Garance Doré

TAG : rockn-roll

Crazy about London !

Ta daaaaa ! Nous voici à Londres, enfermés dans un taxi à regarder les pounds s’accumuler. Entre un blocage géant de la ville hier et une course de vélos intraversable aujourd’hui, c’est une galère sans nom pour aller d’un défilé à l’autre.

Mais rien de grave. Parce que l’atmosphère ici est tellement chouette, tellement gaie, tellement rafraîchissante que tout passe, même une averse entre deux rayons de soleil.

La fashion week new yorkaise a été un peu tiède. Une peu trop polie, un peu trop sage, un peu trop parfaitement manucurée. Alors finalement, arriver à Londres et y trouver une petite pointe de folie, de mauvais goût, de fausse fourrure, de cheveux crêpés, de vernis écaillé et sex wear, ça fait beaucoup de bien.

Sex wear ? Mais qu’est ce que tu raconte Garance ?

Je sais pas, je viens de l’inventer. Quand j’ai demandé à la jeune fille ci-dessus (j’ai un problème de mémoire, en ce moment j’oublie tous les prénoms, vous croyez qu’il faut que je me remette aux sushis ?), quand je lui ai demandé où elle avait trouvé cette robe, elle m’a répondu : « Soho Sex Shop ! »

Moi : « Oh ça va. Arrête de te moquer de moi. »

Elle : « Ok. Mark Fast. »

Moi : « Ah, voilà ! »

Elle : « Mais non, puisque je te dis : Soho Sex Shop ! Promis ! »

Bon, bah je sais pas. Peut-être que je vais aller y faire un tour demain ? Si je reviens avec un rabbit ce sera de la faute à Mark Fast, hein ?

Sex, fun & rock’n roll. Smile, sex and sun. La mode sexy, très body conscious du moment nous fait faire des trucs bizarres. Soho Sex Shops, me remerciez pas : c’est gratuit ! Et en plus, fait avec le sourire.

No ordinary men

Un jour, j’ai reçu un coup de fil de Marie-Pierre Lannelongue. Elle voulait qu’on se rencontre, elle avait envie qu’on fasse un truc ensemble. Marie-Pierre s’occupe de la mode au Nouvel Obs.

Quelque jours après, on se retrouve avec Marie-Pierre, Karel et Isis, de la géniale agence de design graphique Fovéa. Et quand je dis géniale, je déconne pas. J’adore ce qu’ils font. Ils s’occupent notamment de Milk, le mag pour enfants qui a filé un coup de vieux direct à tout ce qui se faisait dans ce domaine. Et ils s’occupent aussi de l’Obstyles, l’hyperchic supplément Mode du Nouvel Observateur.

On décide d’aller manger des sushis en se demandant bien ce qu’on va pouvoir faire ensemble.

Romain Brau est designer, pour en savoir plus sur lui, c’est par ici.

Une heure plus tard, deux cent cinquante idées ont volé au-dessus de nos bentos.

Et notamment un moment surréaliste ou je me suis entendu dire :

« Et en prod, t’as besoin de quoi ?

Niveau matos ? Tu veux combien d’assistants ? Et pour le styliste ? »

« Holly shit ! » s’est exclamé un sashimi qui s’est mis à gigoter au bout de mes baguettes. « Ta gueule », je lui ai ordonné en un grondement.

Sauf qu’un truc est venu se mettre en travers de mon destin tout tracé dans les pas de Bruce Weber.

Le timing. La fashion week new yorkaise allait s’abattre sur moi dans quelques jours, avec ensuite l’enchaînement Londres et Paris. Un mois quasi-complet.

Keegan Singh est styliste, pour voir son portfolio, c’est par ici.

Du coup, on s’est dit qu’on allait la jouer nature, et mon sashimi est retourné jouer avec ses copains iodés. J’allais faire comme d’habitude, est profiter des fashions weeks pour ramener des photos sur le thème rock que le mag allait mettre en avant.

J’ai donc commencé à courir après des hommes comme je l’avait jamais fait. Moi, d’habitude, niveau hommes, j’attends qu’on vienne me chercher. Enfin sauf des fois. Parce que des fois je prends les choses en main et alors là… Mais bref.

Là, je les croisais, je leur demandais de poser pour moi, et s’ils ne pouvaient pas, je leur arrachai leur numéro de téléphone. Et je les rappelais ! « Yes, it’s Garance ! »

« Comment ça who is Garance ? »

J’ai appris plein de nouvelles techniques d’approche. Notamment pour Matthew ci-dessous, qui faisait la musique au défilé Gareth Pugh, que j’ai vu dans le défilé, que je n’ai pas pu approcher et pour qui j’ai dû soudoyer quatre vigiles pour ne pas le laisser s’échapper.

Matthew fait trop plein de choses, pour essayer de comprendre c’est par ici.

Et donc voilà, l’Obstyles est en kiosque (en supplément au Nouvel Obs) jusqu’à mercredi, comme d’habitude, il est super beau, et dedans, il y a plein de gens que j’adore mais notamment Karim Sadli qui fait souvent les pages « En Vogue » du Vogue, et au beau milieu de tout ça, quatre pages avec mes photos, dont je vous présente une micro-sélection ici. Holly shit !

Voilà pour aujourd’hui ! Moi et mon sashimi, mes amis les vigiles et toutes mes nouvelles conquêtes, nous vous saluont !

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Juste une dernière. Après j’arrête

Sur le bleach. Non parce que je ne pouvais pas vous laisser comme ça.

Ce n’est pas parce que je suis sur le point de retourner à Londres, et comme de bien entendu de faire un crochet par Topshop que je vous rabat les oreilles avec ça. Pas du tout.

C’est que la dernière fois, nous avions quelques problèmes à nous entendre sur le terme « bleach jeans ».

Bon, j’avoue. C’est surtout que je vous avais raconté n’importe quoi, étant donné que je ne vérifie absolument jamais mes informations.

Moi, ce que j’avais en tête, à part mon jean Topshop, c’était ce truc totally trugly que j’adore, ce truc délavé à la javel (bleach = javel, j’apprends vite). Et pas du tout le jean neige que je vous avais montré, que j’adore surtout sur les autres, hypocrite que je suis.

C’est Siv Tone qui a commencé. Siv Tone, hum… Comment résumer.

Siv Tone est une copine géniale, qui designe de super fringues pour enfants, a un style dément et un appart carrément énervant, et que j’ai pris en photo pour le WAD cet été.

Dans sa bleachitude hyper assumée avant tout le monde.

Siv Tone a un style street rock que j’adore, et elle est une super early adopter du bleach jean. Peut-être que si je ne l’avais pas vu en premier sur elle, j’aurais pas autant flashé.

Mais après, j’en ai croisé plein des filles hyper classes avec leur bleach, dont ma chère Gloria.

Voilà. Rien à ajouter, c’est ma touche total rock mauvais goût de l’année, après on repasse aux imprimés fleuris (non, je déconne, ça va pas ? Même Dries est passé à autre chose ! Pfiou !).

Je vous tiens au courant pour le bleach jean TopShop (oui, je suis encore en train de répandre des fausses rumeurs, chez TopShop, ils appellent mon jean un jean un exposed, une sous-détermination du bleach si j’ai bien compris. Je suis définitivement à la traîne fashion vocabulairement parlant).

Ah si, un truc à ajouter ! Depuis que je radote avec mes bleach trucs, toutes mes copines me demandent comment on fait pour bleacher ses jeans soi-même.

Alors, je ne vais parler que pour moi, mais à chaque fois que j’ai essayé de bleacher quoi que ce soit, même accidentellement, en récurant accidentellement ma baignoire par exemple (les seules fois où ça m’arrive, c’est accidentel) ça a juste fait d’immondes trous à l’odeur de bonnet de bain utra-persistante.

Mais quand vous voulez, on se fait un atelier. Bonne journée !

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Kate

Kate. Je ne vais pas vous dire grand chose sur Kate.

Juste, pour la petite histoire, que Kate Lanphear c’est la fashion editor du Elle américain, et que j’adore son style. Et je ne suis pas la seule, vous vous en doutez.

Je vous parle très souvent d’elle, tout simplement parce que sa dégaine, aussi tranchante qu’une lame, me rend proprement hystérique. Et que son côté rock et rebelle est totalement en contraste avec son humour et sa douceur. Cette fille passe son temps à se marrer.

Sauf sur les photos, mais j’adore ce côté rugueux, ça lui va bien.

Je suis fan peut-être aussi parce qu’on a deux trois trucs en commun. Un amour irrésolu pour les gris, un peu de bleu pour changer, des tas de tee-shirts en coton blanc, gris et marine comme fond de garde-robe, et une obsession du pantalon.

Sinon, j’ai moi aussi une géniale ceinture cloutée.

Huuuuum… bon. Voilà. C’est tout pour la comparaison.

Il y a cette manière d’être toujours et jamais la même, cette façon d’utiliser les accessoires, à chaque fois de se démerder pour glisser des chaînes, du clouté, une ceinture métallisée… Et invariablement, de porter des talons incroyables.

De ne jamais se maquiller.

Mais Kate, c’est surtout une attitude et, mon dieu, une coupe de cheveux ! Sa mèche warholienne, c’est carrément sa signature, et ça fait déjà quelque années qu’elle les porte comme ça. Bien avant la mode, quoi.

Et comme vous en parlais hier, j’y crois de plus en plus : une bonne base pour trouver son style, c’est choisir ses couleurs, sa ligne, et surtout, de s’offrir une super coupe de cheveux.

Voilà. Perso, je suis tout simplement sans voix, et le fait de la rencontrer n’a rien changé à ça.

Kate Lanphear, elle déchire.

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Fake Can Be Just As Good

concert blonde redhead

Mercredi dernier, concert de Blonde Redhead à L’Élysée Montmatre. Je suis hystérique.

Je monte la rue des Martyrs, trop classe folk avec ma petite robe et mes bottes. Je me contemple dans les vitrines (ce qui fait toujours hurler de rire mon chéri, mais là je suis toute seule, je fais ce que je veux) j’ai envie de de me Sartorialiser moi-même.

J’arrive bd de Rochechouart, où je retrouve ma copine C. qui souhaite rester anonyme et ne quitte plus ses immenses lunettes depuis qu’elle a monté les marches du festival de Cannes avec Don Johnson. (Qui ça? Don Johnson).
Devant, c’est bondé. Niveau style, c’est comme à Cannes, mais de l’autre côté des barrières. Brrrr. Mon fashion radar se recroqueville de désespoir.

On monte les marches du festival de pas de looks avec ma copine, trop stars. Arrivées là-haut, une sourde dépression s’abat sur nous. Il n’y a pas de vestiaires. Nos oversize nous scient les épaules et en plus il fait tout noir ici, on ne voit rien, et puis il fait chaud.
Ah. En enlevant nos lunettes on finit par apercevoir notre idole, Kazu, si belle au loin. Il faut qu’on se rapproche.

On fend donc la f… Ah ben non ça va pas être possible. Le public ne fait plus qu’un, un qui a décidé qu’on ne passerai pas. Et pour nous convaincre, il a un argument choc : il sue comme un chameau. Très peu pour nous.

On file au bar, magistrales dans notre imperméabilité à l’environnement rock. Imperturbables, on commande… Deux bières. Il n’y a rien d’autre, on accepte notre sort avec philosophie. J’ai du mal à croire que le liquide chaud qui remplit ce gobelet en plastique mou ait un jour porté le nom de bière, je bazarde le tout dans un geste spectaculaire. C., stoïque, accompagne son drink d’une cigarette, dans la posture bien connue « champ’ clope », sauf que bière.

C’est alors que s’abat sur nous la menace fantôme : un vigile que je soupçonne de nous avoir pistées depuis le début nous rappelle cette loi : interdit de fumer dans les lieux publics. C. lui dit qu’elle connaît Don Johnson mais rien n’y fait. Au mépris de toute charte de la fille chic, elle va fumer aux toilettes. Yeurk! Je me moque et je me casse.

J’essaie de m’intéresser au concert. Le truc là, que j’aperçois entre deux têtes. Ah, j’avais pas remarqué que le cheveu crépé revenait. Un sujet pour mon blog, tiens. Wo! Ce mec a des tatouages de dingue! Oh ça alors! Il a des écarteurs! J’arrive à voir le concert à travers ses oreilles!! Cool!

J’ai enfin trouvé un point de vue sur mon idole. Il était temps. Elle l’a senti, elle envoie mon morceau préféré. C. arrive. Juste à temps pour lancer notre choré endiablée. On s’en fout de rien voir, d’être trop chargées, d’avoir soif, d’avoir chaud et même : on transpire.
On est vraiment trop rock’n roll.

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k8

Kate Moss

Ca y est ça commence. Kate Moss est lentement mais sûrement en perte de vitesse. Les dents grincent déjà, ça et sur le web.
Je pense que ça s’est passé en trois temps.

1/ Le plaisir : Son style, son rock’n roll, son mutisme nous ont fait fondre. Éternellement belle, même son Pete lui apportait une forme moderne d’exotisme. Et puis les voir toujours ensemble malgré tout, c’était touchant. Enfin, et quoi qu’on en pense, Kate sait créer le scandale. Et elle n’est pas du genre à « s’excuser auprès des enfants »*. Elle s’est même fait chasser de la fashion, oh, au moins pendant trois heures après la découverte de la vidéo volée.

2/ l’accoutumance : Depuis un an ou deux à peu près, Kate prépare sa sortie. Ou bien elle ne prépare rien du tout et alors je ne comprends pas. On la voit trop. Ouvrez un magazine et vous la retrouverez vendre plusieurs parfums différents (une première quand même), 350 sacs et même du Rimmel. Si ce n’est pas pour l’argent je ne vois pas l’idée.
Sauf que c’est Kate. On l’aime, on veut lui ressembler et c’est la prêtresse des tendances, même en pyjama. Oui, parce que ne me dites pas que le Elle ne s’est pas fait avoir sur ce coup là. La jupe longue reviens ok, mais sous cette forme là c’est moins sûr.

3/ l’overdose : Pour moi, elle avait commencé il y a quelques temps, mais Kate avait un capital confiance tellement haut que je lui aurais tout pardonné. Puis, très récemment, ce petit film m’a mise dans un drôle d’état : quoi, pourquoi? C’est romantique ou c’est pathétique? Bref, j’oublie. Puis arrive la collec’ TopShop. Et là, franchement, je ne sais pas ce que vous en avez pensé, mais hormis ça et ça, et encore, je vois pas l’intérêt qu’avait Kate à faire ce que nous faisons depuis des années maintenant, reproduire sa garde robe à bas prix. Ou encore l’argent peut-être…

Ce qui est bien, c’est que je dis tout ça, mais en même temps je ne sais pas.
Va-t-elle disparaître et emporter avec elle le slim, le rock et toute une génération de baby bands? Sera-t-elle remplacée? Je ne pense pas, du moins pas tout de suite.
Ou bien va-t-elle nous faire une énième pirouette, et revenir, aussi fraîche que la rosée, nous regarder avec cet air si vide qu’on peut y mettre toute notre époque?

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* Oui, rien à voir, mais c’est du Zidane. Désolée, mais dans le genre diva, Zidane m’a énervée ce jour là.

modernists

Mon chéri a un chouette passé fashion. À l’époque où je tentais désespérément de faire prendre un hénné sur mes cheveux et de dégoter en fripes le pantalon le plus pat d’eph possible « from hell to heaven » disait ma copine Nina, lui prenait la pose sur son Lambretta, en essayant de ne pas tâcher son costard taillé sur mesure.
Il était Mods.

Comme pour tous les phénomènes de bande et de jeunesse, les concepts d’originalité, de créativité se débattaient dans un périmètre des plus restreints, pour la plus grande joie de leur petite société qui pouvait ainsi passer des heures à comparer l’angle d’un col de chemise ou le degré de rareté d’un polo.

Quand même, je suis fan. J’ai été immédiatement conquise par se collec’ de Vespa vintage, par ses souvenirs de rassemblements et par l’esprit Mods, même si au bout du compte ils passaient plus de temps à parader qu’à réfléchir au sens de la vie.

L’important, c’était d’être ‘smart’, clean, nickel, quoi. Les ‘starco’ était donc sur mesure, double poche, 3 boutons minimum, cintrés. Une petite chaîne à peine visible assurait un tombé parfait au pantalon et faisait toute la différence. Des bottines pointues achevaient le tableau.
Pour les jours plus ‘sport’, il y avait bien entendu le fameux Fred Perry, et les Kicks de Adidas (dont une paire rescapée de ces glorieuses années dort dans le placard, sorte de relique ou dans les moments de doute, mon chéri peut aller invoquer les esprits des 60′s)

Mince alors! Penser qu’à l’âge ou j’en étais encore à essayer de faire du tye and dye violet avec mes tee-shirts Petit Bateau, il avait déjà la science du style, et qu’aujourd’hui pour le faire sortir de ses jeans baskets, il faut le menacer de sortir en tailleur Jacqueline Riu, ça me rend dingue.

Vous pouvez retrouver les commentaires sur ce post sur mon ancien blog, ici. 

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Garance Doré

J’ai ouvert mon blog en juin 2006. J’étais alors illustratrice, et un peu frustrée par le travail de commandes et notamment par le manque de contact avec les lecteurs des magazines pour lesquels je travaillais. Je voulais faire quelque chose de plus libre, de plus spontané. J’ai commencé par publier quelques dessins, puis très vite ...

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