, tout est reglé. Au pire, rechargez le flux et tout rentre dans l’ordre. Allez, fini de parler technique, je commence à avoir les poils qui se hérissent… Bisou, bonne journée !

Bon, en fait il semble qu’il y ait encore quelques problèmes niveaux flux, mais ça devrait être réglé dans la journée ! Bisou !

Alors, donc, pour ceux que ça intéresse (encore de la technique, ah la la !) et qui veulent le recharger, voici une nouvelle adresse pour mon flux : http://feeds.feedburner.com/GaranceDore

Ne me demandez pas ce que c’est, je n’y comprends rien. Si l’ancien fonctionne, faites comme moi, ne touchez rien ! :-)

bazar

Quand j’étais étudiante, vu que la plus grande partie de mon tout petit budget était dédié à la fête (et que ça coûte cher de faire la fête !) je m’habillais quasi-exlusivement dans les friperies.

Ça donnait une espèce de look dont j’étais très fière, à mi-chemin entre le glam de Scarlett Johansson et le chic (contesté, certes) d’une punk à chien.

Puis j’ai grandi, Zara est arrivé et a changé la mode, nos placards et notre manière de consommer, me rendant futile et gourmande de nouveautés, mais aussi compulsive et sans style fixe.

Peu à peu, mon budget sape s’est alourdi, mon budget fête a rétréci.

Aujourd’hui, comme le plupart des filles de mon âge, je vais toujours chez Zara, mais j’émulsionne avec des créateurs et quelques jolies pièces (=$$$) que je justifie en pensant à l’Histoire de la Mode et aux petites filles que j’aurais un jour. Oui, bon. Surtout à moi.

J’avais complètement lâché l’affaire de la fripe. Plus mis les pieds depuis x années. Trop d’erreurs, trop de mauvaises odeurs, trop de bazar dans mes placards.

Mais depuis quelques semaines, la mode me remet sur le chemin des écoliers.?Et alors faites attention, quand j’ai une lubie, j’y vais pas avec le dos de la cuillère. Si je continue, je vais assécher les puits de brocs et faire dangereusement remonter le cours de la chine. Les emprunts au vestiaire masculin et le style hippie m’ont menée direct à la friperie.

J’y trouve :

- Des vestes de costard : et notamment une Burberry‘s sans manches, 50€.?- Des pantalons d’homme à pince : prix approximatif, 10€. Et, oui : la fourche (l’entrejambe) est trop basse. Mais c’est exactement ce qui fait la coolitude d’un pantalon en ce moment, demandez à Isabel Marant…?- Des tee-shirts, imprimés, délavés et éventuellement troués. Puisqu’on a dit que ça le fait. 2, 3, 4€…?- Des chemises, des chemises !!! À carreaux, le bonheur, autour des 10€. J’ai aussi trouvé une vieille Ralph Lauren en jean trop belle à 5€.?- Des chapeaux. Je n’ai pas encore trouvé THE one, mais j’y crois. 10€ environ.?- Des robes de baba cool, là les prix varient vraiment. Mais dites qu’il y a une tâche, on vous enlève 10€. Quoi ? Bien sûr qu’il faut marchander, sinon c’est pas drôle !

Pour le moment, vu que ça fait pas très longtemps que j’ai recommencé, mes adresses se résument à celles que vous connaissez toutes à Paris : Fripes Star, les puces de Montreuil, et une autre, légèrement plus obscure, sur Gambetta.

Alors, s’il vous plaît, surtout, ne me donnez pas vos bonnes adresses. Ayez un peu d’indulgence pour mon placard. Avec cette nouvelle manie, il va bientôt exploser.

Comment ça un placard qui explose c’est une sorte de climax fashion ??Un quoi ? J’entends pas bien ? Un fashion orgasm ?

Aaaah non vraiment les filles, vous êtes irrécupérables !

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Doit-on être sexy ?

Jupe et ceinture inspirées du défilé FW08 d’Isabel Marant, top inspiré d’un Aleeeeeeeeeeeex (!!!) Wang.

C’est nouveau. Le matin, j’enfile un top, un pantalon ou une jupe, j’ajoute quelques accessoires, et si l’ensemble se présente pas trop mal, je me pose une question :

“Où est le détail sexy ?”

Ce truc là, je vous assure, je ne sais pas d’où ça sort. Je n’avais jamais pensé comme ça. Pour moi, déjà, personne ne nous oblige à être sexy. Je m’en fichais bien de montrer mes jambes, de mettre en valeur telle ou telle partie de mon corps. J’ai même un peu ce truc de défi qui me fait dire : on peut séduire sans ça. On est même pas obligé de vouloir séduire, tiens, voilà.*

Quand je vous parle de sexy, je pense à ce je ne sais quoi de légèrement troublant, un débardeur trop grand, un jupe légèrement trop courte, une chemise d’homme ouverte, un talon** très haut sur une tenue très sobre, une chaîne en argent qui glisse entre les seins, une épaule dénudée… Le sexy légèrement rugueux à la française, quoi.

C’est donc mon truc du moment devant ma glace, mais je ne sais pas trop quoi en penser.

Ma mère*** pense que c’est très bien et qu’il faut profiter de sa jeunesse pour faire tout ce qu’on veut. Elle m’explique qu’après un certain âge, ce qui est terrible c’est de devoir renoncer à un truc après l’autre. Genre, le moment où tu te dis que le monde peu bien se passer de voir tes bras. Il doit pas être évident celui-là.

Lou Doillon n’aime pas séduire d’un coup, mais laisser une impression. Comme un parfum.

Géraldine me dit qu’on devient sexy en se connaissant mieux. Qu’en connaissant ses points forts, on drive le regard de l’autre. Elle me rappelle aussi que tout dépend de ceux pour qui on s’habille. Que beaucoup de filles s’habillent avant tout pour les autres filles. Que le fait que j’ai rencontré quelqu’un n’est certainement pas étranger à mon nouveau comportement.

Superchic ne pense plus qu’être super chic c’est être super sexy.

Luella pense pareil, j’ai perdu cette interview, mais elle disait que pour elle la fille sexy c’était la bûcheuse du fond de la classe. Même si elle dit aussi que ses robes sont parfaites pour aller se torcher jusqu’au bout de la nuit, et qu’en gros s’en foutre d’être sexy c’est sexy. Ah.?Voilà un point de vue fort intéressant qui pourrait quasi boucler ma boucle mais…

Ce qui est marrant, c’est que toutes les filles à qui j’ai posé la question “Doit-on être sexy ?”, m’ont répondu à côté. Elle m’ont dit comment elles, elles se sentaient sexy. Ou comment être sexy. Ou ce qui n’est pas sexy. Mais elles sont toutes d’accord pour l’être, d’une manière ou d’une autre. Elles ont donc toutes répondu à “Doit-on être sexy” ? : Oui, bien sûr, t’as fumé ou quoi ?

Ça m’apprendra à poser des questions à la con.

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* J’entends de grands rires trébuchants au fond de la classe. Oui, euh, en fait, quand on me connaît, on sait parfaitement que je suis insupportable tellement je suis over toujours en train de tchatcher avec tout le monde. J’ai même déjà essayé de séduire un Vélib’ une fois. Ouais. Ouais.

** Oui, bien sûr, deux talons.

*** De qui je dois tenir ces questionnements bizarres : j’ai grandi le nez dans un bouquin du MLF oublié dans ma commode. La couv c’était cette fameuse photo avec la banderole : “Nous ne sommes pas des poupées”. Et voilà comment je suis devenue fan de Pamela Anderson.

Ah, et si je vous parle d’elle un billet sur deux (pas de Pamela Anderson, de ma mère), ce n’est pas parce que je suis une fille à maman (en fait je suis une fille à papa) c’est parce qu’elle est à Paris en ce moment et qu’on arrête pas de faire du shopping. Et donc de philosopher à mort.

a day in the life

Kazu Makino porte une robe Mayle et des tas de bijoux Isabel Marant.

Je suis tombée amoureuse de la voix haut perchée de Kazu au premier instant. J’ai écouté Blonde Redhead longtemps sans les avoir jamais vus. Autant vous dire que mon premier concert a été un choc. L’euphorie.

Blonde Redhead, pour ceux qui ne connaissent pas, ce sont les new yorkais Kazu + Amedeo et Simone, deux jumeaux à l’accent italien outrageusement sexy. Sur scène, le triangle est magnétique.

L’euphorie a été renouvelée le souvent possible. Et quand j’ai su qu’ils seraient à Paris jeudi dernier, j’ai poussé, comme à chaque fois, un cri de joie.

Je me suis aussi dit que j’aimerais bien les prendre en photo.

Pour tout vous dire, je les connais un peu. J’ai organisé plusieurs de leur concerts à l’époque où je faisais ça et puis surtout, mon amie Maëlle est très proche de Kazu. Ça aide.

Voilà comment je me suis retrouvée à déjeuner, jeudi, avec mon idole. Bon, mon idole est très cool hein. Et puis elle est comme moi. Elle aime les crêpes, les mojitos, la mode, elle veut se marier avec Isabel Marant, a des amours « it’s complicated » et adore parler pour ne rien dire. Fastoche.

On est donc allées faire un tour chez Isabel. Kazu a une manière étrange de shopper : chez Isabel Marant, elle file au rayon enfant, regarde ce qui lui plaît en modèle réduit, puis demande sa taille.

« En miniature, je saisis mieux l’essence du vêtement ».

Puis on a foncé au Bataclan pour les balances. Elle a enfilé sa robe de scène, on est allées dehors et on a pris quelques photos. C’est son amie Jane Mayle qui fait ses tenues de scène.

Boots et robe, Mayle.

« Je récupère les robes qui ont des défauts, on les ajuste sur moi et c’est cool »

« Jane est marrante, elle rajoute toujours des crazy stuff qui ne servent à rien » me dit-elle en tirant sur les deux fils d’ors qui pendent de la robe et en faisant une grimace genre : « je sers à rien ».

« Jane te ressemble beaucoup ». J’avais pas saisi l’ampleur du compliment avant de googliser Jane Mayle et de trouver ça. Hum, mais bien sûr.

Puis on est rentrées dans la salle. C’était l’heure des balances.

Les jumeaux étaient là, toujours aussi chics, toujours aussi détachés. Toujours aussi fascinants.

J’ai eu l’impression de perdre 20 centimètres, soudain, tellement j’étais impressionnée. Heureusement, j’avais prévu le coup : j’avais mes talons. Ça me fait toujours ça en présence de Simone, le batteur. Je crois que je l’aime.

Je les ai laissés travailler.

+++

Quelques heures après, on dansait, Maëlle et moi, complètement happées par la musique. Quand soudain on entend nos prénoms au micro. Kazu était en train de nous faire la plus douce, la plus personnalisée des dédicaces. Pffff l’émotion…

Je me suis retournée pour voir si tout le monde avait bien compris que c’était de moi qu’il s’agissait, mais il m’a semblé que non. J’ai donc hurlé « Thank YOUUUU » !!! Épuisant ainsi mon capital ridicule pour les 10 ans à venir. Quand je vous dis que je suis grave.

Après le concert, on est allées backstage. Kazu m’avait dit « party tonight ! ».

On est effectivement arrivées dans des loges surbondées, avec tous les gens qu’elle avait invités sur son chemin : des amis, deux dames complètement dingues du groupe qui consacrent leurs vies à les suivre en tournée, une vendeuse de chez Isabel, le mec qui nous avait fait des crêpes etc.

Et Simone faisait le service. C’était vraiment chouette. J’ai pris un verre de champagne et je lui ai demandé de venir faire des photos.

Simone Pace en marinière sur la scène après le concert.

Il a accepté avec un grand sourire. On a fait quelques clichés, puis son frère est passé par là. Ils sont si candides face à l’objectif, c’est incroyable. Le sourire toujours au coin des lèvres, la douceur et la gentillesse qui se dégage de ces types est irrésistible et complètement intimidante.

Amedeo harmonise ses accessoires avec le gaffer au sol.

Bref. Le Bataclan fermait ses portes, nous sommes partis boire des verres et raconter des conneries dans un petit bar un peu plus loin. J’ai bu un mojito, ça m’a suffit pour être bourrée, complètement détendue et hilare.

Honnêtement, dans toute ma fanitude assumée, après ce moment précieux, je me dis qu’il est parfois bon de rencontrer les gens qu’on admire.

Les Blonde Redhead sont aussi beaux, aussi rock, et aussi romantiques que leur musique. Jeudi dernier, ils ont volé mon coeur.

de la terre à la lune

Tout vient de chez Zara, excepté les chaussettes Isabel Marant, chacun son snobisme hein !

La rencontre de deux fashionistas à une intersection de la mode obéit aux codes suivants :

Approche : visage fermé, regardant au loin si rien ne vient se mettre en travers des 15cm de talons Christopher Kane.?Modasse dans le rétro : plissement des yeux, puis ravissement, puis haute exclamation :?« Oooooh ma chérie tu es là ? » (sous entendu : pourtant je pensais que tu avais été virée de chez B., ils t’invitent toujours aux défilés ?).

« Mais oui !!! Bien sur, enfin, cette fashion week j’ai décidé de le prendre cool, de profiter de Paris tu vois, de visiter les musées, ce genre de choses… » (sous-entendu : en fait je galère à mort pour avoir des invits depuis que je suis styliste free-lance) !?Départ, feu rouge : « Alors, tu as pensé quoi du show ? Époustouflant non ? Allez, bye bye ! »?Départ, feu vert : « Mais c’est subliiiiiiime ce truc ! ». Saisissant la veste, le pull, la jupe ou la chaussure de son interlocutrice. « C’est qui ? »

Le C’est qui ? est une marque de reconnaissance. Le C’est qui ? est le croisement des armes des chevaliers de la mode.?Le C’est qui ? a une telle importance sociologique qu’un copain total insider mais total naze en français est un jour venu me voir, désespéré : « But how do you say « Who is it ? » in French ? » Ben, you say « C’est qui ? ».

Bref donc. Si vous m’avez suivie, si vous allez à un défilé, et qu’on vous touche le corps en vous demandant C’est qui ? ne répondez pas « Ben c’est moi, c’est même mon sein droit là, tu veux un Prozac ou quoi ? ». Répondez c’est Marc. Ou c’est Stefano. Ou si vous êtes prises de court et que c’est juste Massimo, répondez : « That’s vintage. »

Faites pas comme moi. Moi qui, deux jours avant le début des défilés, ai eu l’impression de me vautrer dans le luxe parce qu’en bonne hystérique j’ai craqué trop d’argent chez Zara. Et acheté une pochette, des talons et deux trois bricoles destinées à me sauver de l’opprobre fashion.

Et qui, multi-adoubée et honteusement fière de l’être par une rédactrice mode avec un « Who is it ? » quotidien, sensuel, sonore et trébuchant, ai répondu, jour après jour : « Well… That’s Zara ! » au mépris de sa mine renfrognée.

Jusqu’à ce que le dernier jour, elle comprenne enfin : « Aaaaaaaw you mean Zeeeaaaawwaaa ! Oh my gaaaaaaaaawwwd !! I’ve never been there ! Je ne peux pas vivre un jour de plus sans connaîtwe cette chowse fabiouleuse ! Tomorrow, I’m on a Zara mission. I’ll wear my Balmain combat pants. »

Avec un grand clin d’oeil je vous rassure. La méconnaissance des basses sphères de ce monde n’a jamais empêché l’humour.

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Garance Doré

J’ai ouvert mon blog en juin 2006. J’étais alors illustratrice, et un peu frustrée par le travail de commandes et notamment par le manque de contact avec les lecteurs des magazines pour lesquels je travaillais. Je voulais faire quelque chose de plus libre, de plus spontané. J’ai commencé par publier quelques dessins, puis très vite ...

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