Garance Doré

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Je ne sais pas si on peut dire que les blogs de fille font de la concurrence aux magazines. Quand on sort un peu la tête de notre écran, on se rend bien vite compte que la blogo, malgré l’irrésistibilité (sic!) de son nom est encore un tout petit phénomène.

Ce qu’on peut voir facilement, en étant juste un tout petit peu prétentieuses, c’est à quel point les magazines ont les yeux braqués sur nous. Sauf peut-être le Glamour, qui est né comme ça : pratique, très visuel, avec des articles courts, pas gnangnan et écris dans notre langue de tous les jours, moderne en un mot. Un grand succès, normal.

Les autres s’adaptent petit à petit : Le billet d’Alix Girod de l’Ain sur la crise de quarantaine cette semaine dans le Elle, par exemple, m’a frappée. Écrit sur le mode « je », avec des tournures de phrase très proches de ce qu’on peut retrouver dans nos Netvibes*, je me suis crue à la maison. Il y a aussi les petits papiers mode décryptant les tenues des people** entre autres, les sujets shopping avec des filles de la rue…

Moi je trouve ça très bien. Il ne manquerait plus qu’on se plaigne d’influencer ceux qui nous ont tant inspiré et qu’on cite à chaque coin de billet.

Mais comme je le disais récemment, ces mags, je les achète moins. Je préfère vous lire. Du coup je me rattrape avec des publications avec plus de mode, de photo. Des vrais glossies, aussi dégoulinants de luxe et de créativité qu’un chebkakia de la Bague de Kenza.

Et voilà le problème. Le luxe et la créativité, ça n’habille pas sa femme. Et parfois, j’en ai marre de voir Kate Moss et Pete Doherty dans des mises en scène aussi ridicules que rocambolesques.

Vous savez ce qui me manque? Les petites séries de mode mettable, les petits trésors d’inspiration pour la vie de tous les jours…
Vous avez vu la série de mode masculin-féminin de cette semaine dans le Elle?
Oui? Et bien, c’est comme ça que je veux m’habiller pour les six mois à venir.
Cette mode, c’est simple, c’est tout moi. En étant juste un tout petit peu prétentieuse ;-)

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* Parfois, je me rends compte que je parle de Netvibes à tort et à travers comme si tout le monde était censé connaître ce truc génial. Alors, Netvibes, c’est un aggrégateur de flux rss.
Un quoi?
Si vous voulez en savoir plus, je vois envoie sur le sublimissime billet de la sublimissime Anne-So, la geekette la plus glamour du far-web.

** N’empêche, aucune bloggeuse n’a osé tenter de nous faire croire que Cécilia Sarkozy est une descendante stylesque de Jackie O, qui doit se retourner dans sa tombe!

lundi matin au stand chaussures d’une vente privée

boots ysl

Lundi, vente privée. Des amies bloggeuses, de l’attente, de la bagarre, de l’excitation, du mettage toute nue devant tout le monde, de la déception, de la folie, de l’épuisement.
Et aussi, de la chaussure :

- Ouverture des portes, dispersion des troupes. Je m’attarde devant une paire de moon boots fourrées à talons compensés, je me retourne, plus personne.

- Ces chaussures sont bizarres. j’ai besoin d’une fashion validation. Les fiiiiiiilles!!! Mais alors vous êtes où?

- Une vieille dame rigolote me dit que mes chaussures sont rigolotes et qu’avec ces chaussures, j’ai l’air rigolote. Je rigole, pas rassurée.

- Une jeune femme rousse doit bien aimer rigoler. Elle fixe mes chaussures, devient rouge pivoine et fonce sur le stand. Elle les prend dans toutes leurs déclinaisons. Elle fait la même pointure que moi.

- On fait semblant d’être copines. Elle me demande si ça lui va bien. Moi je veux les essayer dans toutes les couleurs et toutes formes alors je lui dis : « non, elles sont moches » avec un air particulièrement intègre. (et quasiment les mêmes aux pieds)

- Raté. La bougresse a bien compris ma supercherie. Elle a bien compris que ces souliers sont sublimes et que je suis prête à leur sauter dessus au moindre geste d’abandon de sa part.

Je m’accroche a l’unique paire que j’ai pu sauver comme la misère au monde alors que si vous avez bien suivi, je n’ai toujours eu ni coup de foudre, ni fashion validation. Je sens que le mal est fait. Le shopping ne supporte pas la compèt. Et je sens que j’ai en face de moi une sacrée joueuse. Mais abandonnons moi à mes intrigues et retrouvons donc nos amies.

J’aperçois Punkyb et je lui montre l’objet de ma folie. D’un hochement de tête solennel, elle valide, à mon grand soulagement, puis se jette sur le stand pour attraper :

- une première paire : sublime, j’adore. Je ne pourrais jamais porter ça tellement c’est haut donc je transfère toute ma fashion libido sur mon amie qui n’en demandait pas tant.

- une deuxième paire : sublime, j’adore. Je ne pourrais jamais porter ça tellement c’est petit donc je transfère toute ma fashion libido sur mon amie qui n’en demandait pas tant.

- une troisième paire : sublime, j’adore. Je ne pourrais jamais porter ça tellement ça fait pupute et donc… Non qu’est ce que je raconte moi? Eeeeeeew mais qu’est ce qui te prend là? Sont-ce vraiment des sandales à plateau cloutés d’un imputrescible vernis mauve fushia? L’esprit de Chistiane F. aurait-il frappé?

- J’appose mon droit de veto, c’est à dire que j’empoigne ma Punkyb avec fermeté pour ne la relâcher que quelques mètres au delà du stand de la perdition. Ses yeux sont comme des billes où les Cassandre se font un flipper.
C’est l’ivresse des profondeurs du stand chaussures. Très, très pernicieux.

Mais revenons à nos moon boots en mouton. Si je suis là, au stand chaussures, en train de sauver mes amies de l’explosion fatale de leur budget alors que je ferais mieux de m’occuper de mon état mental à moi, ce n’est pas par pur altruisme, pensez-vous. Vous me connaissez.

Non, j’ai une affaire sur le feu. Et cette affaire, c’est ma rousse pivoine, ma concurrente de moon boots, mon ennemie jurée. Je l’observe du coin de l’oeil avec ma discrétion habituelle, prête à me jeter sur elle. Mais la sauce a trop bien pris entre nous deux.

Elle prend les trois paires. Vous avez bien entendu. Les trois paires.

A ce stade là, le fait que Géraldine me dise qu’elle déteste mes moutons n’a plus aucun effet. Je m’accroche à la paire que j’ai sauvé, et je file dare dare à la caisse. J’ai toujours le trajet retour pour l’amadouer et la faire revenir à la raison.

A Châtelet, Géraldine n’est toujours pas convaincue, et Dieu sait qu’elle y met de la bonne volonté. Pas grave. J’ai tout l’été pour lui faire avouer qu’elle est jalouse de mes moutons. Et le fait que mon chat ai fait un bond de trois mètres au péril de son obésité quand, une fois à la maison, j’ai sorti les fameuses de leur auguste boîte ne m’atteint pas du tout.

Il finira par les aimer, lui aussi. Un jour, il comprendra que mes moon boots fourrées à talons compensés ne sont pas vivantes. Et il finira par les aimer.

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je suis verte

lunettes écolo

J’ai beau avoir décidé d’être une décroissante de la mode, de combattre le trou dans les couches de mon chéquier et de lutter contre la prolifération des fashion faux-pas, il n’en est pas moins qu’il y a quelques indispensables quand viennent les beaux jours, quelques trucs dont je ne peux absolument pas me passer.
J’ai de la chance, en général, ils sont recyclables. Il s’agit :

Des lunettes : Impossible de m’en passer, vu que je ne supporte pas le soleil. Cette année, rien de neuf. Je suis très contente de mes Paul Franck de l’année dernière, et puis c’est certainement les dernières heures des grosses lunettes, alors profitons-en : la Wayfarer a amorcé un net virage. Je ne vous dirais pas que je n’ai pas un moment pensé à me les procurer par des voies détournées (spéléo dans les placards très 80′s de ma mère) mais sans dèc, c’est vraiment trop LE carton de l’été, et j’ai mes limites quand à la conformisation aux normes fashionistiennes.

Des nus-pieds : Là ça se corse. J’avais déjà sauté mon tour l’année dernière, m’étant allègrement pourvue en spartiates les années précédentes pendant les soldes (et tout le monde le sait, une bonne paire de K.Jacques, ça vous fait une vie.) Le truc c’est que j’aime tellement ça, que même si j’en ai en noir, en cuir naturel, et en blanc, que j’en voudrais une nouvelle paire, au mépris de tout traité contre l’envahissement galopant des placards en zone urbaine.

De la veste : Pour moi c’est l’éternelle indispensable de l’été. Mais cette année, j’ai envie de jeter toutes mes petites vestes au compost. Je pense que c’est dû au glissement des tendances. Le bas s’élargissant, le haut a tendance à vouloir se faire plus près du corps. En fait, mon rêve, je le connais. C’est une petite veste en cuir souple et fin, dans un esprit légèrement perfecto. Celles des photos de ce mois-ci dans Vogue, vous me suivez?

Vogue, vous me suivez ?$!?
Mon anniversaire? Passé. La fête des mères? Va falloir que j’adopte plus vite qu’Angelina Jolie si je veux en profiter. La fête des voisins? Oui ben quoi ça va on peut bien essayer!
Rien. Soit je fais fondre les dernières neiges de mon compte en banque, soit je recycle.
Je suis verte.
Léo, attends moooooooooiiii!!!!

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coach

coach style

Allez savoir pourquoi, malgré mes efforts constants pour souligner à quel point je ne suis pas une fashion victim, ni même une fashionista, ni encore une FRTBH (Fille Régulièrement Très Bien Habillée), certaines personnes de mon entourage continuent à voir en moi la pointe de l’excellence fashion, et ne se lassent pas de venir poser à mes pieds fleurs, chocolats et compliments.

Et responsabilités : « Oh dis, tu m’emmènes faire du shopping dans tes adresses secrètes? »

Si j’avais été une jeune femme honnête et droite, j’aurais tout de suite filé l’adresse du H&M Rivoli, mon fournisseur officiel, et je serais allée me cacher sous un rocher en attendant l’orage.
Mais j’ai une fibre coach irréfrénable, et je dis « ok ma chérie quand tu veux! ».
Et vous savez quoi? Miracle! Ce que je n’arrive absolument pas à m’appliquer à moi même marche formidablement sur les autres. J’ai donc une petite équipe de fans qui chantent mes louanges et colportent la bonne parole.

Tout ça pourrait être tout simplement merveilleux et valorisant, si on mettait de côté :

- l’amie CSP ++ à qui vous montrez la boutique de votre petit créateur chouchou et qui ensuite se ramène à chaque rendez-vous avec une nouvelle sublimité sur le dos, oui, celle que vous avez reposé la dernière fois parce que c’était trop cher, en vous disant « Wahouuuu t’as vu ce que j’ai trouvéééé!!! » Résister à l’envie de lui faire avaler la prochaine fois que Jacqueline Riu est une marque super in, juste pour voir.

- le truc encore plus pervers : l’amie CSP +++ qui pense que vous allez lui faire faire des affaires incroyables. Qui veut les mêmes choses que vous, mais en moins cher. Se retrouver en milieu d’après midi à s’entendre lui dire : « tu veux être belle, tu gagnes du fric, tu sais ce qui te reste à faire, envoie la CB. » Ne pas se reconnaître.

- L’amie qui n’a pas compris que ce n’est pas comme vous qu’elle doit s’habiller, qui reproduit tout, y compris vos nombreuses erreurs. Et qui vient avec un grand sourire vous enlacer en vous disant : « j’ai encore acheté la même robe que toi, tu m’en veux pas heiiiiinnnnn….? » « Oh ben non tiens mais c’est quoi qui prend feu là-bas? Ohhh ton dressiiiiing! »

- Dernier truc : le SAV : L’amie qui a pris cette histoire très au sérieux, qui voulait ajouter une touche fashion à sa tenue, à qui vous avez suggéré une paire de, je sais pas moi, de plateformes sublimes l’été dernier, et qui ne les a pas mises, et qui vous le rappelle avec une moue réprobatrice à chaque fois que vous la voyez, jusqu’à ce que vous vous disiez, ah, toi, plus jamais!

Et puis qu’elle arrive un jour de printemps en les arborant fièrement, et en vous disant « oooohhh dis donc finalement merci Garance, j’adooooore mes chaussures! Ca te dirait de m’emmener faire du shopping? »

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k8

Kate Moss

Ca y est ça commence. Kate Moss est lentement mais sûrement en perte de vitesse. Les dents grincent déjà, ça et sur le web.
Je pense que ça s’est passé en trois temps.

1/ Le plaisir : Son style, son rock’n roll, son mutisme nous ont fait fondre. Éternellement belle, même son Pete lui apportait une forme moderne d’exotisme. Et puis les voir toujours ensemble malgré tout, c’était touchant. Enfin, et quoi qu’on en pense, Kate sait créer le scandale. Et elle n’est pas du genre à « s’excuser auprès des enfants »*. Elle s’est même fait chasser de la fashion, oh, au moins pendant trois heures après la découverte de la vidéo volée.

2/ l’accoutumance : Depuis un an ou deux à peu près, Kate prépare sa sortie. Ou bien elle ne prépare rien du tout et alors je ne comprends pas. On la voit trop. Ouvrez un magazine et vous la retrouverez vendre plusieurs parfums différents (une première quand même), 350 sacs et même du Rimmel. Si ce n’est pas pour l’argent je ne vois pas l’idée.
Sauf que c’est Kate. On l’aime, on veut lui ressembler et c’est la prêtresse des tendances, même en pyjama. Oui, parce que ne me dites pas que le Elle ne s’est pas fait avoir sur ce coup là. La jupe longue reviens ok, mais sous cette forme là c’est moins sûr.

3/ l’overdose : Pour moi, elle avait commencé il y a quelques temps, mais Kate avait un capital confiance tellement haut que je lui aurais tout pardonné. Puis, très récemment, ce petit film m’a mise dans un drôle d’état : quoi, pourquoi? C’est romantique ou c’est pathétique? Bref, j’oublie. Puis arrive la collec’ TopShop. Et là, franchement, je ne sais pas ce que vous en avez pensé, mais hormis ça et ça, et encore, je vois pas l’intérêt qu’avait Kate à faire ce que nous faisons depuis des années maintenant, reproduire sa garde robe à bas prix. Ou encore l’argent peut-être…

Ce qui est bien, c’est que je dis tout ça, mais en même temps je ne sais pas.
Va-t-elle disparaître et emporter avec elle le slim, le rock et toute une génération de baby bands? Sera-t-elle remplacée? Je ne pense pas, du moins pas tout de suite.
Ou bien va-t-elle nous faire une énième pirouette, et revenir, aussi fraîche que la rosée, nous regarder avec cet air si vide qu’on peut y mettre toute notre époque?

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* Oui, rien à voir, mais c’est du Zidane. Désolée, mais dans le genre diva, Zidane m’a énervée ce jour là.

le glam, dans le sac?

purse bag sac

Je veux un nouveau sac. Mais comme je ne suis pas une star, pas même une starlette, et encore moins une A list rédac chef, je n’ai pas droit aux cadeaux pleins d’amour des marques de luxe.
Comment, vous ne le saviez pas? Aujourd’hui, plus personne ne paye son sac! Enfin, plus personne à part quelques riches anonymes et les filles comme moi!

Comme moi, qui je vais donc me balader sur Bag Snob ou The Purse Blog, faire une liste imaginaire de tous les sacs que je ne vais pas m’acheter. En fait, j’attends de trouver le seul et l’unique, le coup de foudre.

Enfin, le coup de foudre, je l’ai déjà eu. c’est juste qu’à 78000$, c’est aussi ridicule que d’avoir le coup de foudre pour George Clooney, tu reste toute seule avec ton coup de foudre et tes yeux pour pleurer. Quoi que Georges Clooney à 78000$, on pourrait se cotiser, qu’est ce que vous en pensez? Ahhh Georges…

Georges, on dirait presque le petit nom d’un sac, tiens! Fine stratégie, donner un nom à un sac. Plus facile de se l’approprier, l’appeler par son petit nom crée de la complicité entre bagshionistas, lui donne l’air de rien un statut d’objet culte et d’autant plus de désirabilité sur la planète luxe.

Luxe. Un mot quasiment vidé de tout son sens, tant le luxe est en train de devenir un mass market comme un autre, et je ne sais pas si ça va rester chic très longtemps d’avoir de la maroquinerie haut de gamme. Même ma petite voisine se retrouve avec un sac Fendi à la saignée du coude, qu’est ce que j’y peux moi si elle elle a fait une croix sur ses vacances en Italie…

En Italie? Et si c’était un faux? Ou bien, elle l’a peut-être loué? Ou alors elle a le sens des priorités, voilà tout. Elle a économisé et rationalisé son achat. Parce qu’aujourd’hui toute femme qui se respecte a son « it bag », c’est Elle qui le dit, et nous acquiesçons bien sagement. Et oui, les marques l’ont bien compris, le prix fait partie du rêve.

En rêve, peut-être que je verrais plutôt un sac de créateur, non? L’un de ces sublimes de Natalia Brilli, ou de Minority, en séries très très limitées, vulgarisé par aucune starlette en déroute, secrets comme thé du harem. Ou bien je pourrais me le faire faire dans un petit atelier du marais (dont le site ne refète malheureusement pas du tout l’esprit de la jolie boutique), à partir de cuirs vintage, une vraie pièce unique…

Unique, c’est comme ça que je l’aimerais, ou carrément vintage, hors des modes, chargé d’histoire, touché par la grâce de femmes si délicates qu’elles ont su leur faire traverser le temps, et puis y ajouter la mienne, de grâce, parce qu’après tout, à 20 ou à 78000$, c’est un petit bout de mon histoire que je vais y mettre dans ce sac, et c’est bien le moins que je lui demande.

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ma ballerinite aiguë

On se demande toujours ce qui fait qu’un jour on devient démodé. Pour moi je sais. Mon arrêt de mode se trouve dans la ballerine. Oui. Parce que quand elle sera remisée au fond du placard de la fashion, moquée comme comme un jean neige, qu’on ne la trouvera même plus dans les thrifts shops, moi je la porterais avec morgue, sûre d’être dans le vrai.

C’est qu’il y a un moment que la mignonne travaille son explosion. Des années qu’elle frémissait avant de devenir un des 50 essentiels de Elle. Que de vieilles dames les accommodaient avec leurs petits sacs et leurs léopards. Toujours regarder les vieilles dames. Que de graciles danseuses époussetaient leur Repettos en attendant leur heure.

Si j’ai attrappé ma ballerinite aiguë au tout début, c’est parce que j’avais un terrain très favorable. J’avais été contaminée aux US par le style 60′s rock. J’avais une dent contre les talons qui m’empêchaient de parcourir la ville en long en large et en travers, le nez en l’air. Et puis je ne voulais plus de baskets. Les Converse n’avaient pas encore montré le bout de leur nez et la basket était alors aussi criarde qu’une chanteuse islandaise.

Elle et moi, nous étions destinées. La première fois que j’ai compris que ça pouvait être sublime, elle est était pointue, super rock et on me regardait avec les yeux ronds. Sûre de moi, j’ai tenu bon. Au début, le simple fait de voir ce petit bout de cuir dépasser de mon jean rendait les gens perplexes. Attendez voir…

Ensuite, je n’ai eu de cesse de la traquer. Elle était assez difficile à trouver à ce moment là. Soit très très chère, soit très mal coupée.
Oui, une ballerine a une coupe. Pour moi, une ballerine, c’est très échancré sur le pied. J’aime y voir la naissance des orteils. Moins il y a de ballerine dans une ballerine, plus je jubile.

Puis un jour, elle était là, évidente. Ca m’a fait un peu mal de la voir au pied de ma voisine de palier et de ma banquière. Mais quand on aime, ce ne sont que de passagers tourments. J’en ai pris mon parti. J’en profite pour faire ma sélection pour des jours moins fastes. Peut-être qu’un jour, comme Nicole, je me la ferais tatouer. En attendant je voulais juste lui dire : Ballerine, je t’aime.

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Vous pouvez retrouver tous les commentaires à ce post ici :-)

white flash

Oh my god les filles un fashion présage m’étreint :
Le tee-shirt blanc est de retour.
Qu’est ce qui est plus cool, plus beau, plus effortlessly chic que le tee-shirt blanc?

Ok les pros, je suis sûrement en retard de 12 wagons, mais laissez-moi vous expliquer pourquoi cet été plus qu’un autre on va vouloir un tee-shirt blanc.

- Pour mettre en valeur nos broches. Ca n’ aura échappé à personne, la broche fait son come-back, et là c’est pour de vrai, visez un peu :
APC, N2, Servanne GaxotteBauréale, désolée, je n’ai pas pu résister, je parle de la broche chat qui est d’ores et déjà un must-have attention à toi si je passe à Bordeaux!

- Pour mettre en valeur nos jeans. Après un hiver entier passé dans un collant de contention qui ferait passer la plus modeste ballerine 38 pour un 44 (j’ai nommé le slim), nous avons compris que le cool se situe dans un jean qui nous va, c’est à dire à notre taille, ni trop taille haute, ni trop taille basse, coupé près du corps mais pas collé-serré, bref, le jean de Caroline, Caroline, attention à ton jean, je risque fort de faire un fashion attentat!

- Pour nous mettre en valeur, nous. Faites un sondage : qu’est ce hommes adorent? Bon, ok. Les bottes. Le jean, ok. Mais le bon tee-shirt blanc, un peu large, avec un col en V bien plongeant laissant entrevoir juste ce qu’il faut, avec de petites manches qui glissent sur nos épaules dorées… Comment ça je m’emballe? Et bien oui, je m’emballe!

Sauf que le seul parfait que j’ai trouvé c’est chez Mango, et que bien entendu il n’a pas résisté au lavage tellement il était fin (au passage, attention, le blanc ne se lave qu’avec du vrai blanc) et que maintenant il est tout transparent, et que bien sur y en a plus, sinon, j’aurais pris tout le stock, et que je suis orpheline de tee-shirt blanc, et que c’est dur.

J’enquête. Vous allez rire, mais je n’ai pas encore osé passer les portes d’un American Apparel : tout y a l’air tellement moche! Mais je vais braver mes angoisses et aller prospecter. Ensuite, une piste, le ZOEtee’s (quelqu’un a essayés?) et puis il y a Isabel Marant aussi qui en fait de beaux, on va voir on va voir… Et les Fruit of the Loom ils sont où? Eux qui allaient si bien avec nos Wayfarer? Des idées?

Garance Doré

J’ai ouvert mon blog en juin 2006. J’étais alors illustratrice, et un peu frustrée par le travail de commandes et notamment par le manque de contact avec les lecteurs des magazines pour lesquels je travaillais. Je voulais faire quelque chose de plus libre, de plus spontané. J’ai commencé par publier quelques dessins, puis très vite ...

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