Garance Doré

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monaco – le vernissage


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Entre une vingtaine de d’oeuvres admirables circulent autant de garçons chargés de plateaux en équilibre. On fait un petit tour, on prend le truc à la légère. « Tu verrais ça chez toi ? champagne ? »…
Notre hôte nous présente, nous sommes souriantes mais nos talons nous font un peu mal. Superchic est avec moi.
Elle veut bien me suivre, je vais m’asseoir dehors.
La galerie est coincée entre deux hôtels prétentieux. Derrière nous, de longues voitures déposent J.R Ewing, Barbara Cartland et une floppée d’aristochats. Ils passent devant nous, nous constatons que la mode monégasque a sa grammaire à elle, et qu’elle conjugue le plus-que-parfait à l’impératif : il faut que ça brille. Les limousines étincellent, les Rolex flamboient et les peaux liftées reluisent.
Va savoir pourquoi, c’est fascinant.
Devant l’expo se bouscule aussi une coterie de jeunes et très jeunes plutôt branchés, souriants et rafraîchissants.

Le temps se rallonge, on décide alors d’aller visiter New York New York, au Grimaldi Forum, qui fait sa nocturne aujourd’hui.
Il faut le savoir, à Monaco, la clim t’étrangle avec ses doigts glacés à chaque pas de porte. Est-ce un moyen de conserver les chairs ? La chanson de Steph’ de Monac’ « Comme un ouragan -la tempête en moi » prend tout son sens. Elle ne va plus me quitter jusqu’à notre départ.
Tout le monde a l’air parfaitement habitué. Il fait moins 12 et nous sommes en robe de soirée d’été.
L’expo est agréable. Rien qu’on n’ait déjà vu, pas de thème particulier, si ce n’est cinquante ans de création new-yorkaise (rien que ça!). Superchic envisage un Rothko, je fais mes prières devant un Basquiat.
Mais on grelotte et on a lâchement abandonné notre hôte.

De retour au vernissage, les choses se précisent. Le champagne a fait son effet : les yeux brillent, on rit, on transactionne. Les simples amateurs s’éclipsent, les collectionneurs montrent leurs visage. Liftés au moins pour les hommes, liftés, siliconés, retroussés pour les femmes.
L’impression générale quand même ici, c’est que la vieillesse est une chose méprisable, mais que l’argent compense largement cette calamité : si tant est qu’on accepte de donner un peu, la fête perpétuelle qu’est la vie et son lot de chairs fraîches et d’alcools frappés peut s’étirer à perpet.

Les jeunes gens de tout à l’heure n’ont pas bougé d’un pouce.
Ils ont l’air d’attendre que quelque chose se passe.

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bon, la suite demain, et je voulais aussi vous dire que jamy nous offre sa recette de l’épilation à la cire au sucre, j’ai pas encore testé, mais ça a l’air génial! merci encore jamy!

va, vis et deviens

La petite fille de 10 ans que j’ai été me regarde d’un air perplexe. C’est donc ça, avoir 30 ans?
Une image que je m’étais faite à cette époque me reste en tête : Moi, à 25 ans, en tailleur ajusté et attaché-case, Le Figaro sous le bras (pourquoi?), traversant les boulevards d’une capitale pour amener mes deux enfants à l’école.
Mais oui bien sûr.

C’est vers 29 ans, hurlant les bras levés dans une fête vers quatre heure du matin que l’alarme a retentit. Mon avenir incertain me regardait du coin de l’oeil et mes mes lendemains de fête commençaient à éviter soigneusement le miroir. Aucun enfant ne m’avait encore vomi dessus et je mettais encore des mini-jupes. Et je lisais toujours pas le Figaro.

S’en est suivie une période de flottement durant laquelle j’ai fait tourner mon cerveau à plein régime (Eve Angeli, sors de ce corps). Mais qu’avais-je fait de mes 20 ans, à part les fêter? Et que me restait-t-il à faire avant la date fatidique? Tout, d’après ma mère. Tout, d’après la petite fille de 10 ans. Tout, quoi. 150 stratégies d’attaque dans le plus pur style développement personnel plus tard, j’était pas beaucoup plus avancée.

Comme j’aime bien les résolutions stériles, j’ai décidé que cette fête d’anniversaire serait la dernière. J’ai donc fêté mes 30 ans en grande, grande pompe. On s’est beaucoup amusés. Et à un moment ou j’étais en train d’hurler, les bras levés à quatre heure du matin, j’ai envoyé à la petite fille de 10 ans : on verra bien.

Je signale que passé ce titre de post théâtral et ces considérations dignes de la fine fleur des éditions Marabout, le fait d’avoir trente ans renferme toutes sortes de contrariétés secondaires et de petites blessures psychologiques bien plus amusantes à raconter.
Ce que je ferais ici au plus tôt.

p.s : les jeunettes, là, arrêtez de fanfaronner : je vous aurais prévenu, vieillir, ça arrive à tous le monde, même aux plus immatures. Et en plus, ça sert vraiment à rien :-)

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Garance Doré

J’ai ouvert mon blog en juin 2006. J’étais alors illustratrice, et un peu frustrée par le travail de commandes et notamment par le manque de contact avec les lecteurs des magazines pour lesquels je travaillais. Je voulais faire quelque chose de plus libre, de plus spontané. J’ai commencé par publier quelques dessins, puis très vite ...

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