Garance Doré

TAG : musique

L’une des premières personnes que j’ai rencontré à Istanbul, c’est Demet [Tous ces prénoms sont décidément délicieux]. C’est une amie d’amis d’Alisa et Ashley, et fidèle à la tradition d’hospitalité turque, elle nous a invitées à prendre le café chez elle aussitôt qu’on eut posé le pied en Turquie.

J’ai donc pu vu visiter sa maison avant même de la connaître. J’ai tout de suite aimé qu’il y ait des bouquins partout. Comme des tas de petits indices, ils m’ont indiqué que j’allais l’adorer. Voici quelques uns de mes préférés :

Un livre sur Guy Bourdin, l’un de mes photographe préférés du monde de la vie – Bon, ok. Facile.

Un livre sur Romy Schneider, l’une des femmes dont la beauté me touche le plus. Surtout dans le film Les Choses De La Vie. Ah, ah la la.

Tarkovsky. L’un des réalisateurs qui m’a le plus marqué. Au début, ses films m’impressionnaient tellement je n’y comprenais rien, et je trouvais mes copains qui m’en parlaient pendant des heures incroyablement intello-snobs. Ensuite, je les ai adorés à la folie. (Pas mes copains. Les films de Tarkovsky. Mes copains je les adorais déjà. Même légèrement intello-snobs)

Je n’ai pas eu le temps d’ouvrir celui-là. Mais il m’a fait tout de suite penser à l’incroyable univers de Slim Aarons. Commandé, direct.

HOUNDS OF LOVE ! L’une de mes chansons préférées, par l’une de mes chanteuses préférées. Kate Bush, mon amour. Et cette photo, aaaaah, lala.

8 millions de magazines et de mooks, comme chez moi. Comme chez vous aussi je suis sûre.

Des magazines et des livres partout ! Après 5mn chez elle, je savais qu’on n’allait plus se quitter.

Une semaine après, on s’est dit au revoir. On s’était vues chaque jour à Istanbul. Elle vient bientôt à New York, je retourne au plus vite à Istanbul. Elle est passionnante. Ses bouquins n’ont pas menti.

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PS : Merci pour toutes les adresses de blog que vous m’avez envoyé ! Ça va me prendre des heures d’aller tous les regarder, mais je vais essayer… Et j’ai déjà fait quelques belles découvertes !

Arizona Dream

C’était marrant de quitter la grisaille parisienne pour débarquer, environ 20h après, en Arizona. On avait décidé de passer les vacances de Noël là-bas. Et puis il y avait ce projet pour le Glamour Italien. La chaleur du désert serait parfaite pour les tenues légères que le magazine nous avait demandé de mettre en scène.

Scott est venu me chercher à l’aéroport. Il m’a dit « Euh Garance… J’ai loué une voiture… Tu vas voir, ils m’ont donné un engin assez embarrassant ». Mais nooooooon… Je lui ai dit en voyant la navette de l’espace blanche dans laquelle on allait passer la semaine. Puis je l’ai regardé. On a explosé de rire. Dedans, trois énormes valises remplies de fringues très teenager envoyées par le Glamour.

Non, je rigole, c’est pas celle-là. Finalement, je crois que j’aurais préféré !

N’empêche, elle marchait très bien notre spacecar. On a roulé dans le désert en essayant de ne pas terroriser les bobcats et en écoutant de vieux standards américains. Le movie de la highway quoi.

Puis au bout de quelques jours à voir du pays et à boire des frozen margarita jus de fruit frais pressés, on s’est mis au boulot. On voulait que ce soit simple et léger, vu que c’est comme ça qu’on bosse d’habitude. Pas de grosse équipe, un contact direct avec les mannequins et des fringues qui colleraient à leurs personnalités.

C’était l’un de mes premiers castings. Les filles étaient très jeunes et il a très vite fallu qu’on se décide à les diriger pour les aider à dépasser leur timidité. En plus il fallait qu’on speede. On leur parlait, on leur demandait de bouger, puis très vite c’était yes ou no. Je me sentais pousser la frange, version Diable s’habille en Prada. C’est dur la mode !

Il faut s’imaginer, deux secondes, à la place de la toute jeune fille qui comprend tout aussi vite que nous que ça ne va pas le faire… Certaines tremblaient. En revanche d’autres, même très, très jeunes, arrivaient super détendues, et nous faisaient complètement craquer.

Puis on est passés au fitting. Leur faire essayer les fringues, et voir ce qui collerait le mieux. C’est là que j’ai le plus appris. J’avais présélectionné des tenues, j’ai appris que ça ne servait à peu près à rien. Un vêtement c’est fait pour vivre. On a tout recomposé au feeling, décroché des plumes d’un bibelot qui traînait à l’agence pour finir un look, couru chez American Apparel acheter ce qui nous manquait, puisé dans ma valise et dans les garde-robes des mannequins… Et c’est là que je me suis le plus régalée, même si c’était sur un thème imposé, puisque je n’avais pas choisi les vêtements au départ. Voir une tenue prendre vie, rajouter la touche finale, c’est comme réussir une recette de cuisine.

Euh, enfin, je crois. Ça fait quoi de réussir une recette de cuisine ?

Et enfin, le shooting. On a rempli la voiture, mit la musique à fond et allés shooter dans les endroits qu’on avait repérés. Scott faisait des blagues en américain que je comprennais à moitié. Mais j’aimais bien me sentir un peu détachée, avoir les cheveux au vent, regarder le paysage défiler et me laisser bercer par l’incroyable lumière. Et puis c’était marrant cette grande voiture blanche pleine de mannequins hilares. Entre deux réajustements de fringues, je prenais quelques clichés.

Du vrai boulot, épuisant, et un beau souvenir. C’est pour ça qu’en arrivant à l’aéroport à Milan la dernière fois, quand on a ouvert le Glamour et qu’on est tombés sur la série, ça m’a fait super plaisir. En plus, j’y suis créditée comme fashion editor. Ouahaha ! Comme je me la pète !!! Bisou !

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les jeunes pousses

C’est fini depuis longtemps, l’époque où l’on disait que mannequin c’était un métier d’imbécile. Non. Mannequin, c’est un vrai, un dur métier. Être jolie, c’est une toute petite partie du boulot. Au bout d’un moment, un quasi hors-sujet.

Cet hiver, j’ai fait quelques castings. Pour la première fois, et pour mon grand bonheur, en me demandant avec laquelle des filles que j’allais rencontrer j’aimerais bosser.

La plupart d’entre elles passent, on les regarde et on les oublie immédiatement. Et on désespère. C’est que l’équipe qui va habiller, maquiller, coiffer et prendre en photo le modèle a besoin de rêver. Une scéance de photos, c’est un rêve à plusieurs. Et plus on y croit, plus ça va être magique. On regarde donc les filles passer, on leur pose des questions, on essaye de les faire vivre, bouger, raconter.

Une question que je pose à chaque fois : tu as envie de faire des photos ? Là, en un regard, on sait.

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less is more

Vu qu’on est en train de se prendre la vague 90′s en pleine face, avec le grunge, le revival du revival punk, il fallait bien s’attendre à retrouver un truc qu’on avait quasi-oublié, le minimalisme.

Ces années 90, quelle histoire ! Ce sont les années où j’ai vécu mon premier grand amour, eu mon bac, fait mes dernières raves et acheté mon premier tee-shirt Margiela. Le fond de l’air n’était pas très gai, à ce que je me souviens. Nos parents, pétrifiés par la récession, nous courraient après avec des projets d’avenir aussi ébouriffants que trouver un boulot avec des débouchés. Super, pour mes premiers pas dans la vie. Merci.

Vous n’avez pas d’autres options ? Naaan, va faire tes devoirs. Pffff. À la place, je faisais le mur.

C’est en même temps no future et totalement fertile. J’avais aussi peu de recul sur l’époque que je vivais que j’en ai aujourd’hui, mais j’en ai tiré une leçon. N’en faire qu’à ma tête. Ça ne sert à rien de flipper.

N’empêche, je me souviens qu’on ne s’habillait pas très coloré et qu’on aimait bien ça. C’était notre glam à nous, notre esthétique fin de siècle, notre réponse à l’extrême flamboyance des 80′s.

On en a tiré des esthétiques nouvelles, des lignes fortes, des créateurs cultes. Helmut Lang, Martin Margiela, Jil Sander…

Une icône absolue, trop petite et maigrichonne était en train de naître et rendait, en un regard perdu dans le vague, toutes les tops complètement ringuardes. Kate Moss.

De l’underground de la musique froide et répétitive que l’on appelait la techno affleuraient des violons et une voix sublime et si différente qu’elle nous a tous à un moment transpercés, celle de Björk.

On se bleachait beaucoup les cheveux, on déchirait beaucoup nos jeans, on se mettait des diamants sur les yeux (big up Topolino !) on voulait aller à Londres et on aimait le minimalisme.

C’est pas évident de résister en ce moment à la vague de flip qui est en train de s’emparer de nos sociétés. On l’a senti très fort dans la mode, en cette rentrée. On s’est demandées pourquoi on était moins surexcitées par les looks des fashionistas, et Elisabeth m’a suggéré que c’est peut-être tout simplement qu’elles avaient moins fait d’achats cette saison. On a essayé de parler d’autre chose et toujours le sujet revenait. On s’est demandé ce que ça voulait dire, cette déferlante de non-couleurs, ce perceptible ennui, et la seule réponse est venue sous la forme d’une question :

En temps de crise, vaut-il mieux créer des classiques dans lesquels on aura l’impression d’investir, ou des pièces si fortes, qu’elles sont des must-have que l’on cassera sa tirelire pour avoir coûte que coûte ?

Chacun y a répondu à sa façon, et j’ai autant aimé les deux versions. Margiela. Vuitton.

En tout cas, moi, mes 90′s, je les ai aimées parce qu’elle ont été ma jeunesse. Si on m’avait demandé, j’en aurais certainement choisi d’autres, plus folles, plus drôles, mais en fait, je me serais peut-être moins amusée.

Et puis j’en ai gardé un optimisme à toute épreuve, une conviction que quel que soit le contexte on arrête jamais de créer, d’inventer, une résistance à la peur, au cynisme, un truc où je me dis que quelle que soit l’époque dans laquelle on vit, si l’on fait ce en quoi l’on croit, si l’on est libre, et si l’on aime, il ne peut rien nous arriver.

Oui, vous avez raison. Et j’en ai aussi gardé un certain amour des violons. Bonne journée !

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come as you are

Bon alors, c’était comment le show Balmaaaaaaain ? Comment ça vous vous en fichez de Balmain ? Ça va pas bien ? Me dites pas que vous n’avez pas encore votre imprimé zébré, panthéré, ou votre petit bout de glitter ou votre slim raccourci, ou votre sarouel, vos bottes frangées ou… Enfin bon ben tout ça, c’est Zara, c’est Et vous, c’est truc, c’est machin, mais en fait, c’est Christophe Decarnin pour Balmain.

Balmain, ça tombe sous le sens. C’est cette jeune femme un peu wild, hyper sexy à la limite du trash que toutes les filles ont envie d’être en ce moment (même moi des fois, ouais ouais un peu trash, hu hu) et qu’aucune fille vraiment jeune, wild, vraiment sexy et à la limite du trash ne peut se permettre de s’offrir. Enfin, un tee-shirt à 1500€, même avec 1500 sequins, moi je peux pas. Mes copines peuvent pas. Même une copine rédac chef de mode d’un ÉNORME magazine féminin américain (je dis pas son nom, j’ai peur qu’elle m’étrangle demain) peut pas, elle me l’a dit en levant les bras au ciel.

Bon, ok maman, on a compris la leçon, c’est bon. MAIS C’ÉTAIT COMMENT BALMAIN ?

Ben… La salle était vachement belle. La musique, c’était Madonna, qui est l’une de mes idoles, donc, j’étais bien, et je m’étais trouvé un standing (ouais, bon, j’étais debout, quoi) du feu de dieu, coincée entre Marie-Christiane Marek, une autre de mes idoles, symbole au même titre que Madonna de la résitance à… tout, et l’une des colonnes de la salle ou j’avais langoureusement mais fermement pris appui, attendant qu’en face de moi les mannequins déboulent et m’écrasent encore une fois du poids de leur grâce dessinée par Decarnin.

Bravo Garance. Évidemment, comme à tous les coups où l’on calcule trop bien son coup, les filles sont arrivées exactement dans le sens inverse de ce que j’avais imaginé, ce qui fait que j’ai littéralement bouffé mon appareil photo avant d’arriver à grimper sur une enceinte qui ne demandait pas tant d’affection. Marie-Christiane a adoré !

Bon, mais alors, CE SHOW ALORS OH ? Ben c’était Balmain, pas surprenant, mais : du jean, de la sublime veste esprit militaire brodée hyper épaulée, de belles couleurs et des chouettes robes, dont des robes-tutus rock que franchement je voudrais bien, mais (cf paragraphe ci-dessus) BREF.

Du jean. Ouais. Du jean, bleach. Du jean. Bleach. Bleach, jean, du. Non mais parce que quand même des fois il faut dire que quand même non bon mais oh… QU’EST CE QUE JE VOUS AVAIS DIT ? (la fille qui s’excite toute seule à 2h du mat) Ce truc est là, et vous avez beau de pas croire un mot mon histoire de jean javellisé, je vous le dis, l’été prochain, on en aura tous un. Et je vous préviens je ressors les commentaires de ceux qui ont dit ah non moi jamais Garance tu prends la mauvaise pente redescend de ta planète mode là deux secondes s’il te plaît. Héhéhé.

Bref. Il est deux heures du matin, et c’est ce post tout entier qui a pris la mauvaise pente, parce que le truc où je voulais venir avec cette (trop longue) histoire sur le show Balmain et les jeans b.l.e.a.c.h (j’articule, des fois que), c’est que ce qui me frappe en ce moment, plus que les tenues de fashionistas, même s’il y en a de très, très belles que je vais vous montrer très, très vite, c’est ce retour du grunge, limite goth, du noir, d’Alice Dellal (oui enfin bon, du retour d’Alice Dellal qui a 23 ans, elle est pas mal du tout celle-là, enfin vous voyez ce que je veux dire), des tatouages (attention, mais alors, déferlante, les filles chez Kriss Van Assche dimanche étaient couvertes de tatoos, et c’était plutôt méga-beau), des piercings, des bermudas oversize, des coupes de cheveux hyper fortes, des Doc Martens, des bottes de motard, des lunettes-miroir pour jouer à cache-cache (attention, DÉFERLANTE l’été prochain) des tee-shirt complètement troués, déchirés, et des JEANS JAVELLISÉS. BLEACH, QUOI. Bleach.

Alors, prêtes ? Attention, tout ce que vous direz sera retenu contre vous ;-)

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Annabel

Annabel écoute du tango, danse le tango, est une obsédée du tango… Et même quand il n’y a plus de tango, elle continue de danser.

C’est ce que j’ai découvert sur son Facebook. Ah. Et bien cela ne m’étonne pas. La première fois que j’ai pris Annabel en photo, une seconde après j’avais envie de retourner à mes cours de danse. Ce qui m’a particulièrement marqué, c’est son allure. Cette fille a une grâce incroyable. Une façon de se mouvoir, d’être là, tout en discrétion et en intensité.

Annabel, vous l’avez certainement déjà vue en combi chez Géraldine et Scott.

Trois trucs bien précis m’ont marqué chez elle.

D’abord, son style n’appartient qu’à elle. Ce truc tout simple, qui ne sent pas le fric à plein nez, pas bourré de it-trucs, rien de show off.

Bon, à part son incroyable allure, je vous l’accorde. Oui ben du coup, on ne voit qu’elle.

Ensuite, comme beaucoup de filles qui bossent dans la mode (Annabel est rédactrice mode pour A magazine), elle porte très peu de make up. C’est marrant cette disparition progressive du maquillage. Les peaux sont nues, les yeux de moins en moins chargés et pour les lèvres, quand on porte du rouge c’est souvent tellement fort que ça se rapproche de l’accessoire de mode.

Mais le truc qui m’a le plus choquée, chez Annabel, ce n’est pas ça. Non… Non. Ecoutez…

Comme à chaque fois qu’un coup de théâtre arrive dans la vie, tout semblait calme et parfaitement normal : les people se pressaient pour le défilé Proenza, Kanye West portait un sac à dos Vuitton plus grand que lui et on se demandait pourquoi, les fashionistas se retrouvaient et embrassaient l’air, comme il se doit…

Et plaf ! Soudain arrive Annabel avec son tee-shirt noué sur le côté et voilà que wow je flashe.

Je poussé un cri devant tant d’ingéniosité, de créativité, de fantaisie, wow j’ai dit, Melinda, regarde çaaaaa !!! Melinda m’a dit woh woh ça va t’as pas eu ton scone ce matin ou quoi ? Ouais, bon.

Attention c’est peut-être un détail pour vous, mais pour moi ça veut dire beaucoup :

C’est simple, le lendemain j’ai fait un noeud à mon tee-shirt Gap trop grand. Of course, je suis prête à parier que sur moi on se demandait juste si j’avais pas planté mes essais de tye & die mais j’étais toute contente, toute seule. C’était bien.

Avec mon scone et mon noeud, comme ça de bon matin, tranquille.

Enfin voilà. J’arrête de raconter n’importe quoi, et je résume : Annabel, c’est de la balle.

Si en plus je vous dis que c’est un amour vous allez me dire que je dis tout le temps ça…

Et je confirme. Je dis tout le temps ça.

C’est parce que je tombe amoureuse de presque tous les gens que je prends en photo.

Conclusion, c’est élémentaire : ce blog n’est qu’amour.

Mouah ! Bisou !

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a day in the life

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Kazu Makino porte une robe Mayle et des tas de bijoux Isabel Marant.

Je suis tombée amoureuse de la voix haut perchée de Kazu au premier instant. J’ai écouté Blonde Redhead longtemps sans les avoir jamais vus. Autant vous dire que mon premier concert a été un choc. L’euphorie.

Blonde Redhead, pour ceux qui ne connaissent pas, ce sont les new yorkais Kazu + Amedeo et Simone, deux jumeaux à l’accent italien outrageusement sexy. Sur scène, le triangle est magnétique.

L’euphorie a été renouvelée le souvent possible. Et quand j’ai su qu’ils seraient à Paris jeudi dernier, j’ai poussé, comme à chaque fois, un cri de joie.

Je me suis aussi dit que j’aimerais bien les prendre en photo.

Pour tout vous dire, je les connais un peu. J’ai organisé plusieurs de leur concerts à l’époque où je faisais ça et puis surtout, mon amie Maëlle est très proche de Kazu. Ça aide.

Voilà comment je me suis retrouvée à déjeuner, jeudi, avec mon idole. Bon, mon idole est très cool hein. Et puis elle est comme moi. Elle aime les crêpes, les mojitos, la mode, elle veut se marier avec Isabel Marant, a des amours « it’s complicated » et adore parler pour ne rien dire. Fastoche.

On est donc allées faire un tour chez Isabel. Kazu a une manière étrange de shopper : chez Isabel Marant, elle file au rayon enfant, regarde ce qui lui plaît en modèle réduit, puis demande sa taille.

« En miniature, je saisis mieux l’essence du vêtement ».

Puis on a foncé au Bataclan pour les balances. Elle a enfilé sa robe de scène, on est allées dehors et on a pris quelques photos. C’est son amie Jane Mayle qui fait ses tenues de scène.

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Boots et robe, Mayle.

« Je récupère les robes qui ont des défauts, on les ajuste sur moi et c’est cool »

« Jane est marrante, elle rajoute toujours des crazy stuff qui ne servent à rien » me dit-elle en tirant sur les deux fils d’ors qui pendent de la robe et en faisant une grimace genre : « je sers à rien ».

« Jane te ressemble beaucoup ». J’avais pas saisi l’ampleur du compliment avant de googliser Jane Mayle et de trouver ça. Hum, mais bien sûr.

Puis on est rentrées dans la salle. C’était l’heure des balances.

Les jumeaux étaient là, toujours aussi chics, toujours aussi détachés. Toujours aussi fascinants.

J’ai eu l’impression de perdre 20 centimètres, soudain, tellement j’étais impressionnée. Heureusement, j’avais prévu le coup : j’avais mes talons. Ça me fait toujours ça en présence de Simone, le batteur. Je crois que je l’aime.

Je les ai laissés travailler.

+++

Quelques heures après, on dansait, Maëlle et moi, complètement happées par la musique. Quand soudain on entend nos prénoms au micro. Kazu était en train de nous faire la plus douce, la plus personnalisée des dédicaces. Pffff l’émotion…

Je me suis retournée pour voir si tout le monde avait bien compris que c’était de moi qu’il s’agissait, mais il m’a semblé que non. J’ai donc hurlé « Thank YOUUUU » !!! Épuisant ainsi mon capital ridicule pour les 10 ans à venir. Quand je vous dis que je suis grave.

Après le concert, on est allées backstage. Kazu m’avait dit « party tonight ! ».

On est effectivement arrivées dans des loges surbondées, avec tous les gens qu’elle avait invités sur son chemin : des amis, deux dames complètement dingues du groupe qui consacrent leurs vies à les suivre en tournée, une vendeuse de chez Isabel, le mec qui nous avait fait des crêpes etc.

Et Simone faisait le service. C’était vraiment chouette. J’ai pris un verre de champagne et je lui ai demandé de venir faire des photos.

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Simone Pace en marinière sur la scène après le concert.

Il a accepté avec un grand sourire. On a fait quelques clichés, puis son frère est passé par là. Ils sont si candides face à l’objectif, c’est incroyable. Le sourire toujours au coin des lèvres, la douceur et la gentillesse qui se dégage de ces types est irrésistible et complètement intimidante.

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Amedeo harmonise ses accessoires avec le gaffer au sol.

Bref. Le Bataclan fermait ses portes, nous sommes partis boire des verres et raconter des conneries dans un petit bar un peu plus loin. J’ai bu un mojito, ça m’a suffit pour être bourrée, complètement détendue et hilare.

Honnêtement, dans toute ma fanitude assumée, après ce moment précieux, je me dis qu’il est parfois bon de rencontrer les gens qu’on admire.

Les Blonde Redhead sont aussi beaux, aussi rock, et aussi romantiques que leur musique. Jeudi dernier, ils ont volé mon coeur.

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boys about town

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Tenue inspirée de mes contemplations vespérales et aussi du défilé homme Kris Van Assche FW 08.

Samedi, c’était la Mean Girls Stay Home Alone au Point Éphémère. Samedi, donc :

20h00 : Splash ! Mon fond de teint minéral va s’écraser sur le sol de ma salle de bain. On frappe à ma porte et mon téléphone sonne. Matt arrive et Alex est en retard. Ce sont mes deux amis musiciens, ils vont nous aider. Sonic Youth hurle dans mes enceintes, le son est ultra saturé, va falloir que je m’achète du meilleur matos.

Maintenant que je suis DJ.

21h00 : On est au complet. Géraldine se fait les lèvres, je me poudre à même le sol, à la guerre comme à la guerre. Matt finit de graver nos cd. J’enfile mes talons, j’attrape mon Canon, on est parés. Alex regarde la bouteille de champagne à moitié pleine avec une pointe de regret. Après une fraction de seconde de réflexion, il la finit d’un trait.

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Garance Doré

J’ai ouvert mon blog en juin 2006. J’étais alors illustratrice, et un peu frustrée par le travail de commandes et notamment par le manque de contact avec les lecteurs des magazines pour lesquels je travaillais. Je voulais faire quelque chose de plus libre, de plus spontané. J’ai commencé par publier quelques dessins, puis très vite ...

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