Quand je veux me faire de vrais cadeaux, je m’offre des magazines anciens. J’aime tout. La mode, les photos, l’odeur du vieux papier, la folle créativité, l’absence de cynisme. La période que je préfère, ce sont les années 70. À cette époque là, la femme se redéfinissait. Avec maladresse, avec sérieux et avec beaucoup de joie.
monday morning
Je sais, je sais, vous n’êtes pas là. Vous êtes tous en vacances à vous gaver de chocolat alors que je suis chez moi à faire du tri en buvant du thé vert assise en position du lotus au beau milieu de :
- Un Empire State Building de magazines à classer. Je suis incapable de jeter les magazines avant de les avoir relus/classés/dépecés, ce truc me rend dingue. J’ai même caché à des copains qui m’aidaient à déménager la dernière fois que les deux cartons méga-lourds, là, c’était pas DU TOUT du Nietzsche. C’était ma collection d’anciens The Face, I.D, 20 ans et Vogue qui me suivent partout depuis toujours. Sorry pour ton dos, Alex.
le plus beau reste à faire

J’en ai marre du rouge à lèvres rouge.
Ça m’a frappée il y a quelques jours. Soudain, j’ai trouvé que ça ne m’allait pas du tout, que c’était une galère et que j’allais devoir utiliser mes 375 tubes de rouge pour autre chose que pour me maquiller.
Je ferais peut-être une oeuvre conceptuelle, une sorte de tribute à mon ancien moi glamourisant et un so far so long au rouge à lèvres qui file. Ou bien un calendrier 2008, comme le Vogue dont les filles ont trouvé un bon moyen de recycler le make up qu’elles reçoivent en pagaille.
Comment je me suis fait avoir (les ballerines de Superchic)
La plus chic des chics, c’est Superchic. Et en premier lieu parce qu’elle n’est pas snob. Mais alors pas du tout. Tellement pas que parfois j’ai envie d’être snob pour elle, si vous voyez ce que je veux dire.
J’étais comme par hasard en train de m’extasier sur son tout nouveau Kelly de Noël, dans son dressing, quand je vois une petite boite de chaussures chocolat, hyper raffinée, fermée par une boucle et aux finitions sellier.
Elle en été
Finalement, je devrais m’abonner à Elle, mais surtout pendant la période estivale. Il n’y a pas mieux pour faire des vacances à son cerveau. Des vraies je veux dire. Des où tu pars tellement loin dans l’espace du n’importe quoi intersidéral qu’en refermant le magazine tu regardes ton chéri et tu lui dis « une piscine*, s’il vous plaît jeune homme ».
Parce que l’été, outre nous fourguer des nouvelles écrites par leur stagiaires en pleines révisions du bac français, Elle se spécialise dans des espèces de papiers socio-fashion qui nous disent ce qui serait bien qu’on fasse pour qu’Elles puissent se marrer un coup.
féminin féminin
Je ne sais pas si on peut dire que les blogs de fille font de la concurrence aux magazines. Quand on sort un peu la tête de notre écran, on se rend bien vite compte que la blogo, malgré l’irrésistibilité (sic!) de son nom est encore un tout petit phénomène.
Ce qu’on peut voir facilement, en étant juste un tout petit peu prétentieuses, c’est à quel point les magazines ont les yeux braqués sur nous. Sauf peut-être le Glamour, qui est né comme ça : pratique, très visuel, avec des articles courts, pas gnangnan et écris dans notre langue de tous les jours, moderne en un mot. Un grand succès, normal.
Les autres s’adaptent petit à petit : Le billet d’Alix Girod de l’Ain sur la crise de quarantaine cette semaine dans le Elle, par exemple, m’a frappée. Écrit sur le mode « je », avec des tournures de phrase très proches de ce qu’on peut retrouver dans nos Netvibes*, je me suis crue à la maison. Il y a aussi les petits papiers mode décryptant les tenues des people** entre autres, les sujets shopping avec des filles de la rue…
Moi je trouve ça très bien. Il ne manquerait plus qu’on se plaigne d’influencer ceux qui nous ont tant inspiré et qu’on cite à chaque coin de billet.
Mais comme je le disais récemment, ces mags, je les achète moins. Je préfère vous lire. Du coup je me rattrape avec des publications avec plus de mode, de photo. Des vrais glossies, aussi dégoulinants de luxe et de créativité qu’un chebkakia de la Bague de Kenza.
Et voilà le problème. Le luxe et la créativité, ça n’habille pas sa femme. Et parfois, j’en ai marre de voir Kate Moss et Pete Doherty dans des mises en scène aussi ridicules que rocambolesques.
Vous savez ce qui me manque? Les petites séries de mode mettable, les petits trésors d’inspiration pour la vie de tous les jours…
Vous avez vu la série de mode masculin-féminin de cette semaine dans le Elle?
Oui? Et bien, c’est comme ça que je veux m’habiller pour les six mois à venir.
Cette mode, c’est simple, c’est tout moi. En étant juste un tout petit peu prétentieuse ;-)
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* Parfois, je me rends compte que je parle de Netvibes à tort et à travers comme si tout le monde était censé connaître ce truc génial. Alors, Netvibes, c’est un aggrégateur de flux rss.
Un quoi?
Si vous voulez en savoir plus, je vois envoie sur le sublimissime billet de la sublimissime Anne-So, la geekette la plus glamour du far-web.
** N’empêche, aucune bloggeuse n’a osé tenter de nous faire croire que Cécilia Sarkozy est une descendante stylesque de Jackie O, qui doit se retourner dans sa tombe!
je suis verte
J’ai beau avoir décidé d’être une décroissante de la mode, de combattre le trou dans les couches de mon chéquier et de lutter contre la prolifération des fashion faux-pas, il n’en est pas moins qu’il y a quelques indispensables quand viennent les beaux jours, quelques trucs dont je ne peux absolument pas me passer.
J’ai de la chance, en général, ils sont recyclables. Il s’agit :
Des lunettes : Impossible de m’en passer, vu que je ne supporte pas le soleil. Cette année, rien de neuf. Je suis très contente de mes Paul Franck de l’année dernière, et puis c’est certainement les dernières heures des grosses lunettes, alors profitons-en : la Wayfarer a amorcé un net virage. Je ne vous dirais pas que je n’ai pas un moment pensé à me les procurer par des voies détournées (spéléo dans les placards très 80′s de ma mère) mais sans dèc, c’est vraiment trop LE carton de l’été, et j’ai mes limites quand à la conformisation aux normes fashionistiennes.
Des nus-pieds : Là ça se corse. J’avais déjà sauté mon tour l’année dernière, m’étant allègrement pourvue en spartiates les années précédentes pendant les soldes (et tout le monde le sait, une bonne paire de K.Jacques, ça vous fait une vie.) Le truc c’est que j’aime tellement ça, que même si j’en ai en noir, en cuir naturel, et en blanc, que j’en voudrais une nouvelle paire, au mépris de tout traité contre l’envahissement galopant des placards en zone urbaine.
De la veste : Pour moi c’est l’éternelle indispensable de l’été. Mais cette année, j’ai envie de jeter toutes mes petites vestes au compost. Je pense que c’est dû au glissement des tendances. Le bas s’élargissant, le haut a tendance à vouloir se faire plus près du corps. En fait, mon rêve, je le connais. C’est une petite veste en cuir souple et fin, dans un esprit légèrement perfecto. Celles des photos de ce mois-ci dans Vogue, vous me suivez?
Vogue, vous me suivez ?$!?
Mon anniversaire? Passé. La fête des mères? Va falloir que j’adopte plus vite qu’Angelina Jolie si je veux en profiter. La fête des voisins? Oui ben quoi ça va on peut bien essayer!
Rien. Soit je fais fondre les dernières neiges de mon compte en banque, soit je recycle.
Je suis verte.
Léo, attends moooooooooiiii!!!!
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Et si on faisait une vidéo?
- Trouver un truc à filmer : trop facile, un super petit festival de mode fera l’affaire.
- Tomber sur l’une de vos actrices françaises chouchoutes. Lui courir après pour lui demander une interview. Lorsqu’elle vous demande pour quelle chaîne, lui demander où elle a acheté ses sabots.
- Si par mégarde elle dit oui, se soucier enfin de l’aspect technique, c’est à dire de mettre la caméra en route. Comme vous ne l’avez jamais fait, ne pas trouver le bouton.
- Présenter des excuses pendant que vous cherchez à allumer ce maudit bouton rouge. Ne pas comprendre pourquoi ça ne marche pas.
- Se rendre compte que vous n’avez pas soulevé le clapet. Se répéter 100 fois que le ridicule ne tue pas. Sourire un grand coup et se faire plaisir : « Silence, on tourne! »
- Hurler : Stooooooop! Parce que vous n’avez pas branché le micro. Brancher le micro. Ressembler au présentateur de France 3 Poitou-Charentes avec votre micro. Devoir rajouter un casque à votre débâcle stylistique.
- Grâce au casque, se rendre compte que vous êtes en train de tourner un remake de « Comme un Ouragan » tellement le vent souffle. Hurler : Stoooooop!! et rapatrier l’interview dans un endroit accueillant, un endroit ou plein de gens ont trouvé refuge.
- Plein de gens qui parlent. Rattraper de justesse votre actrice chouchou qui tente de s’échapper en losedé. Dire : milles excuses. 250 fois. Finir par y arriver, se sentir supertropfort. Savourer cet instant, il y en aura peu.
Passer trois jours comme ça à essuyer TOUS les plâtres. COURIR après les gens pour les interviewer, se faire IGNORER, se CASSER le dos à porter du matériel, CASSER du matériel, refaire des itv parce que le son a DISPARU, se faire ENGUEULER parce qu’on demande son nom à une star de la profession (très autoritaire, parfois, la star de la profession, un peu frustrée de ne pas être une star tout court, en gros), EFFACER vos plus beau rushs et beaucoup RIGOLER aussi.
- Puis rentrer, et se mettre au montage. Chercher un logiciel. Se dire que Imovie ce sera très bien. Faire exploser la mémoire de votre ordi parce qu’un film, ça prend beaucoup trop de place dans un disque dur. Vider votre ordi en mangeant des Fingers.
- Passer un temps fou sur votre film, revoir les mêmes rushs 250 fois, puis couper, couper, couper pour ne garder que l’essentiel. Finir par pouvoir réciter votre film comme une poésie en CE2. Se rappeler qu’en CE2 vous adoriez les Haribo. Célébrer ce souvenir en explosant un paquet de « Polka ». Même les oursons jaunes.
- Une fois atteintes les limites physiques du cent fois sur le métier remet ton ouvrage, manger du Lindor, puis manger des Stakers, puis manger les croquettes du chat, puis décider que votre film est ok pour être mis en ligne.
- Se rappeler qu’il faut mettre des sous-titres. Soudoyer un chanteur anglais pour corriger vos tics de langage. Remettre votre ouvrage sur le métier et votre tablette de Milka sur le bureau. Quatre heures après, chercher la tablette de Milka sous le bureau. Accuser le chat.
- Vouloir le mettre en ligne. Se rendre compte qu’en ligne, votre film chéri ressemble à trois gros pixels qui font un tennis. Pleurer un coup, puis manger des Côte d’or pour oublier. Harceler Dailymotion pour réussir à avoir un truc présentable.
- Être prêt à tout pour avoir un truc présentable. Harceler Thomas Clément, le pape du podcast, harceler la première personne qui passe juste parce qu’elle est là au mauvais moment, fouiller les entrailles du net pour trouver l’adresse IRL de Dailymotion en fouillant les entrailles de vos placards pour vous si personne n’y aurait oublié des Mikado.
- Décider d’aller intimider Mr Dailymotion qui n’habite pas loin. Penser à prendre un cake au citron au passage. Se raviser, se dire qu’il ne faut pas perdre le nord non plus. Descendre prendre un cake aux fruits.
Finir par être moins exigeant, commencer à se dire que trois gros pixels, c’est mieux que rien. Se demander ce que vos lecteurs chéris vont penser de tout ça. Se demander si il y a des monteurs minces. Se demander et si c’était à refaire. Se dire qu’on le referait et même, qu’on va bientôt le refaire.
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Un grand merci : à ma géniale co-équipière Géraldine bien sur, et puis à Punky b, à Mark, à David, à Jim, à Matthieu, et à Thomas.


























