
Je veux un nouveau sac. Mais comme je ne suis pas une star, pas même une starlette, et encore moins une A list rédac chef, je n’ai pas droit aux cadeaux pleins d’amour des marques de luxe.
Comment, vous ne le saviez pas? Aujourd’hui, plus personne ne paye son sac! Enfin, plus personne à part quelques riches anonymes et les filles comme moi!
Comme moi, qui je vais donc me balader sur Bag Snob ou The Purse Blog, faire une liste imaginaire de tous les sacs que je ne vais pas m’acheter. En fait, j’attends de trouver le seul et l’unique, le coup de foudre.
Enfin, le coup de foudre, je l’ai déjà eu. c’est juste qu’à 78000$, c’est aussi ridicule que d’avoir le coup de foudre pour George Clooney, tu reste toute seule avec ton coup de foudre et tes yeux pour pleurer. Quoi que Georges Clooney à 78000$, on pourrait se cotiser, qu’est ce que vous en pensez? Ahhh Georges…
Georges, on dirait presque le petit nom d’un sac, tiens! Fine stratégie, donner un nom à un sac. Plus facile de se l’approprier, l’appeler par son petit nom crée de la complicité entre bagshionistas, lui donne l’air de rien un statut d’objet culte et d’autant plus de désirabilité sur la planète luxe.
Luxe. Un mot quasiment vidé de tout son sens, tant le luxe est en train de devenir un mass market comme un autre, et je ne sais pas si ça va rester chic très longtemps d’avoir de la maroquinerie haut de gamme. Même ma petite voisine se retrouve avec un sac Fendi à la saignée du coude, qu’est ce que j’y peux moi si elle elle a fait une croix sur ses vacances en Italie…
En Italie? Et si c’était un faux? Ou bien, elle l’a peut-être loué? Ou alors elle a le sens des priorités, voilà tout. Elle a économisé et rationalisé son achat. Parce qu’aujourd’hui toute femme qui se respecte a son « it bag », c’est Elle qui le dit, et nous acquiesçons bien sagement. Et oui, les marques l’ont bien compris, le prix fait partie du rêve.
En rêve, peut-être que je verrais plutôt un sac de créateur, non? L’un de ces sublimes de Natalia Brilli, ou de Minority, en séries très très limitées, vulgarisé par aucune starlette en déroute, secrets comme thé du harem. Ou bien je pourrais me le faire faire dans un petit atelier du marais (dont le site ne refète malheureusement pas du tout l’esprit de la jolie boutique), à partir de cuirs vintage, une vraie pièce unique…
Unique, c’est comme ça que je l’aimerais, ou carrément vintage, hors des modes, chargé d’histoire, touché par la grâce de femmes si délicates qu’elles ont su leur faire traverser le temps, et puis y ajouter la mienne, de grâce, parce qu’après tout, à 20 ou à 78000$, c’est un petit bout de mon histoire que je vais y mettre dans ce sac, et c’est bien le moins que je lui demande.
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