New York Fashion week 09/08

La vie devant soi

Oh la la. On part déjà demain. Ce qui pour vous est aujourd’hui et qui fait qu’on sera de retour après-demain. C’était court, un éclair, presque rien, mais c’était vraiment trop bien.

Il me reste des tas de photos à partager, des tas d’instants à vous raconter, des filles aux styles incroyables à vous présenter mais à l’heure où je vous écris mon blog a disparu de la surface d’internet et j’avoue, en ce moment, il est peut-être 4h49 en France, mais à New York une internet addict en chemise à carreaux sur son grand lit se fait une crise d’overclicking foudroyante. Oui bon, baaaah… Que voulez-vous… C’est la vie !

Je n’ai rien acheté, visité aucun musée, je n’ai suivi aucun guide, et pourtant je me suis régalée. Régalée, c’est le mot tiens. Je vous le dis tout net. Un pays où les cookies sont aussi transcendentalement fondants, m’étonne pas qu’il y ait des salles de sport à tous les coins de rue : j’attends de retrouver ma balance éléctronique, la Laurence Boccolini des creamy écarts, la big brother is watching your carbs de la salle de bains avec une impatience coupable.

Non parce que le sujet du jour, ça pourrait bien être ces petites jupes de majorette que toutes les filles ici semblent s’être donné le mot pour porter avec grâce, attitude et élégance.

Ça pourrait aussi être le nombre de jambes sublimes que j’ai croisées, mais j’en ai déjà parlé hier et je ne voudrais pas du tout avoir l’air de faire une obsession, c’est pas mon genre de rabâcher un sujet. Mais voyons, non. Vous me connaissez.

Vanessa Traina juste habillée pour aller faire son shopping chez Balenciaga. Qu’est ce qu’on disait hier déjà ?

Ça pourrait être ces tailles hautes qui reviennent fort et qui vont nous donner envie de faire des abdos, parce que l’été prochain, croyez moi, croyez Rumi (et oui, bien sûr qu’on s’est vues, et j’ai hâte de vous raconter ça !), croyez Alexander, on a toutes le ventre à l’air. Sauf moi, rapport aux cookies & à la cream.

Mais non. Le sujet du jour c’est d’abord et avant tout merci d’avoir partagé tout ça avec moi, avec nous. C’est aussi l’envie de vous dire que la mode à New York a tenu ses promesses. Rien à voir avec l’iridescente magie de Paris, mais l’inspiration, l’énergie et la modernité sont là, et plus que jamais.

Alors je vous embrasse, je file croquer mes dernières heures de big apple, et je vous dis have a good day and stay tuned, qui sait ce que nous réservent les jours à venir ?

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work hard, play hard

Mais comment font ces filles pour être au top de tout ? Je veux dire, ok. On a pas le même lifestyle. Moi, je pars le matin avec mon appareil de 345 kilos sur le dos, et des tas de trucs, des téléphones, du maquillage que je n’utiliserais jamais, un pull dans le sac en cas de blizzard inopiné, un parapluie, un maillot si je veux me baigner, et je ne rentre pas avant la nuit noire.

Autant vous dire qu’arrivé 15h, je n’en mène déjà plus très large. J’ai les jambes en compote, les cheveux plats et les traits tirés. 17h, je me sens aussi chic qu’Amy Winehouse, 18h, je suis Courtney Love, 19h, tu me présente quelqu’un, je te mets une droite.

Non parce que les new yorkaises, et plus particulièrement les filles de la mode… Remarque, même les new yorkaises next door, enfin, toutes ces filles qui ne sont pas moi ont toujours un air frais et dispos sur leur talons et peuvent se remettre du mascara en se regardant dans leur ongles tellement ils sont shiny. Mais, suis-je bête. Elles n’ont pas besoin de remettre du mascara. Ici, on ne coule pas, les gars.

Je suis sûre que leurs poils sont tellement obéissants qu’ils s’excusent de pousser, tiens. Pardon ! On est désolés, on a pas fait exprès ! Bzzzzuuuiiiit : ta gueule le poil. Rétrolaser.

Tu l’as bien mérité.

Leur peau ? Vous êtes sûres que vous voulez qu’on parle de leur peau où on s’immole par le carrot cake une bonne fois pour toutes et l’on parle de leurs corps ? Comme vous voulez, mais préparez-vous à plus du tout avoir envie de venir à New York. Oh, ça va, la Beckham. On sait que tu lis. Je ne parle pas de ton physique de Goldorak azimuté. Je parle de ces grands corps en pleine santé que l’on voit passer dans la rue, et que l’on aperçoit dans les multiples salles de sport, de danse, de pilates, de yoga, de saut en hauteur, de trapèze, de lutte gréco-romaine et de tout ce que tu veux, quoi.

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american life

Ça y est. Je suis ici chez moi. Je me lève, je prends une douche, et je sors attraper mon petit dèj, vu que j’ai fini d’exploser les macarons depuis longtemps. Je dis hello how are you à mes voisins dans l’ascenceur, mon doorman me dit have a great day et je remonte la fifth avenue pour attraper l’un des meilleurs scones de l’univers avec un café.

J’emporte tout ça et on part pour les défilés.

Vous ne pouvez pas savoir ce que je ressens, quand je suis là à marcher au milieu de ces buildings géants qui réverbèrent le soleil et donnent à la ville cette lumière si particulière. La verticalité, au lieu de m’étouffer, me donne l’impression d’être au coeur d’un organisme vivant intensément. L’élastique chorégraphie des habitants, speed et détendue à la fois, le choc des couleurs, des odeurs et la bande son, si familière avec ses sirènes, ses travaux et sa langue ondulante et déliée me transporte.

Géraldine et moi, on est tellement à bout de souffle qu’on arrête pas de se marrer. On ne sait plus quel jour on est, quelle heure il est. On parle un franglais complètement délirant et on arrête pas de s’extasier.

Ce qui est étrange et génial c’est d’aborder la ville par la diagonale : on est pas là en touristes. Nos journées sont très chargées. New York est la toile de fond, mais c’est la mode qui nous a amenées ici. Et la mode, c’est international. Partout où tu vas, tu retrouves des visages connus et tu parles le même langage.

Ainsi chaque moment volé à la fashion week est larger than life : un café dans un dinner, un mojito plus grand que nous, deux mojitos plus grands que nous, trois mojitos plus grands que… Bah ! Il est temps d’aller au show Marc Jacobs.

Le show Marc Jacobs, c’est un peu le temps fort de la fashion week. On lève le bras, on saute dans un taxi, mortes de rire pour une raison certainement aussi obscure que le fait qu’après trois jours ici, on ait toujours pas trouvé de supermarché, et on lance l’adresse à la volée comme les vraies new yorkaises qu’on s’imagine être devenues.

Sauf que ça retombe à plat de chez plat. Le chauffeur ne comprend pas.

On nous avait dit : attention, Marc Jacobs, c’est pile à l’heure les filles.

Mais le chauffeur ne comprend pas. On l’insulte en français parce qu’on est courageuses mais faut pas pousser. On saute dans un autre taxi, hyper pauvre filles friendly pour le coup, et il nous dépose à bon port une seconde douze avant le show.

Le show : c’est le mot. On a l’impression d’arriver à un concert de Madonna. Les flash crépitent, l’ambiance est électrique et les videurs, extrêmement polis mais fermes comme la cuisse de la Ciccone nous ordonnent en hurlant de nous bouger si l’on veut rentrer. On s’élance dans le noir, on se perd avec Géraldine et je finis ma course comme un chat pris dans des phares debout à deux centimètres du catwalk. Trop tard pour aller m’asseoir, mais j’entends le mur de photographes m’insulter parce que je bouche la vue. J’atterris sur les genoux, devant le premier rang, à vrai dire entre les genoux de Sarah, l’illustre Sarah de chez Colette.

Puis la musique commence et les filles graciles s’avancent avec leur démarche fragile. Marc Jacobs a le chic pour imaginer des talons à rebours de toute logique. Mon coeur malmené par la course éclair s’apaise à l’écoute de la musique. Puis il s’intéresse aux mélanges miroitants, aux couleurs riches et à l’atmosphère du défilé. Puis il s’attendrit. Puis il se réjouit.

Je ressens un vif pincement dans ma poitrine. Une émotion piquante me parcours. Je la reconnais. C’est celle de ces moments insaisissables, microscopiques et eurythmiques, ces tous petits instants de bonheur parfait.

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always the sun

Avant toutes choses, désolée pour mes promesses de post d’hier, je suis paumée dans mon jet lag je n’avais pas percuté que si je voulais faire ça il fallait que je sois à la maison à, euuuuuh bon vous voyez ce que je veux dire, je suis hyper bourrée à la bourre dans mes posts, sorry.

Samedi, très tôt le matin. À moitié réveillée, je me fais un café noir comme la nuit que je contemple par la fenêtre. J’ai presque envie de sortir me promener, tiens. Mais je préfère rester là et m’imaginer que je suis chez moi, que ces grandes baies vitrées, que ces murs de briques rouge que je distingue dehors et que ce doorman que j’ai salué un peu plus tôt sont ma vie de tous les jours. Ça me plaît vachement, mais j’ai quand même encore vachement faim.

Je me fais un petit dèj Ladurée, c’est sucré, je suis Marie Antoinette dans Lost in Translation.

Aujourd’hui, un déluge est prévu, mais on y croit moyen. Certes, les cieux sont humides, mais un déluge, enfin voyons, les gars. On part tranquilles à nos premiers défilés, et là on se rend compte de ce que ça veut dire quand on parle de la cool attitude des new yorkais.

La conversation s’engage en deux minutes, personne, même les fashionistas les plus hardcore, ne se prend au sérieux. C’est hyper rafraîchissant. Avec Géraldine, on pense à Paris. On aurait beaucoup à apprendre. Les parisiens nous semblent soudain vachement coincés.

Puis on se cale dans un petit resto, et là, soudain, out of the blue, scratch !!! Le ciel nous tombe sur la tête. Des trombes d’eau, les trottoirs se transforment en torrents, on a l’impression que la pluie vient du sol, du ciel, de côté, on est trempées, et il est temps d’aller au show Alexander Wang.

On finit par y arriver, limite à la nage, mais impossible de prendre des photos. Je me fraie un passage backstage, et là j’ai l’impression d’être dans une rave party. J’ai jamais vu des backstage comme ça, on peut pas faire un pas, les gens sont imbriqués les uns dans les autres, seul un bras émerge, c’est le Cobrasnake qui shoote à l’aveugle.

Mais comment ils font pour bosser ? Alexander est là, mort de rire. Un ami me présente à sa meilleure copine (il en a environ 5640.) Il dit  » Garance loves Alexander » elle répond « Everybody loves Alexander !!! ». Connasse. Mais elle a raison : tout le monde veut être la meilleure copine d’Alexander.

Bref. Le show, tout ça ? C’est électrique. Je regarde en pleurant comme dans un dessin animé japonais (rapport à la pluie torrentielle qui m’empêche de prendre des photos) les filles les plus cool de la planète arriver sapées comme des princesses grunge. Erin Wasson est magnétique, Alice Dellal est féline, Anja Rubik est tellurique, et Anna Wintour est… Anna Wintour.

Je croise Rumi qui est une star, on se tombe dans les bras juste parce qu’on s’aime de blog, ce qui est un nouveau concept assez fameux : je la revois mercredi.

Puis les défilés s’enchaînent. Je me sens de mieux en mieux à NY, comme un poisson dans l’eau. Ahah.

Les gens viennent me dire I like your style, ce qui mérite un post tout entier vu comment je me sens hobo face à la méticuleuse précision du look des américaines. J’ai de nouveaux amis à la pelle, ça m’interpelle, Cole Mohr essaie de me rouler des pelles, mais je crois qu’il n’a pas d’appart en ce moment, alors que moi, oui, ceci expliquerait certainement cela. Mais c’est pas sûr, en même temps.

Ce soir il y a l’Alexander Wang Party, et là vous allez être très déçus les gars.

On a préféré aller se claquer un burger dans un dinner de Madison Square. Énorme le burger. Avec une pina colada à faire trembler Beth Ditto.

Ben vous savez quoi ? C’était absolument mythique.

Bon… Je reviens… dès que je peux (genre la fille qui ne fait plus AUCUNE promesse). Avec autre chose que du jean et des shorts tiens d’ailleurs. De la fashion, de la vraie, des robes, des talons, des imprimés étranges, des gens bizarres !!! Et puis il faut fêter le retour du soleil !!! Il ne pleut plus depuis longtemps ! Il fait chaud, c’est l’été, c’est tee-shirt mouillé ! Mais là je m’endors sur mon ordi… Et c’est pas beau à voir… Vive NY, vive Marc Jacobs, vive l’été héhéhé ! Bisou !

new york new rock

Non, vous ne rêvez pas, le bag pack is back.

Vous savez ce que c’est. À peine posé un pied à JFK, on est dans un film. Le taxi est jaune, le chauffeur est plus cool que vous, on traverse des ponts immenses en ayant le souffle coupé mais on fait comme si de rien n’était. On est dans un film. Spiderman pourrait passer par là on ne serait pas impressionné une seconde.

Une fois récupérées les clés de mon très chouette appart de la 5th avenue, j’ai ouvert ma valise. Fallait que je me change. La chaleur ici est moite et vous attrappe par bouffées, c’est concours de tee-shirt mouillé toute la journée. Le jour d’avant, j’avais été si débordée que je n’avais pas eu une seconde pour acheter un petit cadeau à mes hôtes. C’est en passant devant chez Ladurée que j’avais eu la géniale idée d’attraper une sélection, hyper sûre de l’effet frenchie chic que ça allait avoir sur James et Deborah.

J’ouvre ma valise, et bien entendu, ma boîte de macarons ressemble à une toile de Jackson Pollock, en plus trashy-tasty.

Je me moque de ma stupidité so frenchie chic et je mets l’oeuvre d’art in progress dans l’immense fridge, qui est aussi vide que ma valise est pleine, la Sibérie quoi.

Puis, je retrouve Géraldine. On va se balader.

Je vous présente l’une de mes icônes de style, Kate Lanphear, du Elle américain.

Pardon, on va marcher jusqu’à ce que mort des shoes s’ensuive. On veut palper l’ambiance. Et bien les amis, rien de plus palpable. Du bruit, de la foule, des sirènes, c’est le déluge (et ceci n’est rien par rapport au déluge -un vrai, celui-là, que nous allons vivre bientôt). On décide d’aller se claquer un bagel au soleil dans le Meatpacking disctrict…

On s’assied à une terrasse et on observe. Ici les filles sont les reines du casual. Je les trouve vachement jolies, dis donc, c’est fou, mais t’as vu ça ?! Géraldine me dit qu’ici les filles sont hyper body conscious. Elles prennent soin d’elles. C’est sûr que du coup, leurs dégaines, plutôt relax, prennent tout de suite un côté hypra classe et sans effort. Et la mode ici c’est définitivement la fille rock trash à la Alexander Wang. Les shorts sont hyper courts, les jeans, élimés, les vestes, cloutées… Et, oh my god ! Elles réussissent ça très très bien. Hâte de voir le défilé demain.

On continue à mater. Des mecs passent en skate. Des ouvriers portent des barres de métal. Des policemen boivent leur café dans la rue. Natasha Poly passe avec quelqu’un qui doit être sa maman. Le serveur me dit que je n’ai pas le droit de fumer sur sa terrasse mais que comme il ne m’a pas vu tout va bien. Il me fait un grand sourire. Wow.

Wow. New York est vraiment le centre du monde du cool.

Le short est le costume national. Venez on parle pas des boots.

Le soir, c’est l’apéro chez Colette qui a ouvert un mini-corner éphémère chez Gap. J’ai fait un petit boulot d’illustration pour cette occasion, je vous en reparlerai. Je le découvre sur place. Pfiou, je suis fière comme un pou. On bavarde en buvant du champagne. Il est 8h et j’ai l’impression d’avoir 786 ans. Je n’ai pas dormi la nuit d’avant, je n’ai pas dormi dans l’avion, je n’ai pas dormi dans le taxi et maintenant, et bien je dors debout.

Je chope un taxi et je rentre. Je me rends compte en arrivant que j’ai oublié de manger. J’ouvre le super big fridge qui est tout aussi vide que le matin même. J’ai un peu envie de pleurer tiens. Je dois être fatiguée et vu que la chose la plus importante de ma vie c’est de manger, j’ai matière à faire un nervous breakdown foudroyant. Mais à travers mes larmes, je vois un arc en ciel multicolore.

Par Pierre Hermé, les macarons Ladurée !

Bon, regardons les choses en face. Ils sont inoffrables, essayons d’en faire bon usage.

Je me fais une micro sélection :

entrée : fricassée de macaron menthe verte

plat de résistance : ratatouille aux deux macarons

dessert : miracle de macaron à la rose, le seul rescapé à eu près en forme de ce trip transatlantique.

Et puis après, straight to the point. The king size bed. Yeaaaaaaah.

9pm, plaf ! Game over.

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La suite, l’ouragan, Alexander Wang, tout ça, ça vous dit que je vous raconte tout à l’heure ? Allez, je reviens en fin d’aprèm. Gros bisou !