Garance Doré

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my one and only

oneandonly.jpg

Ah tiens c’est nouveau ça. Voilà que l’on me dit : tu as un style.

Attrapée comme ça, à la volée, l’observation a de quoi faire plaisir. Mince, je vous ai assez bassinés avec ma quête de sens mode pour pas venir râler.

Sauf que moi je sais ce qui s’est passé. Je l’ai compris samedi, en plein shopping de l’humour avec Superchic [ = on va dans les magasins très haute, on essaye les pires trucs et on se marre en testant le sens de l’humour des vendeuses. Les filles chez YSL sont très bien, passé le temps d'adaptation.]
Évidemment qu’on achète rien.

Ok. Évidemment que JE n’achète rien.

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mean streets

Yebaa ! J’arrive enfin au bout de ma troisième année d’étude. Je suis en fac de talons modernes. J’ai passé haut la main le diplôme Passer une Journée Entière sur du 10 et Sourire, alors que pendant des années ça a été Passer 3 Minutes sur du 2 et Mourir, et j’envisage à présent de présenter le master Une Paire de Stilettos et Go.

Oui, pour le moment mon niveau d’étude ne me permet pas le talon aiguille. Pas que je rêve d’en porter, mais ma mère m’a toujours dit que dans la vie il faut avoir un bon bagage.

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Oh! You pretty things

Il y a des moment dans la vie d’une fille ou rien ne va plus. Je veux dire, où le jean ne va plus avec les ballerines qui ne vont pas avec la capelline. Où toute grammaire fashion est allée se planquer dans les étals épars du H&M du coin. Où, quoi qu’elle ramène de ses virées shopping, le spectre du ouais bof moyen la poursuit même dans les moment ou elle aurait juste voulu être pas trop mal.

Elle se dit que c’est pas si grave. Elle se dit que le talent va vraiment se nicher dans d’absurdes recoins et qu’on est pas tous à armes égales devant le style. Elle n’en admire que plus ses amies qu’un rien n’habille.

Puis soudain tout s’emballe. Une veste suffit à relire tout une garde robe. Une paire de derbies à dé-babydolliser une armada de robes-housse. Des moutons à faire revivre un jean. Ou un foulard 2007 doublé d’un petit châle 2002 fait qu’on l’arrête dans la rue.

Alors comme elle adore la mode, elle va pas vous mentir : Elle est tout simplement ra-vie.

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shopping antidote

Pardon Punky. J’avais pourtant bien lu ton dernier billet, jeté sur la toile juste avant de courir attraper ton train, des Isabel Marant Étoile dans les yeux.

Tu avais tout prévu. Les shopping and dancing, la valise loose, immense parce que tu l’avais piquée à tes parents afin de pouvoir la charger de nouvelles acquisitions, tu avais prévu un budget raisonnable et jusqu’à quel point tu pouvais l’exploser.

Mais tu m’as mise en travers de ton chemin. Avais-tu oublié mon regard critique? Mon rapport sage et pondéré* à la mode? Chiant comme un jour sans post? Avais-tu décidé de ne pas penser à mes :

« Pfuuu, c’est mal fini »,

« On dirait du Monoprix, à 80€ ils auraient au moins pu finir de le souder leur collier »

« Cette blouse? Ouais, pas mal. Mais tu l’as déjà non? »

« Tu vas pas acheter un truc chez Manoush? »

« Khiels? Pffffu, mais c’est saturé de paraben! »

Et pourtant nous l’avions, notre arme fatale, j’ai nommé l’irréstistible Balibulle, notre shoppeuse effrénée en chef. Vous aurais-je contaminée? A-t-on manqué de temps? As-tu mangé trop de noix chez Jour? La rentrée ne nous inspire-t-elle tout simplement pas?

Ce qui est sur, c’est que le soir, en rentrant chez nous, nous nous sentions orphelines.

De shopping bags.

Et de mon influence néfaste, j’ai la preuve. J’ai tourné le dos trois minutes, trois.

Et tu t’es claqué deux robes chez AmApp.

Alors je tiens à m’excuser auprès de toi, et surtout de tes lectrices qui attendaient avec gourmandise ton compte rendu en images. Je ne recommencerais plus. Tu reviendras, dis?

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* Qui ça, moi hystérique, bondissante et vitupérante à propos d’une blouse à carreaux? Tu es sûre? Non, je ne vois pas.

et mes robes, j’en fais quoi alors?

tenue de l'été

Cet été, la mode pour moi, ça a été un truc complètement approximatif. Entre la météo*, et mon laisser aller milk-shake bananesque, la plupart du temps, j’ai improvisé. Autour de mon short Cos, mon éros**. Avec des trucs nouveaux comme :

La pochette : Dingue. Moi qui n’aime que les truc hyper pratiques, les grands fourre-tout portés épaule, moi qui mets ma vie dans mon sac, j’aurais jamais cru aimer autant ma petite pochette corail. Mais en fait ça se porte hyper bien ces trucs. Et puis on est obligé de bien les ranger. Trouver son portable avant qu’il ne soit passé sur messagerie? Je n’y croyais plus.

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cos play

cos h&m

Puisque Cos* n’est pas venu à nous, pauvres petites parisiennes bridées dans nos impulsions shopping, nous sommes allées à Cos. À une bonne frite viandelle aussi, Bruxelles a vraiment des trésors qui feraient perdre la raison pondérale à la plus inflexible des modasses.

Alors, qu’est ce qui différencie le petit Cos de son grand frère prodigue?

1- L’enseigne :
Le gris minimaliste remplace le rouge. Le logo dessiné en creux ne se laisse pas déconcentrer par la débâcle de couleurs de cette rue marchande. Je me demande même si il ne joue pas à cache cache avec nous. Mais où te Cos tu? (le jeu de mot stupide avec Cos? Vous verrez, vous aussi, vous ne pourrez pas vous en empêcher)
Nous l’apercevons enfin. Toutes exaltées, on presse le pas. Vous voyez le style marche rapide? Classe non? Voilà.

2 – L’atmosphère :
Nous arrivons, aussi avides que des faster pussycats prêtes à kill, kill, killer. Or dès l’entrée, mes sens sont caressés par une fragrance boisée mais féminine étrangement sensuelle. L’aérienne mélodie et le sourire des hôtesses déstabilise ma voracité.
Là ou H&M prend son pied à se faire brutaliser, nous pousse a malmener ses vêtements, à se les arracher puis à les laisser choir sans plus de considération, Cos impose le respect. Ici, on peut même s’asseoir, dingue non? Des magazines de haute fashion finissent d’instiller cette sensation haut de gamme.

3 – Les vêtements :
Il n’empêche que malgré mes nouveaux dressing-décrets minimalistes, là, la débauche de non-couleurs me donne presque le tournis. Un instant, je m’imagine avec angoisse être chez Gap. Mais je me ravise aussitôt. Les coupes, les teintes et les matières ont une finesse à faire pâlir le géant américain. C’est vraiment du basique chic, ça me parle. J’agrippe un tee-shirt en coton bleu génial qui met au placard toute ambition de Zoe’s tees à 60€. Le prix?15€.

4 – Les cabines :
J’ai évidemment environ 32 articles a essayer.
Je m’apprête donc à me faire gentiment traiter comme du bétail, faire la queue, prendre mon numéro, avoir plus de sept articles, refaire la queue, ne pas avoir pris la bonne taille, refaire la queue, j’ai l’habitude.
Sauf qu’ici, pas de numéro. Et des hôtesses toutes dévouées. Mais bon, le principe de réalité refait surface, le salaud.
Vouloir donner l’impression à ses clientes qu’elles shoppent avenue Montaigne a ses limites : il y a foule ce samedi et on a peut-être pas de numéro, mais on fait bel et bien la queue.

Enfin, rien de bien épuisant, à voir nos sacs remplis (très jolis eux aussi, au passage, pas le truc H&M qu’on cache au fond de son oversize avant de rejoindre ses amis à l’apéro) en sortant, environ deux heures après, de ce nouveau petit miracle suédois. Ils n’ont pas même oublié de nous faire perdre nos foutus 3 kilos. Mon petit short camel? Du 36 pourquoi?
Huuummm oui tiens, je reprendrais bien un Krisprolls!

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Cos : Collection of style. Tout un programme et surtout la nouvelle marque « haut de gamme » de chez H&M. À des prix vraiment tout doux. Mais pas à Paris damned. En même temps Bruxelles c’est très très bien, et pas que pour le shopping bande d’obsédées de la CB!
Il y a les gauffres aussi!

féminin féminin

magazines féminins

Je ne sais pas si on peut dire que les blogs de fille font de la concurrence aux magazines. Quand on sort un peu la tête de notre écran, on se rend bien vite compte que la blogo, malgré l’irrésistibilité (sic!) de son nom est encore un tout petit phénomène.

Ce qu’on peut voir facilement, en étant juste un tout petit peu prétentieuses, c’est à quel point les magazines ont les yeux braqués sur nous. Sauf peut-être le Glamour, qui est né comme ça : pratique, très visuel, avec des articles courts, pas gnangnan et écris dans notre langue de tous les jours, moderne en un mot. Un grand succès, normal.

Les autres s’adaptent petit à petit : Le billet d’Alix Girod de l’Ain sur la crise de quarantaine cette semaine dans le Elle, par exemple, m’a frappée. Écrit sur le mode « je », avec des tournures de phrase très proches de ce qu’on peut retrouver dans nos Netvibes*, je me suis crue à la maison. Il y a aussi les petits papiers mode décryptant les tenues des people** entre autres, les sujets shopping avec des filles de la rue…

Moi je trouve ça très bien. Il ne manquerait plus qu’on se plaigne d’influencer ceux qui nous ont tant inspiré et qu’on cite à chaque coin de billet.

Mais comme je le disais récemment, ces mags, je les achète moins. Je préfère vous lire. Du coup je me rattrape avec des publications avec plus de mode, de photo. Des vrais glossies, aussi dégoulinants de luxe et de créativité qu’un chebkakia de la Bague de Kenza.

Et voilà le problème. Le luxe et la créativité, ça n’habille pas sa femme. Et parfois, j’en ai marre de voir Kate Moss et Pete Doherty dans des mises en scène aussi ridicules que rocambolesques.

Vous savez ce qui me manque? Les petites séries de mode mettable, les petits trésors d’inspiration pour la vie de tous les jours…
Vous avez vu la série de mode masculin-féminin de cette semaine dans le Elle?
Oui? Et bien, c’est comme ça que je veux m’habiller pour les six mois à venir.
Cette mode, c’est simple, c’est tout moi. En étant juste un tout petit peu prétentieuse ;-)

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* Parfois, je me rends compte que je parle de Netvibes à tort et à travers comme si tout le monde était censé connaître ce truc génial. Alors, Netvibes, c’est un aggrégateur de flux rss.
Un quoi?
Si vous voulez en savoir plus, je vois envoie sur le sublimissime billet de la sublimissime Anne-So, la geekette la plus glamour du far-web.

** N’empêche, aucune bloggeuse n’a osé tenter de nous faire croire que Cécilia Sarkozy est une descendante stylesque de Jackie O, qui doit se retourner dans sa tombe!

lundi matin au stand chaussures d’une vente privée

boots ysl

Lundi, vente privée. Des amies bloggeuses, de l’attente, de la bagarre, de l’excitation, du mettage toute nue devant tout le monde, de la déception, de la folie, de l’épuisement.
Et aussi, de la chaussure :

- Ouverture des portes, dispersion des troupes. Je m’attarde devant une paire de moon boots fourrées à talons compensés, je me retourne, plus personne.

- Ces chaussures sont bizarres. j’ai besoin d’une fashion validation. Les fiiiiiiilles!!! Mais alors vous êtes où?

- Une vieille dame rigolote me dit que mes chaussures sont rigolotes et qu’avec ces chaussures, j’ai l’air rigolote. Je rigole, pas rassurée.

- Une jeune femme rousse doit bien aimer rigoler. Elle fixe mes chaussures, devient rouge pivoine et fonce sur le stand. Elle les prend dans toutes leurs déclinaisons. Elle fait la même pointure que moi.

- On fait semblant d’être copines. Elle me demande si ça lui va bien. Moi je veux les essayer dans toutes les couleurs et toutes formes alors je lui dis : « non, elles sont moches » avec un air particulièrement intègre. (et quasiment les mêmes aux pieds)

- Raté. La bougresse a bien compris ma supercherie. Elle a bien compris que ces souliers sont sublimes et que je suis prête à leur sauter dessus au moindre geste d’abandon de sa part.

Je m’accroche a l’unique paire que j’ai pu sauver comme la misère au monde alors que si vous avez bien suivi, je n’ai toujours eu ni coup de foudre, ni fashion validation. Je sens que le mal est fait. Le shopping ne supporte pas la compèt. Et je sens que j’ai en face de moi une sacrée joueuse. Mais abandonnons moi à mes intrigues et retrouvons donc nos amies.

J’aperçois Punkyb et je lui montre l’objet de ma folie. D’un hochement de tête solennel, elle valide, à mon grand soulagement, puis se jette sur le stand pour attraper :

- une première paire : sublime, j’adore. Je ne pourrais jamais porter ça tellement c’est haut donc je transfère toute ma fashion libido sur mon amie qui n’en demandait pas tant.

- une deuxième paire : sublime, j’adore. Je ne pourrais jamais porter ça tellement c’est petit donc je transfère toute ma fashion libido sur mon amie qui n’en demandait pas tant.

- une troisième paire : sublime, j’adore. Je ne pourrais jamais porter ça tellement ça fait pupute et donc… Non qu’est ce que je raconte moi? Eeeeeeew mais qu’est ce qui te prend là? Sont-ce vraiment des sandales à plateau cloutés d’un imputrescible vernis mauve fushia? L’esprit de Chistiane F. aurait-il frappé?

- J’appose mon droit de veto, c’est à dire que j’empoigne ma Punkyb avec fermeté pour ne la relâcher que quelques mètres au delà du stand de la perdition. Ses yeux sont comme des billes où les Cassandre se font un flipper.
C’est l’ivresse des profondeurs du stand chaussures. Très, très pernicieux.

Mais revenons à nos moon boots en mouton. Si je suis là, au stand chaussures, en train de sauver mes amies de l’explosion fatale de leur budget alors que je ferais mieux de m’occuper de mon état mental à moi, ce n’est pas par pur altruisme, pensez-vous. Vous me connaissez.

Non, j’ai une affaire sur le feu. Et cette affaire, c’est ma rousse pivoine, ma concurrente de moon boots, mon ennemie jurée. Je l’observe du coin de l’oeil avec ma discrétion habituelle, prête à me jeter sur elle. Mais la sauce a trop bien pris entre nous deux.

Elle prend les trois paires. Vous avez bien entendu. Les trois paires.

A ce stade là, le fait que Géraldine me dise qu’elle déteste mes moutons n’a plus aucun effet. Je m’accroche à la paire que j’ai sauvé, et je file dare dare à la caisse. J’ai toujours le trajet retour pour l’amadouer et la faire revenir à la raison.

A Châtelet, Géraldine n’est toujours pas convaincue, et Dieu sait qu’elle y met de la bonne volonté. Pas grave. J’ai tout l’été pour lui faire avouer qu’elle est jalouse de mes moutons. Et le fait que mon chat ai fait un bond de trois mètres au péril de son obésité quand, une fois à la maison, j’ai sorti les fameuses de leur auguste boîte ne m’atteint pas du tout.

Il finira par les aimer, lui aussi. Un jour, il comprendra que mes moon boots fourrées à talons compensés ne sont pas vivantes. Et il finira par les aimer.

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Garance Doré

J’ai ouvert mon blog en juin 2006. J’étais alors illustratrice, et un peu frustrée par le travail de commandes et notamment par le manque de contact avec les lecteurs des magazines pour lesquels je travaillais. Je voulais faire quelque chose de plus libre, de plus spontané. J’ai commencé par publier quelques dessins, puis très vite ...

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