Garance Doré

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Love Moschino !

Non, mais je vous assure, je le savais, que j’avais shooté ma première campagne de pub. Je vous en avais parlé, c’était au printemps dernier. Je le savais.

N’empêche. Un jour, j’ai acheté le magazine Love. Je me suis fait un café et je me suis plongée dedans. (Pas dans le café. Dans le magazine) . Et là, et alors que je ne m’y attendais pas du tout, trois pages de MA pub Love Moschino.

J’étais tellement surprise, j’ai renversé mon café. Dessus. J’ai dû en racheter un autre pour faire ces photos.

Voilà donc les photos du nouveau Love que je viens de racheter. Et si vous voulez voir comment on a travaillé (nan mais parce qu’on bosse quand même !), on a fait un petit film.

Pfffff je m’habituerais jamais, à avoir la chance de faire des choses si chouettes.

Allez hop je vais me refaire un café. Avec ma cafetière italienne, héhé. Bisou !

Et si on faisait une vidéo?

Alors si à un moment tranquille, au café, au soleil, avec votre blog-idole, l’idée de faire équipe pour réaliser une « p’tite vidéo » vous effleure l’esprit sachez qu’il vous faudra :- Trouver du matériel, éventuellement soudoyer vos proches pour vous procurer au moins une caméra, un micro, un casque, et du câblage. Facile.

- Trouver un truc à filmer : trop facile, un super petit festival de mode fera l’affaire.

- Tomber sur l’une de vos actrices françaises chouchoutes. Lui courir après pour lui demander une interview. Lorsqu’elle vous demande pour quelle chaîne, lui demander où elle a acheté ses sabots.

- Si par mégarde elle dit oui, se soucier enfin de l’aspect technique, c’est à dire de mettre la caméra en route. Comme vous ne l’avez jamais fait, ne pas trouver le bouton.

- Présenter des excuses pendant que vous cherchez à allumer ce maudit bouton rouge. Ne pas comprendre pourquoi ça ne marche pas.

- Se rendre compte que vous n’avez pas soulevé le clapet. Se répéter 100 fois que le ridicule ne tue pas. Sourire un grand coup et se faire plaisir : « Silence, on tourne! »

- Hurler : Stooooooop! Parce que vous n’avez pas branché le micro. Brancher le micro. Ressembler au présentateur de France 3 Poitou-Charentes avec votre micro. Devoir rajouter un casque à votre débâcle stylistique.

- Grâce au casque, se rendre compte que vous êtes en train de tourner un remake de « Comme un Ouragan » tellement le vent souffle. Hurler : Stoooooop!! et rapatrier l’interview dans un endroit accueillant, un endroit ou plein de gens ont trouvé refuge.

- Plein de gens qui parlent. Rattraper de justesse votre actrice chouchou qui tente de s’échapper en losedé. Dire : milles excuses. 250 fois. Finir par y arriver, se sentir supertropfort. Savourer cet instant, il y en aura peu.

Passer trois jours comme ça à essuyer TOUS les plâtres. COURIR après les gens pour les interviewer, se faire IGNORER, se CASSER le dos à porter du matériel, CASSER du matériel, refaire des itv parce que le son a DISPARU, se faire ENGUEULER parce qu’on demande son nom à une star de la profession (très autoritaire, parfois, la star de la profession, un peu frustrée de ne pas être une star tout court, en gros), EFFACER vos plus beau rushs et beaucoup RIGOLER aussi.

- Puis rentrer, et se mettre au montage. Chercher un logiciel. Se dire que Imovie ce sera très bien. Faire exploser la mémoire de votre ordi parce qu’un film, ça prend beaucoup trop de place dans un disque dur. Vider votre ordi en mangeant des Fingers.

- Passer un temps fou sur votre film, revoir les mêmes rushs 250 fois, puis couper, couper, couper pour ne garder que l’essentiel. Finir par pouvoir réciter votre film comme une poésie en CE2. Se rappeler qu’en CE2 vous adoriez les Haribo. Célébrer ce souvenir en explosant un paquet de « Polka ». Même les oursons jaunes.

- Une fois atteintes les limites physiques du cent fois sur le métier remet ton ouvrage, manger du Lindor, puis manger des Stakers, puis manger les croquettes du chat, puis décider que votre film est ok pour être mis en ligne.

- Se rappeler qu’il faut mettre des sous-titres. Soudoyer un chanteur anglais pour corriger vos tics de langage. Remettre votre ouvrage sur le métier et votre tablette de Milka sur le bureau. Quatre heures après, chercher la tablette de Milka sous le bureau. Accuser le chat.

- Vouloir le mettre en ligne. Se rendre compte qu’en ligne, votre film chéri ressemble à trois gros pixels qui font un tennis. Pleurer un coup, puis manger des Côte d’or pour oublier. Harceler Dailymotion pour réussir à avoir un truc présentable.

- Être prêt à tout pour avoir un truc présentable. Harceler Thomas Clément, le pape du podcast, harceler la première personne qui passe juste parce qu’elle est là au mauvais moment, fouiller les entrailles du net pour trouver l’adresse IRL de Dailymotion en fouillant les entrailles de vos placards pour vous si personne n’y aurait oublié des Mikado.

- Décider d’aller intimider Mr Dailymotion qui n’habite pas loin. Penser à prendre un cake au citron au passage. Se raviser, se dire qu’il ne faut pas perdre le nord non plus. Descendre prendre un cake aux fruits.

Finir par être moins exigeant, commencer à se dire que trois gros pixels, c’est mieux que rien. Se demander ce que vos lecteurs chéris vont penser de tout ça. Se demander si il y a des monteurs minces. Se demander et si c’était à refaire. Se dire qu’on le referait et même, qu’on va bientôt le refaire.

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Un grand merci : à ma géniale co-équipière Géraldine bien sur, et puis à Punky b, à Mark, à David, à Jim, à Matthieu, et à Thomas.

la fin d’un amour

björk

Un jour, comme nombre de mes contemporains, j’ai complètement craqué pour ça :

Un vrai coup de foudre. Et puis surtout il y avait cette cover. De Mondino si je me souviens bien. Une nouvelle séduction, une sensualité secrète, une force et une détermination dans le regard qui m’ont immédiatement conquise.

Je n’avais pas 20 ans, Björk est devenu mon premier modèle, mon guide, mon amie imaginaire. Je me calme, sinon je vous fais une thèse sur elle et sur l’Islande (enfin, si vous en voulez une, il suffit de demander :-). Pour moi c’est l’un des personnages les plus passionnants de notre époque.

Björk adore la mode, et en plus elle n’a peur de rien. Découvreuse, à l’aise à poil comme dans des vêtements en 3D, en déroulant le fil de ses choix vestimentaires j’ai découvert beaucoup de créateurs. Beaucoup d’artistes aussi, ses collaborations poussant toujours plus loin l’exigence, l’expérimental, le pointu…

Jusqu’à un jour, l’écoeurement. C’était visible, ses covers parlaient pour elle. De plus en plus emprisonnée, phagocytée par les créations dont elle se vêtait. Sa voix, ses cris ont commencé à me hérisser. Ils ne parlaient plus de cette femme libre et forte, de l’Islande et de ses geysers, mais d’une douleur que je ne me risquerais pas à analyser.

Comme la fin d’un amour, doucement, avec respect, je me suis éloignée.

Et puis elle sort un nouvel album, et puis hier je n’ai pas croisé son regard dans le métro. Enfermée dans une bouteille d’Orangina qui aurait trop pris de LSD, je pense que si elle a accepté de montrer son visage c’est sous la pression de son label. Et puis j’ai écouté son nouvel album, Volta. On dit qu’elle s’est détendue, qu’elle recommence à s’amuser.
Je vous le dis tout de suite, je n’en suis pas convaincue.

Mais je vous pouvez aller vous faire votre avis en écoutant quelques titres ici. Et puis je vous ai sélectionné quelques images et podcasts, profitez de ce week-end pour aller vous y balader si vous ne connaissez pas, ce serait dommage de passer à côté de ça.

Mon image préférée, et je suis incapable de dire de qui elle est mais je suis sûre que vous allez m’aider…Et puis celle ci par Terry Richarson. Pour en voir plus, c’est ici.

Des vidéos en commençant par Isobel de Gondry avec qui elle a fait les clips les plus incroyables…
Le sublime Hidden place par Inez Van Lamsweerde & Vinoodh Matadin et M/M Paris.
Oceania par le collectif LynnFox.
Complètement dingue en robe Mc Queen faite de milliers de petites cloches. Who is it par Dawn Shadforth.

Et enfin, quelques images du livre réalisé par M/M.

Et comme les Islandais sont les plus connectés du monde, Björk a 146377 amis sur Myspace, et une communauté très active sur son site, ou on peut retrouver tous ses clips, si vous voulez aller plus loin dans la découverte de son fascinant univers.

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k8

Kate Moss

Ca y est ça commence. Kate Moss est lentement mais sûrement en perte de vitesse. Les dents grincent déjà, ça et sur le web.
Je pense que ça s’est passé en trois temps.

1/ Le plaisir : Son style, son rock’n roll, son mutisme nous ont fait fondre. Éternellement belle, même son Pete lui apportait une forme moderne d’exotisme. Et puis les voir toujours ensemble malgré tout, c’était touchant. Enfin, et quoi qu’on en pense, Kate sait créer le scandale. Et elle n’est pas du genre à « s’excuser auprès des enfants »*. Elle s’est même fait chasser de la fashion, oh, au moins pendant trois heures après la découverte de la vidéo volée.

2/ l’accoutumance : Depuis un an ou deux à peu près, Kate prépare sa sortie. Ou bien elle ne prépare rien du tout et alors je ne comprends pas. On la voit trop. Ouvrez un magazine et vous la retrouverez vendre plusieurs parfums différents (une première quand même), 350 sacs et même du Rimmel. Si ce n’est pas pour l’argent je ne vois pas l’idée.
Sauf que c’est Kate. On l’aime, on veut lui ressembler et c’est la prêtresse des tendances, même en pyjama. Oui, parce que ne me dites pas que le Elle ne s’est pas fait avoir sur ce coup là. La jupe longue reviens ok, mais sous cette forme là c’est moins sûr.

3/ l’overdose : Pour moi, elle avait commencé il y a quelques temps, mais Kate avait un capital confiance tellement haut que je lui aurais tout pardonné. Puis, très récemment, ce petit film m’a mise dans un drôle d’état : quoi, pourquoi? C’est romantique ou c’est pathétique? Bref, j’oublie. Puis arrive la collec’ TopShop. Et là, franchement, je ne sais pas ce que vous en avez pensé, mais hormis ça et ça, et encore, je vois pas l’intérêt qu’avait Kate à faire ce que nous faisons depuis des années maintenant, reproduire sa garde robe à bas prix. Ou encore l’argent peut-être…

Ce qui est bien, c’est que je dis tout ça, mais en même temps je ne sais pas.
Va-t-elle disparaître et emporter avec elle le slim, le rock et toute une génération de baby bands? Sera-t-elle remplacée? Je ne pense pas, du moins pas tout de suite.
Ou bien va-t-elle nous faire une énième pirouette, et revenir, aussi fraîche que la rosée, nous regarder avec cet air si vide qu’on peut y mettre toute notre époque?

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* Oui, rien à voir, mais c’est du Zidane. Désolée, mais dans le genre diva, Zidane m’a énervée ce jour là.

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Garance Doré

J’ai ouvert mon blog en juin 2006. J’étais alors illustratrice, et un peu frustrée par le travail de commandes et notamment par le manque de contact avec les lecteurs des magazines pour lesquels je travaillais. Je voulais faire quelque chose de plus libre, de plus spontané. J’ai commencé par publier quelques dessins, puis très vite ...

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