yasmin sewell

Yasmin

Yasmin. L’une des filles les plus cool de la terre, non ? Lors de mon dernier passage à Londres, j’ai fait un petit tour chez elle pour prendre des photos pour le Vogue.com.

Et j’ai passé une après-midi longue et magique, à parler de mode, de voyages, de spiritualité (il faut absolument que vous lisiez l’article où Yasmin parle de sa vie spirituelle dans le Elle Anglais) (Vous voulez que je vous le scanne ?) en dévorant du homos.

Que vous dire de plus sinon que Yasmin est pour moi un vrai modèle de femme, indépendante, créative, spirituelle, belle, drôle et gaie, et qu’à la fin de ce Une Fille, Un Style, elle nous dévoile même le secret de sa géniale coupe de cheveux ?

Vous pouvez cliquer sur les images pour les agrandir ou aller directement sur le Vogue.com. Et maintenant je file chez Balmain, yaaaaaahhh… Bonne journée !

Hello Sunshine !

Londres, ville tropicale. Envoyez les ventilos. Il fait un temps splendide. SPLENDIDE !

Un temps splendide, ouais. Surtout pour les autres*. Parce que moi je suis sur le lieu de mon expo, où je passe le plus clair de mes journées à dessiner sur les murs** en buvant des latte. L’autre moitié, à parler balance des couleurs* à Bob, mon imprimeur. Et puis parfois, je m’échappe pour aller voir mes copines et boire un café**.

Hier, je me suis offert une heure et je suis allée voir Yasmin. J’ai tout simplement adoré sa tenue, ses accessoires géniaux (Les lunettes ! La planche de surf autour du cou ! Les bracelets ! Les talons Acne à tomber par terre !). Je sais pas comment elle fait pour être toujours aussi elle-même en étant toujours aussi mode tout en étant toujours aussi pas pareille. Je sais pas ! Je sais pas. Du coup j’ai pensé***, ça doit être astral. D’ailleurs je me suis souvenue de cette photo…

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less is more

Vu qu’on est en train de se prendre la vague 90’s en pleine face, avec le grunge, le revival du revival punk, il fallait bien s’attendre à retrouver un truc qu’on avait quasi-oublié, le minimalisme.

Ces années 90, quelle histoire ! Ce sont les années où j’ai vécu mon premier grand amour, eu mon bac, fait mes dernières raves et acheté mon premier tee-shirt Margiela. Le fond de l’air n’était pas très gai, à ce que je me souviens. Nos parents, pétrifiés par la récession, nous courraient après avec des projets d’avenir aussi ébouriffants que trouver un boulot avec des débouchés. Super, pour mes premiers pas dans la vie. Merci.

Vous n’avez pas d’autres options ? Naaan, va faire tes devoirs. Pffff. À la place, je faisais le mur.

C’est en même temps no future et totalement fertile. J’avais aussi peu de recul sur l’époque que je vivais que j’en ai aujourd’hui, mais j’en ai tiré une leçon. N’en faire qu’à ma tête. Ça ne sert à rien de flipper.

N’empêche, je me souviens qu’on ne s’habillait pas très coloré et qu’on aimait bien ça. C’était notre glam à nous, notre esthétique fin de siècle, notre réponse à l’extrême flamboyance des 80’s.

On en a tiré des esthétiques nouvelles, des lignes fortes, des créateurs cultes. Helmut Lang, Martin Margiela, Jil Sander…

Une icône absolue, trop petite et maigrichonne était en train de naître et rendait, en un regard perdu dans le vague, toutes les tops complètement ringuardes. Kate Moss.

De l’underground de la musique froide et répétitive que l’on appelait la techno affleuraient des violons et une voix sublime et si différente qu’elle nous a tous à un moment transpercés, celle de Björk.

On se bleachait beaucoup les cheveux, on déchirait beaucoup nos jeans, on se mettait des diamants sur les yeux (big up Topolino !) on voulait aller à Londres et on aimait le minimalisme.

C’est pas évident de résister en ce moment à la vague de flip qui est en train de s’emparer de nos sociétés. On l’a senti très fort dans la mode, en cette rentrée. On s’est demandées pourquoi on était moins surexcitées par les looks des fashionistas, et Elisabeth m’a suggéré que c’est peut-être tout simplement qu’elles avaient moins fait d’achats cette saison. On a essayé de parler d’autre chose et toujours le sujet revenait. On s’est demandé ce que ça voulait dire, cette déferlante de non-couleurs, ce perceptible ennui, et la seule réponse est venue sous la forme d’une question :

En temps de crise, vaut-il mieux créer des classiques dans lesquels on aura l’impression d’investir, ou des pièces si fortes, qu’elles sont des must-have que l’on cassera sa tirelire pour avoir coûte que coûte ?

Chacun y a répondu à sa façon, et j’ai autant aimé les deux versions. Margiela. Vuitton.

En tout cas, moi, mes 90’s, je les ai aimées parce qu’elle ont été ma jeunesse. Si on m’avait demandé, j’en aurais certainement choisi d’autres, plus folles, plus drôles, mais en fait, je me serais peut-être moins amusée.

Et puis j’en ai gardé un optimisme à toute épreuve, une conviction que quel que soit le contexte on arrête jamais de créer, d’inventer, une résistance à la peur, au cynisme, un truc où je me dis que quelle que soit l’époque dans laquelle on vit, si l’on fait ce en quoi l’on croit, si l’on est libre, et si l’on aime, il ne peut rien nous arriver.

Oui, vous avez raison. Et j’en ai aussi gardé un certain amour des violons. Bonne journée !

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new woman is an attitude

Coucou ! Alors alors, comment amener le sujet, comment vous dire que, comment exprimer la, huuuuum…

Dites, vous l’aviez senti ? Je m’ennuie ! Voilà trois jours que les défilés ont commencé à Paris, et j’attends toujours l’étincelle que je n’ai eu ni à New York, ni à Londres. Ou c’est moi ? Ou je commence à m’habituer à tout ça ? Ou c’est la crise ? Vous en pensez quoi ? Vous aimez quoi ?

Et pourtant, j’ai beaucoup aimé Dior, c’était gai, fort et je veux une robe-tutu -d’ailleurs on va toutes vouloir des robes tutu, des jupes tutu, des micro-jupes à volant tutu, je suis trop trop fan de la tenunue ci-dessussus, je veux mon tutuuuuu !

Bref, j’ai eu envie de repartir avec la moitié des fringues chez Isabel Marant (quelqu’un a les photos ?), comme d’habitutude, et j’ai complètement halluciné au show Margiela, qui était tout à la fois hyper bien scénographié, hyper beau, hyper prétentieux, hyper gai et hyper intéressant.

Bon en fait, ça va. Je ne dois pas tant m’ennuyer que ça. On va plutôt dire qu’on sent un léger flottement.

Niveau looks, c’est pareil, je nage un peu entre deux eaux. J’ai l’impression d’avoir déjà vu et revu des tas de trucs, et du coup ce que j’apprécie beaucoup en ce moment c’est la manière de porter, l’attitude, une certaine façon de remonter ses manches, de laisser dépasser son tee-shirt, ou de ne pas porter de sac…

J’ai donc choisi trois de mes stylistes préférées, qui ont toujours un style juste et pas maniéré. Quand je n’ai plus d’idées, ce sont ces filles là que je regarde.

J’aime bien ces fashionistas là. Pleines de personnalité, toujours en train de se marrer, elles ont un rapport à la mode hyper rafraîchissant et plutôt détendu.

Et je me rends compte que ce qui définit ce que j’aime en ce moment, c’est ce jeu perpétuel avec les basiques, cette façon de réinventer toutes les 5 secondes comment on porte le jean, le blazer, la chemise, comment on dédramatise une pièce forte avec du super casual, comment on rend un simple tee-shirt imprimé génial en l’associant avec la bonne veste.

Comment une bonne coupe de cheveux, pas forcément mode (cf Yasmin en première photo) mais bien adaptée, une manière de ne pas faire sentir l’effort, une façon de se mouvoir, de se poser, comment un éclat dans le regard et une attitude font tout le reste. En fait, plus je prends des photos, plus j’épure, j’épure, et plus je reviens à l’essentiel.

Comme ma petite soeur Sacha me disait, quoi : « taiiiin, c’est trop dégaine ! ». Ah voilà, Sacha, c’est exactement ça ! Bonne journée !

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house & gardens

Celestine… Je vous présente la fille la plus cool de la terre, sa jupe Luella et ses pompes Westwood Barbara Bui.

Je n’y crois pas, c’est déjà notre dernier jour à Londres. Je commençais juste à m’habituer à passer quatre heures et demie enfermée dans un métro sans clim le matin à regarder le flegmatique londonien transpirer à grosses gouttes sans broncher. Je pense que c’est cette attitude qu’on va essayer d’adopter ce soir quand on essayera de choper notre Eurostar, flegme, flegme, flegme, hop, chocolat, flegme, flegme.

Et je vous le dis tout de suite, on vous fait pas le coup avec Milan. On commence à peine à comprendre l’entraînement qu’il faut pour enchaîner quatre fashion weeks, donc ça va être pause and back to reality. Je n’arrive même plus à écrire, à vrai dire, et pourtant ils nous est arrivé des trucs assez ridiculement drôles. (Où on a été assez ridiculement drôle, oui, oui, on assume, mais pour raconter ça en tâchant de rester digne, faut pas être à moitié en train de se remettre d’une soirée outrageusement cocktailisée.)

Yasmin, autre fille plus cool de la terre, drôle et toujours horriblement bien sapée.

Londres, c’est marrant. Je crois que vous avez senti que ce n’est pas exactement la même excitation qu’à New York. Niveau mode, ça a bien sûr à voir avec les business qui s’y jouent qui ne sont pas du tout du même niveau, mais c’est aussi en rapport avec la ville.

Car si la fashion week de Londres est moins énergisante, elle est par contre beaucoup plus fun. C’est hallucinant de voir le sens de l’humour et le recul qu’ont les anglais sur la mode. C’est peut-être aussi un piège. On a un peu envie de leur dire allez, prenez-vous au sérieux, ça vaut le coup !

Florence de Florence and the Machine, plus cool que tout, plus chou, plus hibou, plus caillou (?)

Aujourd’hui je ferais court, parce que pour notre dernière soirée hier on a décidé d’enchaîner les parties en finissant par celle de House Of Holland où on s’est demandé si on était là pour faire du baby sitting ou quoi tellement tout le monde avait moins de 12 ans et des coupes de cheveux profilées, et je peux vous dire qu’il y en a des tas, des parties, avec des tas de cocktails et de talons aiguille dedans.

Et je vous promets (non mais je rêve et voilà que je fais encore des promesses) de revenir avec un récap de ce que c’est des fashion weeks entre copines à boulotter des MnMs en écrivant nos notes le soir, d’en avoir une toujours à plat (elle) et une derrière toujours en train de galérer sur des talons (moi), de ne pas savoir parler aux taxis et de se retrouver à payer des sommes astronomiques en criant à l’injustice, de faire des shoppings absurdes parce que ça fait des jours que tu bouffes de la fashion et qu’il faut que tu expies… Faut aussi que je vous fasse un glossaire du nouveau vocab’ mode, ou du moins de ce que j’en ai compris.

Et puis surtout, faut que je retrouve ma maison et que je dorme, dorme, dorme. Gros bisou, à demain !

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