La semaine dernière, au Studio, on a toutes égrené nos premiers souvenirs de Fashion Week. Garance a pensé que ce serait sympa que vous ayez un aperçu de ces moments qu’on ne vit qu’une fois… C’est parti !

Pendant des années, je me suis imaginée pénétrant dans les tentes de Bryant Park (haut lieu des défilés new-yorkais) pour assister à un véritable défilé. J’habitais dans le Minnesota, et ce rêve me semblait à des années-lumière de mon existence. Évoluer au milieu de fringues et de gens hallucinants dans une ville tout aussi hallucinante était l’un de mes plus gros fantasmes.

Mon premier défilé remonte à septembre 2009. Après un stage d’été chez l’un de mes créateurs préférés à New York, je m’apprêtais à rater la première semaine de cours de ma dernière année de fac pour rédiger des critiques de défilés destinées à un nouveau site mode. Quand j’ai reçu mon programme de la semaine, j’ai eu du mal à réaliser.

“Tout ça ? Je vais assister à tous ces défilés ? Même celui-ci, là… dans les tentes ?”

Assister aux défilés, être au cœur de l’action (d’autant qu’à la place, j’aurais dû être à mon cours d’histoire de l’art), c’était palpitant. Je n’oublierai jamais le moment où j’ai monté les marches pour entrer dans les tentes et voir mon premier défilé. Je vivais mon rêve. Je me suis assise, les lumières se sont éteintes et les larmes me sont montées aux yeux (c’est bien moi, ça, toujours à pleurer aux défilés). Et voilà… j’étais à la Fashion Week. Je ne me souviendrai peut-être pas de ma tenue (c’est sans doute mieux) mais je n’oublierai jamais ce que j’ai ressenti en assistant à ces premiers défilés.

Cette saison, c’est donc ma huitième Fashion Week et j’ai encore du mal à réaliser. Dans ce milieu, on peut vite devenir blasé, se plaindre du programme surchargé ou de la moindre distance à parcourir pour rallier le Lincoln Center. Mais chaque année, je me rends compte à quel point tout ça tient de la magie, parfois, et je mesure ma chance. Ce que j’ai ressenti à mon premier défilé, je continue à le ressentir à chaque fois et je sais que c’est quelque chose que je garderai longtemps en moi.