
Je viens de passer trois semaines à refaire mon site. Enfin, « refaire » est un grand mot. J’ai surtout passé trois semaines à changer d’avis.
Garance, tu me diras si je suis la seule. Mais j’ai l’impression que pour les créatifs, photographes, illustrateurs, stylistes, directeurs artistiques, , un site web c’est comme une coupe de cheveux : on y pense, on repousse, on y retourne, on regrette, on recommence. Sauf qu’ici, la repousse coûte un peu plus cher qu’un forfait chez le coiffeur du coin.
L’an dernier, j’ai envoyé mon portfolio à une vingtaine de directeurs artistiques. Sur vingt, douze m’ont répondu. Sur douze, trois m’ont demandé si le site était « en cours de construction ». Il ne l’était pas. Il était fini depuis six mois. Voilà le genre de retour qui te fait comprendre que ton problème n’est pas ton travail, mais la façon dont il est montré.
Sommaire
ToggleUn site, c’est un objet, pas une vitrine
J’ai mis longtemps à accepter ça. Dans mon milieu, on nous répète que le site doit « refléter notre univers ». Sauf qu’à force de vouloir tout y mettre, la vidéo, le texte, le making-of, les séries abandonnées, on finit avec un objet illisible que personne ne fait défiler jusqu’en bas.
La première version de mon site avait neuf sections. Neuf. Il fallait cliquer pour tout, scroller pour rien, attendre des animations qui saccadaient sur mobile. J’aimais bien. Mes amis aussi. Les gens qui m’embauchent, beaucoup moins.
J’ai retenu une règle bête : si je dois expliquer comment naviguer, c’est que la navigation est ratée.
Le vrai sujet, c’est le projet
Quand tu lances un site, tu crois que tu vas choisir une police et des images. En réalité, tu passes 80 % de ton temps sur des décisions qui n’ont rien de créatif : où sont hébergées tes images, qui possède ton nom de domaine, comment ton site se comporte quand quelqu’un arrive depuis un lien Instagram un peu lent.
Je ne suis pas développeuse. J’ai un niveau « je comprends ce qu’on me dit quand on me parle de CMS, et je sais ouvrir un inspecteur ». Pas plus. Et je pense sincèrement que c’est suffisant, à condition d’être honnête sur ce qu’on délègue. Le guide sur le developpement web à pau le guide pour lancer m’a servi exactement pour ça : comprendre les étapes avant de parler à quelqu’un, plutôt que de hocher la tête pendant un devis.
Ce qui m’a le plus surprise, en parcourant ce genre de ressources, c’est de voir à quel point la technique est rarement le problème. Le problème, c’est de ne pas savoir ce qu’on veut montrer. Le reste suit.
Ce que j’aurais aimé qu’on me dise plus tôt
- Ton nom de domaine, tu l’achètes toi-même. Toujours. Même si la personne qui t’accompagne est adorable.
- Un site qui met huit secondes à charger, personne ne le voit. C’est mathématique.
- Trois projets bien montrés valent mieux que vingt projets entassés.
- La version mobile n’est pas une option. La moitié des gens qui t’écrivent te découvrent depuis leur téléphone, dans le métro.
- Fais des sauvegardes. J’ai perdu une série entière de photos à cause d’un hébergeur que j’avais choisi pour économiser douze euros par an.
Douze euros. Je vous laisse imaginer ma tête le jour où j’ai compris.
Faut-il passer par quelqu’un ?
Ça dépend de ce qui te fatigue le plus. Si tu aimes bidouiller, que tu as du temps, et que ton site est simple, tu peux y arriver seule avec les bons outils. Si tu passes tes journées à créer et que le mot « CSS » te donne envie de dormir, alors paie quelqu’un. Mais paie quelqu’un qui t’explique.
C’est là que je deviens un peu tranchante : un site réussi, ce n’est pas un site qui impressionne les autres créatifs. C’est un site qui donne envie à quelqu’un de t’écrire. C’est tout. Le reste, c’est du bonus qu’on s’offre pour se rassurer.
J’ai une amie illustratrice qui a un site ultra basique, une page, quatre images, un mail. Elle travaille tout le temps. Je ne dis pas que c’est un modèle universel. Je dis juste que la course à l’effet est un piège assez répandu dans nos métiers.
Et après ?
Un site, ça ne se termine pas. On croit qu’on va livrer un jour et passer à autre chose. En vérité, tu reviendras dessus dans six mois, parce que ta pratique aura bougé, parce que tu auras retiré trois séries du portfolio, parce qu’un client t’aura dit que le formulaire de contact ne marchait pas sur Safari.
Ce n’est pas grave. C’est même le signe que le site vit en même temps que toi.
Ce qui compte, c’est de ne pas rester bloquée à l’étape où tu compares des thèmes pendant des semaines sans jamais publier. J’y ai passé un mois entier, l’année dernière. Un mois. À regarder des templates. Je n’en ai gardé aucun. Le site que j’ai aujourd’hui est laid par endroits. Il fonctionne. Il me ressemble. On continue.
Articles similaires
- il est en couple mais m’envoie des messages, pourquoi?
- Quand il dit qu’il veut me voir mais annule à chaque fois : décryptage et conseils
- Comment ne plus penser à son ex ? L’erreur qui t’empêche de réussir