Garance Doré

TAG : maquillage

Elle yes !

Le jour ou Elle, sous la douce voix de Sophie Fontanel, m’a appelée pour me proposer un reportage mode, vous savez ce que j’ai fait. J’ai tout de suite dit oui. Je me suis dit que le les doutes et les problèmes de timing, je le réservais pour après. Le stress, même chose.

Comme si on pouvait le mettre dans une boîte et l’oublier, celui-là.

Son idée, c’était de faire un sujet autour du détail qui change tout. L’un de mes sujets mode de prédilection, si vous vous souvenez du lacet sur le tee-shirt, vous savez. Par Sainte Rita, je ne m’en remets toujours pas.

On s’est donc retrouvées autour d’un verre avec Sophie et on a commencé à faire une liste de tous les trucs géniaux qui changent tout. Une attitude, une façon de porter un accessoire, une coupe de cheveux, un détail make-up, tout ce qu’on avait vu, qu’on voulait refaire, qui nous avait scotchées, qui nous avait excitées.

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belle de jour

Veste inspirée par le défilé Balmain SS09

Dimanche dernier, je buvais un café avec une amie. Légèrement décoiffée, ce qui lui arrive à peu près aussi souvent qu’à Simone Veil, cachée derrière ses grandes lunettes fumées, elle me dit « Garance, faut que je te raconte. Hier, j’ai passé la pire nuit de ma vie. »

« C’était tellement horrible, je ne me suis même pas démaquillée. Non mais tu te rends compte ? Jamais, jamais de ma vie je ne me suis pas démaquillée. Ça m’est même arrivé de dormir la tête dans le lavabo, mais démaquillée. »

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work hard, play hard

Mais comment font ces filles pour être au top de tout ? Je veux dire, ok. On a pas le même lifestyle. Moi, je pars le matin avec mon appareil de 345 kilos sur le dos, et des tas de trucs, des téléphones, du maquillage que je n’utiliserais jamais, un pull dans le sac en cas de blizzard inopiné, un parapluie, un maillot si je veux me baigner, et je ne rentre pas avant la nuit noire.

Autant vous dire qu’arrivé 15h, je n’en mène déjà plus très large. J’ai les jambes en compote, les cheveux plats et les traits tirés. 17h, je me sens aussi chic qu’Amy Winehouse, 18h, je suis Courtney Love, 19h, tu me présente quelqu’un, je te mets une droite.

on parce que les new yorkaises, et plus particulièrement les filles de la mode… Remarque, même les new yorkaises next door, enfin, toutes ces filles qui ne sont pas moi ont toujours un air frais et dispos sur leur talons et peuvent se remettre du mascara en se regardant dans leur ongles tellement ils sont shiny. Mais, suis-je bête. Elles n’ont pas besoin de remettre du mascara. Ici, on ne coule pas, les gars.

Je suis sûre que leurs poils sont tellement obéissants qu’ils s’excusent de pousser, tiens. Pardon ! On est désolés, on a pas fait exprès ! Bzzzzuuuiiiit : ta gueule le poil. Rétrolaser.

Tu l’as bien mérité.

Leur peau ? Vous êtes sûres que vous voulez qu’on parle de leur peau où on s’immole par le carrot cake une bonne fois pour toutes et l’on parle de leurs corps ? Comme vous voulez, mais préparez-vous à plus du tout avoir envie de venir à New York. Oh, ça va, la Beckham. On sait que tu lis. Je ne parle pas de ton physique de Goldorak azimuté. Je parle de ces grands corps en pleine santé que l’on voit passer dans la rue, et que l’on aperçoit dans les multiples salles de sport, de danse, de pilates, de yoga, de saut en hauteur, de trapèze, de lutte gréco-romaine et de tout ce que tu veux, quoi.

Et qui, ces corps, quand ils arrivent au Starbucks, peuvent lire le nombre de calories de leur carrot cake (470, si ça vous intéresse), décider de le laisser à la petite française échouée juste là derrière qui essaie de prendre un air détaché en tâchant de traduire low-carb sur son Blackberry. Bon, low carb ça Google translate pas en français, je vous le dis. Et pour les calories, j’ai décidé de faire comme avec le dollar. J’enlève 20%, je divise par deux, je retiens 3 et j’arrondis en dessous et je m’exclame : pfiiou, c’est donné !

Bref. Les filles sont belles et je les envie. Pas parce qu’elles sont belles comme si ça leur était tombé comme ça par hasard dessus. Elles sont pas comme nous, les filles. Pas du genre à faire “Moi, belle ? Tiens, je ne m’en étais pas rendu compte, ça m’est tombé dessus, j’ai pas fait exprès ! Vous êtes sûrs ? Attendez je me regarde ! Ah oui, ben tiens, ben ça !”

Non non non. Belles, très sérieusement. Outrageusement au top du meilleur du sommet de la cerise sur le gâteau de ce qu’on leur a donné à la naissance.

Et bien je vous le dis les filles, on peut toutes être belles. Faut juste y bosser hyper dur.

Et moi, déjà, quand j’ai fait mon jogging j’ai une telle sensation d’autosatisfaction qu’il me faut un paquet de cigarettes et quatre cafés pour redevenir civilisée. J’ai pour règle de vie numéro 1 de ne jamais refuser une invitation à manger du chocolat et quand je mets mon vernis, je foire toujours UN ongle. Et puis après je n’ai plus le temps de le reprendre car j’ai rendez-vous pour boire des mojitos avec mes amis.

Et je vous le dis, le mojito, c’est pas low carb. La dernière fois que je me suis fait une soirée mojito-framboise fraîche, le matin je me suis pesée, et dans la nuit j’avais pris deux kilos.

J’ai soudain été hyper body-conscious moi aussi. J’ai décidé d’arrêter la framboise dans le mojito.

Bref, bravo les filles, c’est ce que je leurs dis, quand je les vois arriver dans leur nuage d’éclatante perfectitude.

Et qu’est ce qu’elles me répondent ?

“What ? How can you say that ?!!! Tu est française ! Fran-çaise ! Bonjouw madeumeizeeele ! Tu es sublime ! Tu as tout ! Tu as ce je-ne-seyy-kwoi ! Ne change rien ! Comment on fait pour être comme toi ?” Pfffff. N’imp’. Et le pire c’est qu’elles y croient !

Ouais, bon, voilà. En plus de ça, elles sont sympa.

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la muse et l’artiste

Ce coup là, je ne m’y attendais pas du tout. Invitée pour la présentation du nouveau make-up artist de Lancôme, j’étais là, tranquille, en train de raconter ma vie comme toujours, quand arrivent Alice et Aaron. Ils ont quelque chose, ça se sent tout de suite. On me les présente.

Aaron c’est donc la nouvelle star du make up. Il me présente Alice, son assistante et sa muse, puis s’intéresse à moi. Pas un mot sur lui. Puis on me l’arrache. J’en profite pour prendre quelques photos d’Alice dont le style, l’humour et l’étrange et vénéneuse beauté me vont droit au coeur. On accroche assez vite, on déconne, on parle de photo, de Stephen Malkmus, notre héros, elle m’étrangle parce que j’ai vu Pavement en concert. Et on parle de New York, où elle vit quand elle ne parcourt pas le monde.

Alice porte un vrai bleu de travail, avec une veste et des bottes Westwood

Mais la conférence commence. En bonne mauvaise élève, j’arrive en retard, je me prépare à m’ennuyer sévère, j’envoie des oeillades à mes copines, limite je fais des avions et du papier mâché.

Puis Aaron commence à parler. Et là, je ne comprends pas ce qui m’arrive. Il m’émeut. Son humour, sa simplicité, son accent hyper bizarre, sa façon de parler de son boulot, de ses débuts, de ses héros, de Rei Kawakubo, de Slimane, de Kate Moss avec qui il bosse.

De ces gens en présence de qui, dit-il, l’existence vibre et les idées s’entrechoquent.

Je commence à l’écouter, bouche bée. Je sens ce truc indescriptible, ce petit souffle précieux qui vous cueille quand vous ne vous y attendez pas. Je sais pas, genre, l’inspiration.

À la fin du truc, j’ai complètement oublié qu’on est là pour parler de rouge à lèvres. Je vais le remercier comme j’aurais remercié Bob Dylan à la fin d’un concert, la fille à peine impressionnée. Je ne raconte plus du tout ma vie. Et je repars, enchantée.

Quelques jours après, je reçois un coup de fil de chez Lancôme. Aaron s’est intéressé à mon boulot. Il est venu faire un tour ici, il a aimé mes dessins. Il aimerait, si je suis d’accord, qu’on travaille ensemble.

Je ne vous parle pas souvent de mon boulot, mais je peux vous dire un truc. Même si on ne fait jamais rien avec Aaron, c’est pour des rencontres comme ça que je bosse. Tout le reste, c’est du bla bla.

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le plus beau reste à faire

J’en ai marre du rouge à lèvres rouge.

Ça m’a frappée il y a quelques jours. Soudain, j’ai trouvé que ça ne m’allait pas du tout, que c’était une galère et que j’allais devoir utiliser mes 375 tubes de rouge pour autre chose que pour me maquiller.

Je ferais peut-être une oeuvre conceptuelle, une sorte de tribute à mon ancien moi glamourisant et un so far so long au rouge à lèvres qui file. Ou bien un calendrier 2008, comme le Vogue dont les filles ont trouvé un bon moyen de recycler le make up qu’elles reçoivent en pagaille.

Je suis donc passée au nude sur les lèvres, et je m’éclate toute seule. J’en ai plein : un beige rosé, presque mat, qui fait la lèvre discrète et sensuelle. Un rose un peu fané, un rouille léger. Je me sens beaucoup plus chic comme ça, tiens.

C’est la vie… J’adore la mode : j’adore par conséquent atomiser ce que j’ai porté aux nues deux jours avant.

C’est pourquoi j’ai soudain une envie folle de maquiller mes yeux, et le Elle d’il y a deux semaines vient de me flanquer (oui, j’ai du décalage MÊME dans la lecture des magazines) une nouvelle obsession. D’autant plus marteau-piqueuresque que je ne sais absolument pas comment avoir ce rendu arachnéo-charbonneux-givré.

Moi d’habitude, j’ai le cil net et brillant (et la truffe humide, oui bon), ultra défini par ces nouvelles brosses plastique qui déposent le minimum du minimum sur les cils.

Je vous l’ai donc scanné et je vous le demande très solennellement. Je vous lance un cri un SOS qui part dans les airs dans l’eau laisse une trace dont les écumes font la beauté.

Alors, au nom de la beauté, comment on fait ça ?

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Ah, et au nom de la mode, quelqu’un connaît-il une bonne couturière entre le Marais, Oberkampf et République ?

paint it black

catherinemcneil.jpg

On commence avec Catherine McNeil à la sortie du défilé Viktor & Rolf, avec des maquillages hyper forts, ici il manque la bouche laquée rouge sang imaginée par la géniale Pat McGrath.

mademoiselle agnes

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Les rayures, c’est vraiment le basique qui dédramatise une tenue. J’adore, toujours et encore.

En passant, dois-je vraiment signaler que les chaussures bleues ci-dessus, des Sonia Rykiel, sont celles qu’une amie bien intentionnée m’a dissuadé d’acheter il y a quelques mois ?
Attendez deux minutes, je reviens, je vais la zigouiller !!!

On finit avec ce look, où ce que j’aime vraiment, ce sont les détails : les collants, les lunettes et la coupe de cheveux. Regardez bien ce petit carré ondulé, à mon avis on a pas fini d’en parler…

blackfur.jpg

Bisou, bonne soirée !

l’affaire des doubles pinceaux

Maquillage, univers plein de farces et d’attrapes. Tu crois avoir atteint un semblant de maturité lipstickesque, et tu te rends compte que non en fait, c’est juste ton rouge qui file. Tu penses que tu lances un regard envoûtant, et on te renvoie que t’as un truc dans l’oeil. Tu crois que t’as la paupière smoky en diable, et on te dit que tu ferais mieux d’arrêter de fumer.

Non, vraiment, c’est pire que le crime du démaquillant express, plein de faux-semblants :

Le mystère du crayon khol : le khol, ça, j’y aurais jamais cru. Truc de hippies, va te faire un tour chez Joan Baez, tu veux une pipe à eau, fais péter les yeux de lapin albinos, etc, je me dis. Sauf que je me fais maquiller par une pro (eh oui, encore, mais quelle vie ébouriffante n’est ce pas ?). Bref donc je me fais maquiller par une pro, qui a l’audace de pénétrer mon intimité oculaire, si je puis me permettre, elle met littéralement son crayon dans mon oeil. Légèrement offusquée, je rebiffe, mais j’aperçois mon reflet dans le miroir. Wow, je dis. J’ai l’oeil plus perçant que Diana la fille qui mange des souris dans V. Raboule le khol tout de suite ou je te croque.

Donc, je khol, khol, et re rekhol à longueur de soirées, hyper heureuse de ma trouvaille.

Sauf que j’ai jamais eu autant de « t’as un truc dans l’oeil » « attends, t’as quelque chose là », de « viens ici que je t’arrange  » etc. Bref. Le khol, ça coule, et ça, ça me saoule.

Mais j’ai mieux :

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all made up and nowhere to go

maquillage mascara

C’est plus possible. Je ne peux plus faire semblant d’ignorer ce truc génial. Le maquillage.

Pas que je ne me maquille jamais. Comme toutes les filles, j’ai mon mascara, ma poudre compacte et ma Touche Éclat. Mais trois petits cours de make-up ont suffit à me prouver que j’étais en train de passer à côté de mon destin de top model.

#1 – Ma soeur me maquille pour aller faire les belles dans les magasins, c’est trop bien :

- J’apprends à poser la Touche Éclat : sur les cernes bien sur. Mais l’arrête et les ailes du nez, les contours des lèvres et le haut des pommettes, vous saviez vous? Elle sculpte mon visage et finit par appliquer généreusement un blush bien rose, sur le haut des joues mais aussi sur le contour du visage. Super frais.
- À mettre du mascara : Et pas que vite fait en passant. Elle m’apprend à aller chercher les cils à la racine, à aller choper même ceux que je ne vois pas dans les coins et à passer aussi par au-dessus, ce qui fait une sacrée différence. Wow.
- À aimer la poudre libre. Parce que la poudre libre, bien appliquée, c’est du velours.

#2 – Une maquilleuse japonaise me prend en main pour une séance photo, c’est trop beau.

- Elle prépare ma peau pendant au moins 1/4 d’heure. Un psschit d’eau japonaise aux huiles essentielles dont l’odeur me met sur orbite avec un léger massage décongestionnant. Ma peau entre en vibration avec le cosmos.
- Puis et elle sort un petit tube. C’est de l’anticernes. Quel nom pas glam’ pour un truc aussi cool! Elle tourne autour de moi pendant une 1/2 heure, juste pour le teint. Elle a quasiment tout fait avec. Je me regarde, j’en reviens pas. J’ai la peau satinée, diaphane. Et croyez-moi, je reviens de loin. Et puis voit encore parfaitement mes tâches de rousseur.
- Une touche de mascara et une autre de gloss, elle s’arrête là. Franchement, je suis sciée tellement c’est beau. Je peux dormir avec?

#3 – Un maquilleur me fait un makeup grand soir avant que je rentre chez moi, pourquoi pas.

- Là c’est autre chose, on est invitées à l’institut Lancôme pour fêter l’égérisation de Kate Winslet. Mon teint a déjà été fait et a eu le temps de se défaire, vu la qualité exceptionnelle de ma peau et mon goût pour les bulles. Il me rafraîchit comme il le peut, c’est à dire qu’il fait exactement la même chose que ma soeur. Sister, t’es trop forte.
- Puis il passe à la phase offensive : Le maquillage des yeux avec une palette de trois couleurs, le genre de trucs que j’utilise même pas en rêve de peur de ressembler à Kimera. Une fois fini, j’ai beau ne pas arrêter de me regarder, je trouve ça entre très beau et très Kimera. Mais faut dire, c’est un make up de soirée.
Je rentre donc chez moi, et j’oublie. C’est en allant me démaquiller que je regarde une dernière fois. Le maquillage a un peu vécu. C’est super beau.
Elle est où la soirée? Hein quoi je suis déjà en pyj? On est lundi? Pffff.

C’est fini les conneries. À partir d’aujourd’hui mon but dans la vie est de kidnapper cette maquilleuse japonaise d’apprendre à me faire un teint de rêve.
Après, promis-juré, j’appelle Elite.

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Garance Doré

J’ai ouvert mon blog en juin 2006. J’étais alors illustratrice, et un peu frustrée par le travail de commandes et notamment par le manque de contact avec les lecteurs des magazines pour lesquels je travaillais. Je voulais faire quelque chose de plus libre, de plus spontané. J’ai commencé par publier quelques dessins, puis très vite ...

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