mère

Loin de tout

5608mina1.jpg

Vendredi : je suis dans une chambre d’hôtel immense, seule et loin. Demain, nous enterrons ma grand-mère. Depuis quelques jours, la vie a pris des couleurs plus vives et plus profondes. Tout est saturé, et pourtant je ne suis pas triste.

Pour la première fois, je marche sur ses terres, celles où elle a tenu à revenir, celles où des gens que je ne connais pas l’aiment aussi. Je les ai rencontrés aujourd’hui. Ils m’ont accueilli avec un thé à la menthe brûlant et des mets que je n’avais jusqu’à lors jamais mangé ailleurs que dans la fraîcheur de sa cuisine.

On ne se comprends pas, je ne parle pas leur langue. Ma mère traduit, et moi, je souris.

La maison est grande et belle. On marche pieds nus sur de grands carrelages colorés. On se réunit dans un petit patio ombragé. Il n’y a qu’à tendre la main pour cueillir des figues et des grenades.

Continuer »

les jolies choses

jessica2.jpg

Londres. J’adore cette façon de nouer le foulard et aussi la chemise fermée jusqu’en haut. Très original.

Je me souviens d’un jour de printemps. Je devais avoir 11 ans, je devais être en 6ème, et je devais en avoir marre que ma mère refuse obstinément de m’acheter toutes les choses qu’il fallait avoir pour « en être ». Je devais avoir protesté plus fort ce jour là, car elle avait finit par me dire : allez, viens, on va te trouver des vêtements.

Le fait qu’on se soit dirigées vers son dressing plutôt que vers la boutique Maximôm qui cristallisait à l’époque tous mes désirs avait dû me mettre la puce à l’oreille, car je me rappelle l’avoir suivie avec cette démarche caractéristique de l’ado en colère : les pieds en dedans, l’oeil baissé, les lèvres serrées.

Je me souviens aussi m’être très rapidement déridée lorsqu’elle a commencé son tour de magie. En l’espace de quelques secondes, sa chambre s’est transformée en un tableau magnifique. Les fringues volaient puis s’amoncellaient sur son lit ou au sol, et certaines atterrissaient miraculeusement sur moi. Telle chemise était nouée pour s’ajuster à mes épaules, telle ceinture faisait des merveilles, tel carré se transformait sous mes yeux en un magnifique top…

dior.jpg

Paris. Plus classique, mais tout simplement adorable avec un foulard Dior.

Je me souviens d’un moment d’une complicité et d’une gaieté incroyables. Je me souviens aussi avoir fini par tout rejeter en bloc, tout à fait consciente que retourner au collège dans ma nouvelle tenue de lumière ne me vaudrait pas grand honneur.

Tout rejeté, sauf le petit foulard en soie qu’elle avait noué sur ma tête d’une manière si artistique que je n’osais plus bouger de peur de briser le charme.

Arrivée au collège, bien entendu, tout le monde s’est moqué de moi.

Mais j’ai tenu bon, et porté dignement mon foulard jusqu’à la fin de cette longue et pénible journée. Les cons !

Je trouvais déjà à l’époque qu’ils n’avaient rien compris, mais je n’étais pas très courageuse. J’ai donc fait comme tout le monde et noué le foulard autour de mon poignet.

Il représentait toutes les jolies choses que m’avait apprises ma mère cet après-midi de mai.

Voilà, les photos de Londres, c’est fini, mais tout ça c’était pour vous dire que je suis bien contente que cette mode revienne. Parce que ce foulard, je l’ai encore.

Foulard, réveille-toi mon vieux, notre revanche est arrivée ! Héhé !

Bonne journée !

—————

Doit-on être sexy ?

yse.jpg
Jupe et ceinture inspirées du défilé FW08 d’Isabel Marant, top inspiré d’un Aleeeeeeeeeeeex (!!!) Wang.

C’est nouveau. Le matin, j’enfile un top, un pantalon ou une jupe, j’ajoute quelques accessoires, et si l’ensemble se présente pas trop mal, je me pose une question :

« Où est le détail sexy ? »

Ce truc là, je vous assure, je ne sais pas d’où ça sort. Je n’avais jamais pensé comme ça. Pour moi, déjà, personne ne nous oblige à être sexy. Je m’en fichais bien de montrer mes jambes, de mettre en valeur telle ou telle partie de mon corps. J’ai même un peu ce truc de défi qui me fait dire : on peut séduire sans ça. On est même pas obligé de vouloir séduire, tiens, voilà.*

Continuer »

bleu comme toi

melodie3.jpg

On est là dans un trip familles je vous aime avec ma mère et son amie M. que je n’ai pas vue depuis 20 ans, à se claquer un petit bordeaux-rillettes au Sauvignon rue des Saint Pères (et oui je vous raconte ma vie, et oui, mais oui). On est donc là à se griser en se disant que c’est absolument incroyable comme on a pas changé, quand en face de nous s’assied Mélodie.

Nous voilà le souffle coupé devant son charme, comme arrêtés en plein vol (ce qui n’est pas si mal quand on sait qu’on en était à notre troisième Saint-Émilion et que ma mère commençait à montrer le contenu de son sac aux jeunes filles de la table à côté) (et je vous raconte pas ce qu’il y avait dans son sac) (un indice se cache dans ce post).

Moi : « pardon, je vais prendre une photo. »

M. : « et en plus elle a l’air terriblement sympa. »

Ma mère : « tu prends cette photo, tu l’envoies à ta soeur (Sacha, 13 ans) (qui a exactement la même chevelure que Mélodie) (sublime) (et bien entendu quotidiennement, consciencieusement et rigoureusement aplatie pour un effet des plus stratifiaires) et tu lui dis qu’elle me jette tout de suite son lisseur céramique. »

Voilà, c’était un message personnel de maman à Sacha et à toutes les filles qui savent pas quoi faire de leurs grands cheveux. Rien à ajouter.

melodie4.jpg

Sinon, il se passe un truc avec les petites robes bleues vintage et les gros colliers non ?

Le pendentif ancre à la Fonfonelle vient d’une boutique du Marais, la marque c’est Culotte. Vous connaissez ?

m2.jpg

D’ailleurs, du coup j’ai foncé dans la première friperie du coin et j’ai acheté des tas de conneries : un chapeau trop petit, une chemise trop grande et une robe à couper pour faire une jupe qui sera géniale. Un jour. Peut-être. Si je ne m’en sers pas comme tablier, avant.

——————-

PS : Vous vous souvenez de mes images de Valentine Fillol-Cordier ? Elles ont été reprises dans le magazine online Dirrty Glam pour illustrer une très chouette interview de l’une de mes it-girls préférées, que je vous surconseille. Dirrty Glam, c’est par ici ! Bisou !