Garance Doré

TAG : soirees

l’affaire des doubles pinceaux

Maquillage, univers plein de farces et d’attrapes. Tu crois avoir atteint un semblant de maturité lipstickesque, et tu te rends compte que non en fait, c’est juste ton rouge qui file. Tu penses que tu lances un regard envoûtant, et on te renvoie que t’as un truc dans l’oeil. Tu crois que t’as la paupière smoky en diable, et on te dit que tu ferais mieux d’arrêter de fumer.

Non, vraiment, c’est pire que le crime du démaquillant express, plein de faux-semblants :

Le mystère du crayon khol : le khol, ça, j’y aurais jamais cru. Truc de hippies, va te faire un tour chez Joan Baez, tu veux une pipe à eau, fais péter les yeux de lapin albinos, etc, je me dis. Sauf que je me fais maquiller par une pro (eh oui, encore, mais quelle vie ébouriffante n’est ce pas ?). Bref donc je me fais maquiller par une pro, qui a l’audace de pénétrer mon intimité oculaire, si je puis me permettre, elle met littéralement son crayon dans mon oeil. Légèrement offusquée, je rebiffe, mais j’aperçois mon reflet dans le miroir. Wow, je dis. J’ai l’oeil plus perçant que Diana la fille qui mange des souris dans V. Raboule le khol tout de suite ou je te croque.

Donc, je khol, khol, et re rekhol à longueur de soirées, hyper heureuse de ma trouvaille.

Sauf que j’ai jamais eu autant de « t’as un truc dans l’oeil » « attends, t’as quelque chose là », de « viens ici que je t’arrange  » etc. Bref. Le khol, ça coule, et ça, ça me saoule.

Mais j’ai mieux :

CONTINUER

mother and the 80′s

L’avantage d’avoir des parents jeunes, c’est qu’on les a, en quelque sorte, vus grandir.

Si aujourd’hui, il me reste des années 80 une idée vaguement amère, en gros, fric pas très chic, je pense pouvoir dire que ces gâtés de baby-boomers se sont bien amusés.

Et alors, ma mère, et son amie Martine, elles, se sont littéralement éclatées.

Nous vivions alors dans une demeure entièrement blanche, dedans-dehors, du sol au plafond, en passant par la cuisine et la télévision.

Ce radicalisme esthétique a vite fait de ma mère la star de la bande. Dois-je préciser que le but ultime de cette bande, c’était de s’éclater le plus possible dans la vie, en en mettant si possible, le plus plein la vue au plus de monde possible.

En dehors des immenses photos en noir et blanc de New-York, Mecque de tous les wannabe yuppies de l’époque, le panoplie exigeait alors :

- des épaulettes, bien entendu, même sous les tee-shirts*, envergure minimale 1m (Martin si tu m’entends)

- des Philip Morris bleues, (deux paquets par jour)

- des talons aiguille pour les femmes (vernis rouge sang laqué)

- ainsi qu’une Golf cabriolet, (vernie rouge sang laqué)

- des Ray-ban Wayfarer (ou des Drifters ah ah vous les aviez oubliées celles-là hein?)

- d’un pull sur les épaules pour les hommes (Pringle si ça vous intéresse)

- accompagné du regard conquérant , « jeune loup n° 265″

- et pour tous, un abonnement à la salle de muscu la plus chère du coin, d’une coupe de champagne et de sa petite soeur la paille argentée.

Ma mère ne pouvait s’en tenir là, et en plus de ses coups d’éclat professionnels, n’hésitait pas à enfoncer le clou en arborant une coupe de cheveux verticale, aussi noire que son canapé blanc, parfaitement coordonnée à sa robe Mugler, Montana ou Gaultier, celle avec les seins en cône, oui, c’est vrai, j’ai connu des moments étranges à la sortie du collège.

Elle faisait donc les quatre cent coups avec son amie Martine, et moi, je m’amusais bien. D’abord, parce que j’adorais et que j’adore toujours Martine. Qu’elles riaient du matin au soir, qu’elles organisaient de grandes fêtes à la maison, et puis que de temps en temps elles m’amenaient en boîte.

J’y suis d’ailleurs allée si jeune que je n’avais pas eu le temps de comprendre ce que le terme « en boîte », voulait dire. Donc, avant que je ne découvre ce monde irréel et clignotant, lorsque ma mère me disait : je vais en boîte, je l’imaginais rentrer avec Martine et ses amis dans une énorme boîte de chaussures noire (ben oui, boîte de nuit). Mais bon, j’ai toujours eu extrêmement confiance en ma mère, et donc cela ne m’avait pas inquiétée plus que ça.

J’y observais avec un regard étonné ces gens hilares, hurlant et gigotant dans des décors futuristes et clinquants, ou gréco-romains et clinquants, je rencontrais toutes sortes de phénomènes, adorables, et, sans le savoir, je me préparais des souvenirs doux et forts, et une complicité sans limite avec ma mère, la reine de la nuit, la superwoman de mon coeur.

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* ma mère avait développé une technique « scratch » assez fascinante. Il s’agissait donc de coudre des scratchs à son tee-shirt pour pouvoir retirer les épaulettes quand elle voulait passer les portes pour le lavage. Malgré ce système sophistiqué, il arrivait que l’une d’entre elles se sauve et aille se scratcher à l’avenant, sur la veste ou dans les cheveux d’un ami…

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mon networking de la balle

Dans ce monde de brutes, faut networker. Rencontrer des gens, parler de soi, se vendre.
Mon chéri, qui est du style integro-bourru, dit « se corrompre ».
Moi, je dis c’est la vie, et j’agis.

- Je trouve une soirée ou je vais pouvoir côtoyer les célébrités de mon milieu. J’appelle ma copine Sophie qui aime bien boire du champagne en riant bêtement, j’enfile une jolie robe, et hop en avant.

- L’endroit est beau, l’endroit est déco, la musique est naze, on met une coupe de champagne dans ma main. On commence à critiquer les gens avec Sophie en gloussant, puis soudain je me souviens, je suis là pour networker.

- Quelle chance! Voici Céline, notre hôtesse et copine. Elle me fait un point people. Une dizaine de personnes à rencontrer, dont deux que je dois ab-so-lu-ment harponner. De toutes façons elle connaît tout le monde, elle va me présenter.

- De la contenance. Allez une coupette. Une cigarette. La soirée commence à prendre, ça bavarde de tous les côtés. J’ai une de mes target en vue, et la carte de visite qui gigote toute seule dans ma pochette. Sophie me montre un truc.

- Mon dieu, c’est des tempura, et il y a aussi du thon mi-cuit, et oh, du cheesecake!!! Je remets mon accostage à plus tard, je fais honneur au buffet. Mentalement, je fais mes calculs. Si je ne rencontre que 5 de ces personnes, c’est déjà super.

- Céline passe par là, m’attrape par le cou, et me présente à une créature étrange et sympathique. Me glisse à l’oreille que c’est biiip le biiip de biiip. Je sens mon coeur se serrer. Oh la la dire un truc spirituel, dire un truc spirituel hiiiiiiiii!!! (bruit du cerveau en surchauffe)

- Trop tard. Un mètre quatre vingt de style et de glamour sont venus se planter devant moi. Je dégage mes Zara de ses Louboutin et je vais prendre une coupe. Interdit de m’en vouloir. Je revois mes objectifs. Si j’arrive à parler 2mn avec lui, je m’offre les Pierre Hardy.

- Mais qu’est ce qui me prend de me confier à ce pilier? Damned! Je suis ivre. Je suis morte de rire et je danse et je parle avec plein de gens pas du tout sur ma liste mais alors très très sympas. Je jette un oeil enfiévré à ma target. C’est le bal des pétasses. Bon ok c’est pas des pétasses elle sont toutes juste parfaites et belles et spirituelles. Et accrochées à son cou.

- J’abandonne. T’façons j’ai toujours été nulle en networking, c’est pas maintenant que je vais me transformer en Basile de Koch. J’imagine déjà le sourire satisfait de mon chéri. Je bavasse avec n’importe qui, en fait, je m’amuse comme une petite folle, Sophie est ravie, elle m’apporte une verrine mangue-passion.

- Bon, ben, on y va. Mes cartes de visite ont retrouvé leur calme, elles ont encore de beaux jours à ronronner tranquilles.
Sur ce, l’une de mes nouvelles copines de dance floor me file un petit bout de papier griffoné, en me disant, appelle. En partant, j’y jette un oeil distrait.
« hiiiiiiiiiiiiii!!! fifiiiiiiiiiiiii! tu devineras jamais!!! c’était biiiiiiiiiiip, la biiiiiiiip de biiiiiiiip!!!

Pour tout conseil en networking social, réseautage et autres viaduqueries, je vous laisse prendre contact avec mon agent?

La jolie robe est de Trovata. En bonus sur leur site, pour les amoureux du dessin et de la mode, une super petite bd fashion par ici. So chic!

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sept jours de reflexion


Samedi
Je regarde : La mode la mode la mode. 4 hystériques déguisés en biomen portent des lunettes sans verres. Je rigole toute seule. Je ne sais pas si Alexandra Golovanoff croit vraiment ce qu’elle dit quand elle qualifie ces 4 bisounours futuristes de à la pointe de la tendance.
Ok Alexandra, j’attends. Le jours ou t’arrives avec des Moon Boots D&G noires et blanches sur une paire de leggings multifluo, tu auras gagné ta extreme fashion crédibitlity.

Dimanche
Petit point dans ma garde robe de l’hiver : Du noir, du blanc, du gris, du gris, tiens, du gris! Oh, et du taupe, ici! Juste à côté de ce …de ce rouge oui!!! clap clap clap!!! Ouh ben dis donc, on a pris des risques hein cet hiver!

Lundi
Mon chéri me rapporte le Elle. Écroulée sur le sofa, un thé dans une main, mon air dubitatif dans l’autre (toujours avoir son air dubitatif avec soi quand on lit un mag ou en couv est imprimé : Couple : Les bons plans à piquer aux divorcés), je me dis qu’Elle a dû faire un pacte avec Michel Colado : Cet automne si doux est la seule chose qui m’a empêché de leur envoyer un mail incendiaire :
« Comment on fait pour porter des leggings en hiver, hein? Et avoir les pieds nus dans ses derbys, ça donne un côté nonchalant, très élégant, quand, avant ou après avoir attrapé une pneumonie? »

Mardi
Je me ballade dans la rue. Je vois une fille super mimi. Très discrètement, à mon habitude, je détaille sa tenue de haut en bas. Raté! Elle m’a vue (ma soeur me dit c’est normal, avec ta position 123 soleil et tes yeux de merlan frit), et me jette un regard fier à travers ses… Lunettes sans verres. Bon dieu de dieu! En serais-je seulement capable. Non c’est sur. Et pourtant… NON.

Mercredi
Je sors. Des hordes de filles mincissimes, talonisées et petite robe légerisées se déhanchent sur de la musique, de la musique euuuh… De la dance russe? De la polka italienne? Les mecs sont barbus et casquetés. Minute vieille (copyright Géraldine), cent ans de solitude et insoutenable instabilité de l’être, je n’ai qu’une envie, c’est de rentrer à la maison. Ce son est nul, ces gens surjouent. Je rentre à la maison.

Jeudi
Je prends mon petit dèj, un muffin dans la main, le Elle dans l’autre, mon air dubitatif… Ah non c’est bon, chéri dort encore. Tiens, un article que je n’avais pas vu : 30 ans, Femme Enfin! Plutôt d’accord avec l’ensemble, j’ai même zappé la Starac dis donc. Marion, je rajoute juste une chose : pour moi trente ans, c’est surtout l’année ou je me suis rendue compte que je n’étais plus, mais plus du tout branchée. Et que je préférais ne pas pas avoir froid que d’être au top de la pointe de la tendance. Et c’est pas Alexandra avec ses tenues sublimes qui me dira le contraire.

Vendredi
Bon alors. Vendredi c’est demain. Je vais aller m’acheter de quoi tricoter et apprendre à mon chat à grimper sur mes genoux, lui qui en est encore à essayer de me faire un Myspace. Et j’achète Marie-France. Dans lequel je cache mon 20 ans.

réflexe


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La plupart des photos que j’ai de moi sont horribles. J’ai :

- des photos de vacances ou je n’existe pas, car jamais aucun de mes amoureux n’a jugé utile d’immortaliser un quelconque moment. Mon chéri y est aussi seul et béat que le nain de jardin dans Amélie Poulain. Allez, avec un peu de chance il s’est ennuyé dans l’avion et m’a matraquée pendant les 3h de vol ou il en avait marre de sa PSP, dans toutes les jolies postures qu’on peut prendre le nez collé au hublot.

- des photos de soirées ou je suis hilare, les bras en l’air, l’oeil vitreux : depuis l’avènement du numérique, la photo de soirée est devenue incontournable, à mon grand désarroi! Le numérique, c’est pas forcément chic : entre le temps ou t’appuies sur le déclencheur et celui ou la photo est prise, un flash foudroyant a transformé ton sourire en un fâcheux rictus et ta peau luit comme un escarpin vernis. Bref, en pleine bacchanale, c’est pas l’idéal.

-Des photos de temps reculés ou je pensais que pour avoir l’air cool et naturel, de par exemple euh au hasard… Kate Moss, il fallait ne pas calculer le photographe, le comble du chic étant de sous-entendre : no! pleaaase! pas de phowtow!
Résultat : + Nathalie Marquay en déroute que Kate Moss, pauvre de moi.

Avec le temps, quand même, j’ai trouvé quelques solutions :

1/ J’ai fait l’acquisition d’un super reflex numérique. Et là, franchement, j’ai l’impression que l’esprit de David Bailey s’est glissé dans mon objectif. Difficile de rater ses photos avec un tel miracle de la technologie.
2/ Je menace mon chéri de l’ensevelir sous mes Vogue si il ne me prend pas un peu en photo. Disons… au moins une fois par an pour que j’ai des souvenirs.
3/ Je prend la pose!!! Et oui, c’est ça le truc que j’ai appris! Si tu veux être belle en photo, faut se sentir un minimum concerné sinon l’appareil se vexe et te sort des yeux rouges qui feraient flipper même un lapin albinos.
Même que parfois, quand je sens un flash frétiller pas loin de moi, je sors ma poudre transparente et je n’ai pas peur de charger et hop hop vite fait un peu de blush!!!
Ben quoi? le ridicule ne tue pas! La photo moisie, si!

Et la cerise sur le gâteau, c’est que j’ai copain qui s’est spécialisé dans la retouche numérique!!! Si avec ça j’arrive pas à avoir un bon cliché vite fait, c’est que c’est pas les photos qui sont horribles. Et si c’est pas les photos qui sont horribles…

trois semaines,

Trois semaines depuis je me suis dit que j’allais faire une petite note plus perso, sur un rythme hebdomadaire. Pourquoi ai-je ressenti le besoin de me cadrer de la sorte? S’il y a un endroit ou je veux me sentir libre, c’est bien ici. Et pourtant…

Aujourd’hui, je me souviens pourquoi j’ai voulu faire ça : parce que les dimanches ont pour moi un le goût divin de la mélancolie. Ils sont comme un voyage, un endroit ou personne ne peut vous joindre, vous atteindre. Où le silence se fait, ou l’on peut enfin mettre les choses en perspective.

En voiture, j’ai toujours aimé être assise à l’arrière. Coller ma joue contre la vitre et et m’oublier dans le paysage.

J’y retrouve cette sensation d’absolu, la solitude. Elle, je l’ai rencontrée alors que j’habitais sous les toits, vers 20 ans, seule dans une ville qui m’était inconnue. J’y ai occupé mes premiers jours à pleurer tout ce que j’avais quitté. Puis j’ai continué à pleurer. D’ennui. Aux confins de ces larmes j’ai trouvé cette amie, moi. Je ne me connaissais pas. Je n’avais jamais passé une seconde seule avec moi. Je me suis emmenée au ciné, boire un café, marcher dans la ville. Nous nous sommes pris la main. Au fil des semaines, nous n’avons fait plus qu’un.

Puis j’ai fait des rencontres, puis le tourbillon a recommencé.

On a vraiment dansé comme des folles hier soir. J’ai, il y quelques temps, tourné les talons à toutes sortes d’emmerdeurs, d’angoissés et de suceurs. Ce genre de choses, pour moi, n’est jamais facile. Je suis une incorrigible sentimentale et sous mes airs grinçants, je suis bien douce.
On me dit souvent : mais qu’est ce que tu fais, là? arrête! Cette personne ne t’apporte rien de bon…

Et bien, je l’ai fait. Et hier soir, j’ai passé la plus douce, la plus drôle, la plus précieuse des soirées. Autour de moi des visages clairs. Pas une fausse note. Des rencontres. Et puis rentrer, à l’arrière du scooter, collée contre mon amour, sous le ciel menaçant.

the ex

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Mon ex principal, c’est aussi mon dernier, on se voit, on boit un café, puis, à chaque fois, je prends mes jambes à mon cou, en me disant que je l’ai échappée belle.

C’est que cet ex là est un rocker, et pas des moindres.
Ca veut dire quoi, un rocker « pas des moindres »?…

Ca veut dire qu’il boit, se drogue, qu’il a le goût de l’infini, qu’il met jusqu’au dernier centime dans une guitare, quand il n’a pas déjà tout mis dans une orgie, qu’il est d’une coquetterie exaspérante, qu’il met des jeans serrés, des « zizi » blanches, des lunettes noires, qu’il veut faire du cinéma, qu’il vit ici, et là, qu’il est d’un égoïsme sans limites, que quand il aime, c’est à la vie, à la mort, même si dans son lit se bousculent des p’tites pépées du PopIn, des étrangères au regard froid, et j’y ai même retrouvé un jour une fille entièrement tatouée, sauf son doux visage, faut aimer, moi, je l’ai trouvée sublime.

Mais que diable ai-je à voir dans ce boxon?
Je rembobine.

Mon ex : un vrai coup de foudre, j’aurais jamais cru que ça pouvait exister. Une rencontre violonesque au possible avec rupture immédiate avec nos deux ex respectifs et voyage sublime à travers une Europe romanesque.
Il était déjà musicien, j’étais déjà une pimbêche.

Là s’arrêtent les similitudes avec ce que nous sommes aujourd’hui.

Nous n’étions pas des anges, je vous rassure, mais il était quand même très très fort en barbecue, et même si nous évitions les pièges de la vie à deux, nous étions ce qu’on peut appeler un gentil petit couple (yeurk).
Il me reprochait ma coquetterie, ma superficialité, mes sorties, mes amis de la night, voulait acheter notre appartement et était très fidèle et aimant. Et s’occupait du chat.

Un cataclysme et quelques années plus tard, c’est le monde à l’envers, et parfois encore, je me demande quelle bête sauvage a bien pu s’emparer de lui après mon départ et ce que doit en penser sa mère (qui a récupéré le chat).

Je me délecte néanmoins de ses petites histoires, je le conseille aussi parfois, je vais le voir en concert, je rencontre ses innombrables conquêtes (pour qui je suis une sorte de déesse qui a réussi à le dompter, alors que je n’ai rien fait, parole), ses conquêtes qui se font mal à aimer un homme comme ça…

Et voilà! Ce soir, concert! nanananana rock’n roll!!!!

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monaco – le soir


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La nuit tombe, Monaco s’allume, je lève les yeux.
C’est saisissant. Une sorte de boursouflure de la côte d’azur. De la verticalité, des villas accrochées au somment des falaises, à en avoir le vertige. Des routes suspendues. Un vrai champignon. Étouffant.

Une éternité plus tard, nous voilà partis pour le restaurant. À ce stade là, nous sommes au moins 25. Tout le monde s’engouffre dans des Jaguars et des Porshes, pour aller… 50 m plus loin.

Une foule compacte se presse au restaurant. Notre hôte nous installe. Il reste quelques chaises. Les jeunes souriants s’y glissent comme une pluie fine. Certains ont moins de chance, ne trouvent pas de places assise et s’en vont. Je commence à comprendre.

Devant nous passent des nuées de blondes à l’anglais approximatif. Des filles de l’Est. « Elles cherchent des « sponsors », si tu vois ce que je veux dire », me glisse-t-on.
Trop d’excitation, d’agitation, je mange de travers.
En quelque sorte, nous avons de la chance car nous faisons partie de l’escorte rapprochée de notre hôte, qui est aussi celui des 30 personnes qui se pressent autour de lui. Pour les autres, c’est les chaises musicales. Si tu vas aux toilettes, tu perds ton repas et ton champagne et tu dis au revoir en souriant. Des filles moins scrupuleuses n’hésitent pas s’asseoir sur des genoux généreux. La table d’à côté se libère, notre table s’agrandit, il reste quelques chaises, les portables chauffent. En 5 mn chrono débarquent 4 ou 5 nouvelles créatures bien décidées à profiter du banquet.

Notre hôte parvient à rester charmant, centré, et même à continuer à commander à boire. Ma phase d’observation sociologique prend fin, laissant la place à un écoeurement grandissant. Superchic parle une seconde avec une blonde qui l’abreuve de louanges sur sa robe, sa classe et sa beauté. Elle me regarde, ce regard dit : « j’en peux plus, on y va ».

Nous laissons cette équipe à leur vie animale et notre hôte en pleines négociations. Il nous l’avait dit : ici, les affaires, ça se passe la nuit, entre une coupe de champagne et les seins fermes d’une fille.

Dans la nuit chaude, nos filons par la haute corniche.
Reprendre de la hauteur, enfin.

Garance Doré

J’ai ouvert mon blog en juin 2006. J’étais alors illustratrice, et un peu frustrée par le travail de commandes et notamment par le manque de contact avec les lecteurs des magazines pour lesquels je travaillais. Je voulais faire quelque chose de plus libre, de plus spontané. J’ai commencé par publier quelques dessins, puis très vite ...

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